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 PrAmbroise Fontrier Homélie pour le triomphe de l’orthodoxie

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asthione



Nombre de messages : 14
Date d'inscription : 13/11/2006

MessageSujet: PrAmbroise Fontrier Homélie pour le triomphe de l’orthodoxie   Mer 3 Jan - 23:52

Père Ambroise Fontrier

Homélie pour le triomphe de l’orthodoxie
Fête de la Restauration des Saintes Icônes


«Si le sel s’affadit, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? il est terminé, il n’est plus bon qu’à être jeté et foulé aux pieds». La parole est dure, très dure.

«Vous êtes le sel de la terre» dit le Seigneur, et toute la lutte des chrétiens, depuis le jour où cette parole a été prononcée jusqu’à aujourd’hui, consiste à nous appeler à la vigilance de manière à ne pas nous affadir, de peur d’être trouvés hors du royaume des cieux, bons seulement à être foulés aux pieds par les démons.
«Vous êtes le sel de la terre». Or, depuis le commencement, depuis la venue du Christ, l’Eglise est présente. E n effet, le Christ sur la terre était l’Eglise ; Son corps était l’Eglise., à laquelle nous les hommes, nous devions tous, au cours des temps, être greffés. Déjà, elle était, cette Eglise, l’objet de la haine du monde et des persécutions. Le premier, le Christ a été, comme le dit d’Apôtre Paul, «Celui qui a rendu le bon témoignage». Devant Pilate, il a fait «cette bonne confession».

Au cours du temps, tout ce corps de l’Eglise a été persécuté, a souffert toutes les persécutions jusqu’au sang, jusqu’à la mort, les déportations, les exils, pour ne pas s’affadir en s’identifiant à ce monde. Et pourquoi ? Parce que, si notre foi n’est pas exacte, si notre foi n’est pas précise, nous n’entrerons pas dans le royaume de Dieu. Voilà pourquoi, trois fois par jour, les Offices nous appellent, par le Credo, à vérifier notre Foi. Avant de me coucher, je dis : «Je crois en un seul Dieu» et la suite. En me levant la nuit pour faire mes prières, je dis : «Je crois en un seul Dieu». Je vais à l’église, pendant la liturgie : «Je crois en un seul Dieu». Trois fois par jour, je regarde si ma Foi et exacte et précise, sans laquelle je ne verrai pas la Face de Dieu.

Au cours des siècles et à chaque siècle, des persécutions sanglantes se sont abattues sur le Corps du Christ et il en sera ainsi jusqu’à la fin.

Au début du VIIIème siècle, une grande hérésie a fait son apparition dans l’Eglise, enseignant ceci : «II faut sortir les Icônes hors de l’Eglise, c’est de l’idolâtrie». En quoi est-ce de l’idolâtrie ? Les iconoclastes répondaient : «Nous ne pouvons pas faire de représentations, il est interdit par la Bible de figurer l’Infigurable, de faire une image de ce qui est dans les Cieux». Nous les orthodoxes, nous sommes tout-à-fait d’accord avec la Bible ; nous qui sommes dans la Bible, nous ne faisons pas d’image de ce que nous ne connaissons pas.

