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 Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin

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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin   Lun 8 Juin - 23:59

SAINT JEAN LE RUSSE CONFESSEUR ET THAUMATURGE
Notre Saint Père Jean naquit dans un village de Petite-Russie [=Ukraine], et grandit dans la piété et l'amour des Saintes vertus. Parvenu à l'âge adulte au temps de la guerre russo-turque (1672-1681), il fut enrôlé dans l'armée du tsar. Capturé par les Tatares,* il fut vendu à un Turc, officier de cavalerie, qui l'emmena dans sa patrie, Prokopion, en Cappadoce. Contrairement à beaucoup de ses compagnons de captivité, qui abjuraient le Christianisme, Saint Jean résistait aux propositions et aux coups de son maître, en disant qu'aucun tourment ne pourrait le séparer de l'amour du Christ. Il ajoutait : "Tu es maître de mon corps, mais pas de mon âme. Si tu me laisses libre d'accomplir mes devoirs spirituels, c'est avec promptitude que j'obéirai à tes ordres. C'est avec plaisir que je reposerai dans ce coin de ton écurie, en pensant au Christ qui a considéré la crèche de Bethléem comme un lit royal; je supporterai sans murmure tes coups de bâton, comme le Seigneur endura les coups des soldats. Je suis prêt à endurer les plus grands et plus effroyables tourments, si tu veux m'y soumettre, mais je ne renierai jamais le Christ." Ces paroles pleines de ferveur chrétienne, ainsi que sa conduite chaste et humble, changèrent le cœur et les sentiments de l'officier turc à son égard. Il cessa de le tyranniser et ne l'obligea pas à renier sa Foi. Commis au soin des chevaux, Jean habitait un coin sombre de l'écurie, et lorsque son maître sortait dans la bourgade à cheval, il devait le suivre à pied, comme un esclave. Le bienheureux acceptait cependant avec reconnaissance cette condition avilissante et glorifiait Dieu de l'avoir ainsi délivré de l'apostasie. Sans chaussures, été comme hiver, vêtu de guenilles, et prenant un peu de repos sur la paille ou le fumier, comme le Juste Job, Jean n'en continuait pas moins ses exercices de piété, et il passait des nuits entières, en prière, à genoux sur le parvis de l'église voisine dédiée à Saint Georges. Il acceptait sans murmure les insultes et les moqueries des autres esclaves, et se mettait volontiers à leur service.
* Probablement avec Saint Pachôme d'Oussaki

Ces sacrifices et combats vertueux ne restèrent pas sans effets bénéfiques pour son maître, qui devint le plus riche et le plus respecté des habitants de la ville. Ayant décidé d'entreprendre le pèlerinage à la Mecque, prescrit à tout pieux musulman, ce dernier parvint à la ville ensorcelée après un long et pénible voyage. Quelques semaines après son départ, sa femme invita parents et amis à un grand dîner, afin que les convives expriment leurs vœux pour l'heureux retour de son époux. Comme Jean entrait dans la salle pour y servir un plantureux riz pilaf, la maîtresse de maison s'exclama : "Comme son maître se serait réjoui, s'il avait été ici pour manger avec nous ce met dont il est si friand!" Jean, s'étant recueilli quelques instants en une prière silencieuse, demanda à sa maîtresse de lui donner un plat garni de ce pilaf, pour l'envoyer à son maître à la Mecque. Comme tous les convives se gaussaient, la maîtresse de maison lui donna un plat de riz en souriant. Jean se retira alors dans l'écurie et éleva la prière suivante vers Dieu : "Que Celui qui, autrefois envoya le prophète Habacuc à Babylone pour apporter de la nourriture au Prophète Daniel, dans la fosse aux lions, exauce aussi ma prière et fasse parvenir ce plat à mon maître!" Puis il retourna dans la salle du banquet et annonça que le plat était arrivé à destination. Tout le monde éclata alors de rire, en l'accusant de s'en être gavé en secret. Cependant, quand le maître rentra de voyage, rapportant avec lui ce plat vide orné de ses initiales, et raconta qu'il l'avait trouvé, garni d'un délicieux pilaf, un soir en rentrant dans sa tente, tous les habitants de la maison furent saisis de stupéfaction et, invoquant Allah, ils commencèrent à témoigner honneur et grand respect à l'esclave chrétien. On lui proposa de lui rendre la liberté et de lui donner une chambre plus digne, mais Saint Jean refusa, disant qu'il préférait rester dans le coin sombre de l'écurie, où il pourrait mieux glorifier Dieu. C'est ainsi qu'il vécut pieusement, pendant plusieurs années. Lorsqu'il tomba malade, il demanda qu'un Prêtre lui apportât la Sainte Communion. Mais le Prêtre, craignant de transporter ouvertement la Sainte Communion dans la maison d'un musulman, la cacha dans une pomme qu'il offrit au Saint. C'est ainsi que Saint Jean reçut le viatique de la vie éternelle, et il s'endormit en paix le 27 mai 1730.

Trois ans plus tard, un vieux Prêtre et d'autres Chrétiens virent plusieurs fois dans la nuit une colonne de feu qui descendait du ciel sur le tombeau du Saint. Ils ouvrirent la tombe, et trouvèrent son corps incorrompu, exhalant une suave odeur. Ils le transportèrent alors avec grande allégresse dans l'église de Saint-Georges; et le déposèrent dans une châsse, sous l'Autel. Dès lors les précieuses Reliques accomplirent d'innombrables miracles pour les Chrétiens de Cappadoce, et même pour des musulmans. Lors du pillage du village par les troupes d'Osman Pacha, en 1832, les Reliques furent jetées au feu par les soldats turcs. Mais elles restèrent inaltérables et le Saint apparut au milieu des flammes, menaçant les soldats impies. Les Turcs effrayés abandonnèrent tout leur butin et s'enfuirent du village. Une autre fois, le Saint apparut pour retenir de ses deux mains le toit de l'école grecque qui s'écroulait, et il sauva ainsi les vingt enfants qui se trouvaient à l'intérieur.

Lors de l'expulsion des Grecs d'Asie Mineure (1922), les Chrétiens de Prokopion transportèrent avec eux en Grèce, au village de Nouveau-Prokopion, dans l'Île d'Eubée, ces Saintes Reliques, comme leur plus grand trésor. Saint Jean y est depuis vénéré comme une source inépuisable de guérisons et de bénédictions, pour tous ceux qui l'approchent avec Foi.

ou

Le Saint Confesseur Jean le Russe naquit vers la fin du dix-septième siècle en petite Russie et fut élevé dans la piété et l'amour de l'Eglise de Dieu. Parvenu à l'âge de la maturité, il fut appelé à faire son service militaire, et il servit comme simple soldat dans l'armée du Tsar Pierre Ier, et prit part à la guerre russo-turque. Durant la campagne de Prutsk de 1711, il fut capturé ensemble avec d'autres soldats par les Tatars, qui le vendirent au commandant de la cavalerie turque, qui emmena son prisonnier russe chez lui en Asie Mineure, dans le village de Prokopia (en turc, Urkiul). Les Turcs tentèrent de convertir les captifs chrétiens au mahométisme : certains avec des menaces et des promesses, pendant que d'autres furent traités stoïquement bien plus durement, ils furent battus et torturés. Saint Jean ne se laissa pas influencer par les promesses de bénédictions terrestres et endura bravement la férocité, les humiliations et les coups. Son maître le tortura souvent dans l'espoir que son esclave accepta le mahométisme. Mais Saint Jean résolument résista à la volonté de son maître et lui
répondit : "Jamais ni par les menaces ni par les promesses de richesses et plaisirs vous n'arriverez à me faire abandonner ma Sainte Foi. Je suis né Chrétien, et Chrétien je mourrai". Les mots forts et la ferme Foi du Confesseur, son intrépidité et sa vie juste, finalement adoucit le coeur dur du maître. Il cessa de vilipender et tourmenter son captif, et ne tenta plus de le forcer à renoncer au Christianisme, mais au contraire se contenta de lui confier le soin du bétail et de l'étable, dans lequel Saint Jean installa son couchage.

Du matin jusque tard le soir, le Saint de Dieu servait son maître turc, accomplissant judicieusement tous ses ordres. Dans la froidure de l'hiver ou la chaleur de l'été, à moitié nu, pieds nus, il accomplissait son devoir. D'autres esclaves se moquaient souvent de lui, en voyant son zèle. Le Juste Jean ne se fâcha jamais contre eux, au contraire, quand l'occasion s'en présentait, il les aidait dans leur servitude et les réconfortait dans leur infortune. Une telle douceur sincère de coeur de la part du Saint eut de l'effet sur l'âme tant du maître que des esclaves. Le maître commença à confier au Juste Jean bien plus, et à l'estimer pour son intégrité et sa décence, qu'il lui offrit une vie de quasi libre et de s'installer où il le voudrait. Mais l'Ascète suggéra qu'il puisse demeurer à proximité de l'écurie, où chaque nuit il pouvait sans opposition prier en solitaire, renforçant les gens dans la bonté et l'amour de Dieu. Parfois il quittait son abri paisible et sous couvert de la nuit, il allait à l'église du Saint Mégalomartyr Georges, où il priait avec ferveur, agenouillé sous le portique. Et dans cette église, il communiait aux jours de fête aux Saints Mystères du Christ.