Alors, la toute-puissance de ce monde en tête -et il en irait probablement de même aujourd’hui encore- Empereur, Patriarches, Evoques, Métropolites et toutes les autorités, se mettent à persécuter l’Eglise, en brisant les icônes, en les brûlant devant les églises, si bien qu’il ne resta plus rien de l’ancienne décoration des églises. Et les quelques orthodoxes, qui n’étaient plus qu’une poignée, devaient, pendant cent ans et plus, subir la plus cruelle des persécutions, allant jusqu’au sang. Ils n’allaient plus dans les églises où, lors de la Grande Entrée, au moment des diptyques, après les mots : «Souviens-toi Seigneur, en tout premier lieu, de notre Patriarche», étaient prononcés les noms des patriarches iconoclastes, ennemis de Dieu. Les vrais chrétiens n’allaient plus à l’église. Ils étaient persécutés, mis en marge de la société et on leur disait : «Vous êtes bien bêtes, de souffrir la persécution pour un morceau de bois sur lequel est peint quelque chose ; mais prends-le, cache-le chez toi, fais ta dévotion devant ce morceau de bois peint et puis tu seras tranquille, et va comme tout le monde à l’église». Les orthodoxes répondaient non. Non, ils n’y allaient pas, ils restaient chez eux, ils se cachaient, parce que toutes les églises étaient aux mains des iconoclastes et qu’ils ne voulaient pas entendre, au cours de l’Office, prononcer aux diptyques le nom d’un Patriarche ou d’un Evêque iconoclaste. Jusqu’au sang ils sont allés, durant une persécution qui a duré plus de cent ans -un siècle de persécutions ! Jusqu’au jour où le sang était assez répandu, et le Seigneur miséricordieux a eu pitié de son peuple. Par la grâce d’une Impératrice, Théodora, et de son fils qui était encore mineur, les défenseurs des Icônes ont eu la victoire, et c’est cette victoire que nous célébrons aujourd’hui. Il a fallu un siècle de lutte, puis il y a eu un Concile Oecuménique qui a condamné l’iconoclasme ; et quelque temps après, l’Eglise a dressé la charte de l’Orthodoxie, que nous appelons le Synodicon, et où tous ceux qui ne se conforment pas à la Foi révélée, tous ceux qui ont perdu, comme le sel, la saveur, ont été rejetés du corps de l’Eglise une fois pour toutes. Son effet s’étend jusqu’à aujourd’hui. Ce Synodicon commence par les premiers hérétiques, qui ont voulu mettre leur propre pensée à la place de la pensée du Christ. Un homme ayant ce projet, on l’appelle aujourd’hui penseur, homme de lettres, philosophe, universitaire, que sais-je encore ! Ceux-là ont donc mis leur pensée à la place de la pensée du Christ : ils ont perdu la saveur, ils ne sont plus bons qu’à être jetés au loin.

Voilà pourquoi ce jour est un très grand jour. En avons-nous pris assez conscience ? C’est le grand jour de la Fête de l’Orthodoxie, où toutes les hérésies sont rejetées, définitivement vaincues -et cette charte de l’Eglise que l’on appelle le Synodicon se termine par un anathème. Un anathème, c’est une chose redoutable. Que Dieu nous en garde ! L’anathème, c’est la part qui est jetée en pâture au diable. Le Synodicon déclare : «Anathème à tous les hérétiques», c’est-à-dire non pas seulement à ceux de cette époque ancienne, mais encore à tous ceux qui viendront par la suite.

Tel est notre combat, en plein vingtième siècle, où se réalisent encore toutes les prophéties annoncées dans le Nouveau Testament. Le Christ dit : «Ne vous en faites pas, vous verrez, il y aura des guerres, des bruits de guerre, des famines, des tremblements de terre, des misères, ne vous en faites pas. Ce n’est pas la fin, mais le commencement de la fin. Or nous sommes dans ce processus depuis la venue du Christ. Que Dieu nous garde d’une persécution, mais tenons-nous prêts, et disons-nous : «Et si elle éclatait aujourd’hui ?» Par exemple, dans l’Apocalypse -peut-être vivons-nous ce temps- le nom de la bête, c’est-à-dire de l’homme habité par Satan, sera révélé. Il aura un chiffre, il sera six, six, six, c’est-à-dire que, selon l’alphabet grec dont les lettres ont une valeur numérique, comme dans l’alphabet latin, les lettres feront ce chiffre. Ce sera le nom d’un homme dans lequel agira la puissance de Satan. Et il nous obligera à porter son chiffre. Voyez-vous les cartes de crédit, les ordinateurs, la technique moderne. Pour l’instant encore, ce n’est pas grave. Je me demande, si demain on me dit : «Voilà, il n’y a plus d’argent liquide. En as-tu ? -Oui, je crois que j’en ai ici... -Eh ! bien, donne-le, ces billets et pièces n’auront plus de valeur. Ou bien tu les mets à la banque, ou bien cela ne vaut plus rien : il n’y a plus d’échange de monnaie. -Et comment ferai-je, s’ils sont à la banque ? -Eh ! bien, tu iras à la tirelire, disons, dans la rue, et tu mettras ta carte. -Mais je vais la perdre, ma carte ! -Eh ! bien, justement, ne t’en fais pas, on a tout prévu. Donne ta main. Je vais mettre 6.6.6. au laser et tu la mettras devant la tirelire, et tu auras tes sous». Ainsi, il en sera comme l’a dit l’Evangéliste Jean : «Celui qui aura reçu soit sur le front, soit sur le creux de la main, le chiffre de la bête, n’entrera pas dans le royaume des Cieux». Et je me dis en tremblant : «Et si cela devait arriver avant la fin de mes quelques jours, que dois-je faire ? Et qu’est-ce que je vais faire ?» Je ne suis quand même qu’un homme ! Oui, mais l’Evangile me dit : «Va, ne t’en fais pas : Ma grâce te suffit».

Voyez-vous ? Tout est donc sur notre tête, comme une espèce d’épée de Damoclès, et si un jour nous étions, nous les chrétiens, persécutés et qu’il faille recevoir dans la main le chiffre de la bête... Sois avec nous, Seigneur ! Mais n’ayons pas peur. Il a dit à Ses Apôtres : «Moi, je suis avec vous jusqu’à la fin, jusqu’à la consommation des siècles».

Les premiers chrétiens s’entendaient dire : «Mais, espèce de fous que vous êtes, mettez donc un grain d’encens devant la statue de l’Empereur ou de l’Empire tout-puissant, et puis, chez vous, vous adorerez le Dieu que vous voulez, votre Jésus de Nazareth». Non, non, non. Et des filles de Roi ont dit non, et des filles de Prince ont dit non, et des Princes ont dit non, et le sang a coulé sur la face de la terre, comme pour la sanctifier. Aujourd’hui nous disons : «Par les prières de tel martyr, par les prières de nos Pères saints», à bon droit, car ils ont rendu témoignage par la confession de la foi, allant souvent jusqu’à verser leur sang.

Voilà pourquoi c’est un grand jour que celui du Dimanche de l’Orthodoxie, le premier dimanche du Grand Carême. Pour confesser notre foi, nous avons mis au milieu de l’église l’Icône qui représente cette fête, grâce à laquelle les chrétiens vainqueurs de l’hérésie ont rempli les églises, de nouveau, des décorations de la face du Christ, de la face de la Mère de Dieu et de la face de tous les saints. Telles sont ces icônes, et beaucoup d’entre elles sont miraculeuses, car Dieu leur a donné une grâce qui fait que, quand nous prions devant elles, nous sommes exaucés. 11 y en a une, toute petite, sur le pupitre. Cette icône est pour moi toute une histoire, à laquelle ma peau est collée. Je ne savais pas, enfant, ce qu’elle représentait, je l’ai toujours vue à la maison, elle était noire. Je savais pas ce que c’était -un morceau de bois devant lequel ma mère, nuit et jour, faisait brûler une lampe à huile, une veilleuse. Lors des massacres d’Asie Mineure, j’étais un petit bébé, un nourrisson, j’avais trois ans. Notre maison brûlait, et tandis qu’elle était en flammes, de nuit, sans chaussures, sans vêtements, nous sommes partis dans les rues de Smyrne d’Asie Mineure, mon père, ma mère, ma soeur et moi qui étais son aîné et toute la famille de ma mère. Depuis, ils se sont dispersés, on s’est perdu, qui vit encore ? Cela n’a pas d’importance. Et qu’emportions-nous comme bien ? Cette icône qui est ici ; grâce à elle nous avons été protégés. A travers toutes les vicissitudes et les douleurs des massacres et de la dispersion à travers le monde -parce que personne ne voulait de ces quelques misérables fuyards, rescapés des massacres- cette icône a veillé sur nous. Ma mère est partie, mes neveux qui sont mécréants ont jeté cette icône, j’ai dit à ma mère : «Je la prends, je ne veux rien d’autre que ce morceau de bois». Et sur ce morceau de bois est apparue cette icône, qui est sous vos yeux. Alors je dis : «C’est le jour de la porter à l’église, pour que chacun de nous puisse avoir la bénédiction» ; non que ce soit une grande oeuvre d’art, mais je crois que depuis des siècles qu’elle est vénérée, elle en est devenue plus belle. Les baisers qu’elle a reçus des coeurs des fidèles sont imprimes en elle, ajoutons aussi les nôtres, et qu’elle soit notre protectrice !

Soyons donc attentifs, tout ce qui est écrit se réalisera, le ciel et la terre passeront, mais les paroles du Seigneur ne passeront pas. Que Dieu nous garde et que la Mère de Dieu nous couvre sous ses ailes comme la poule couvre ses petits poussins ! Amen.
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Jean-Serge
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MessageSujet: Déplacement du message   Jeu 4 Jan - 1:11

Merci pour cette homélie!! Je la déplace toutefois au forum général où j'ai créé un fil consacré au Triomphe de l'Orthodoxie. En effet, par "Lectures orthodoxes", je pensais plus aux livres et articles qu'aux homélies. Ces dernières ont leur place dans le forum général. Ceci n'est pas forcément évident... Encore merci pour ce texte!

Vous le retrouvez au lien suivant :

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