Pendant ce temps, le Juste Jean continuait comme auparavant à servir son maître, et malgré sa propre pauvreté, il aida toujours les pauvres et les malades, leur partageant sa maigre pitance.
Vers la fin de sa difficile et ascétique vie, Saint Jean devint infirme, et sentant sa fin proche, il fit demander un Prêtre, afin de recevoir la bénédiction finale avant le départ de son âme. Le Prêtre, craignant d'aller dans la maison du commandant turc avec les Saints Dons, cacha les Saints Dons dans une pomme, et les donna ainsi sans problème au Juste Jean. Ayant glorifié le Seigneur, il communia aux Saints Mystères du Christ et alors expira en Dieu. La juste fin du Saint Confesseur Jean le Russe eut lieu le 27 mai 1730. Quand ils rapportèrent à leur maître que son serviteur Jean venait de mourir, il fit venir le Prêtre, et lui remit le corps de Saint Jean, et ils lui donnèrent des funérailles adéquates pour un Chrétien. Presque tous les habitants chrétiens de Prokopia assistèrent à ses funérailles, et accompagnèrent ensuite le corps du Saint au cimetière chrétien.

Trois ans et demi plus tard, un Prêtre fut miraculeusement averti en songe que les reliques de Saint Jean étaient restées incorrompues. Bientôt, les Reliques du Saint furent transférées en l'église du Saint Mégalomartyr George, et placées dans un reliquaire spécial. Le nouveau Saint de Dieu commença à être glorifié par un nombre incalculable de miracles de grâce, dont les récits se répandirent dans les villes et villages lointains. Les fidèles chrétiens de divers lieux virent à Prokopia pour vénérer les Saintes Reliques de Saint Jean le Russe, et reçurent à travers ses prières des guérisons. Le nouveau Saint devint non seulement vénéré par les Chrétiens orthodoxes, mais aussi par les Arméniens, et même les Turcs, recourrant avec force prières au Saint russe : "Servant de Dieu, ne nous dédaigne pas dans ta miséricorde".

En 1891, une partie des Reliques de Saint Jean fut transférée au Monastère russe du Saint Mégalomartyr Panteleimon par les Moines de la Sainte Montagne Athos, après qu'ils avaient été miraculeusement sauvés par le Saint de Dieu durant un périlleux voyage. Conjointement, ce Monastère et les habitants de Prokopia entamèrent en 1886 la construction d'une nouvelle église, du fait que celle du Saint Mégalomartyr George, où se trouvaient les reliques de Saint Jean, était tombée en décrépitude. Le 15 août 1898, la nouvelle église dédiée à Saint Jean le Russe fut consacrée par le Métropolite Jean de Césarée, avec la bénédiction du Patriarche de Constantinople, Constantin V.

En 1924, les habitants de Prokopia de Césarée, s'étant réinstallés sur l'Île d'Eubeia, emportèrent aussi avec eux une partie des Reliques de Saint Jean le Russe. Plusieurs dizaines d'années durant, les Reliques se trouvèrent dans l'église des Saints Egaux-aux-Apôtres Constantin et Hélène, à Prokopia-la-Neuve, sur Eubeia, mais en 1951, elles furent transférées dans une église bâtie au nom de Saint Jean le Russe. Des milliers de pèlerins défilèrent là de tous les coins de la Grèce, en particulier le jour de sa mémoire, 27 mai. Le Juste Jean le Russe est largement vénéré sur la Sainte Montagne Athos, en particulier dans le Monastère russe Saint-Panteleimon.

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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin   Mar 9 Juin - 0:00

http://pagesperso-orange.fr/stranitchka/VO27/Jean_le_Russe.html
Originaire d'un village de la Petite-Russie, né de parents pieux et orthodoxes, qui à son baptême le nommèrent Jean, il fut élevé dans la piété dès sa tendre enfance et instruit dans le mystère de notre foi immaculée. Chaque jour, il prenait soin d'améliorer sa vie, se tenant loin des conversations et de la compagnie corruptrices des jeunes gens de son âge. Il aimait beaucoup son Dieu et Créateur et s'efforçait d'observer exactement tous Ses Commandements.

A l'âge adulte, il entra dans l'armée et y resta jusqu'à la grande guerre russo-turque sous le règne de l'Empereur de Toutes les Russies Pierre le Grand (1672-1725). Pendant une campagne militaire, Jean fut, avec d'autres soldats, capturé par les Tatars, puis vendu à un musulman, officier de cavalerie qui l'emmena dans son pays en Asie Mineure, dans une bourgade appelée Prokopi, à douze heures de Césarée.

D'après la tradition, plusieurs des compagnons de Jean, les uns, attirés par les biens que leur accordait leur maître, d'autres, reculant devant les tourments auxquels ils étaient soumis, renièrent la Sainte Foi de leurs Pères. Mais Jean, le courageux soldat du Christ, ne tenait pour rien ce qui lui était offert, ayant l'esprit concentré sur le Sauveur du monde, et c'est avec beaucoup de patience qu'il acceptait les tourments. Il résistait à son maître en lui répondant par les paroles de l'Apôtre : "Qui me séparera de l'amour du Christ ? Sera-ce la tribulation ou l'angoisse ou la persécution ou la faim ou la nudité ou le péril ou l'épée?" (Rom. 8 : 25). "J'ai une confiance absolue en mon Seigneur Jésus Christ, le Fils Unique de Dieu, et rien de tout cela ne pourra jamais me séparer de son amour." Il lui disait encore : "Tu es le maître de mon corps, mais pas de mon âme. Si tu me laisses libre d'accomplir mes devoirs religieux, c'est avec beaucoup de promptitude que j'obéirai à tes ordres. Mais si tu veux m'arracher de mon église, soit par les menaces, soit par des promesses trompeuses de richesse, de gloire et de plaisir, sache que rien de tout cela ne pourra m'attirer ni ébranler ma foi envers Christ mon Sauveur, car j'ai les yeux constamment fixés sur le Chef et l'Artisan de mon salut qui, autrefois, considéra comme un lit royal le Crèche de Bethléem. Ainsi, c'est avec plaisir que je me reposerai dans ce coin de ton écurie où tu m'as condamné à demeurer. Pensant au roseau avec lequel les soldats frappèrent Sa tête immaculée, je supporterai sans murmure tes coups de bâtons; pensant à la couronne d'épines qu'on posa sur Sa tête, je supporterai courageusement le casque de fer que vous avez l'habitude de rougir au feu et d'en coiffer ceux qui refusent de se soumettre à vos volontés. Enfin, je suis prêt à supporter les plus grands et les plus effroyables tourments si tu veux m'y soumettre, mais je ne renierai jamais le Christ."

Ces paroles justes et pleines de ferveur de la Foi chrétienne que Jean adressa à son maître, sa conduite dans l'humilité et sa vie pleine de sagesse, changèrent le cœur et les sentiments de son maître à son égard. Il cessa de le tyranniser et ne l'obligea plus à renier sa Foi, mais le contraignit d'habiter dans un coin sombre de l'écurie et de soigner les chevaux qu'il aimait tant. Quand le maître sortait dans la bourgade à cheval, Jean devait le suivre à pied selon la coutume des esclaves.

Ayant accepté avec reconnaissance cette condition, le Saint glorifiait en son cœur le Seigneur qui, d'une façon invisible, l'avait délivré du danger de renier sa Foi et avait assoupli le cœur de son maître. Il resta donc dans cette écurie, soignant les chevaux de son maître.

Qui pourrait jamais décrire les durs combats, les exercices ascétiques, la faim, la soif que supportait le bienheureux; les prières à genoux durant toute la nuit? Le peu de repos qu'il prenait sur la paille ou sur le fumier comme Job, presque nu et sans chaussures été comme hiver. De même, les insultes et les moqueries des autres esclaves qu'il acceptait à tout moment sans murmurer et leur rendant toujours service. Qui raconterait ses veilles dans les parvis de l'église voisine du saint et grand martyr Georges où il se réfugiait en cachette la nuit? Comme l'homme de Dieu, Saint Alexis, il communiait chaque samedi au Corps et au Sang du Christ. Pour cela, les yeux du Très-Haut ne sommeillant jamais et voyant avec quelle gloire Son serviteur Le glorifiait sur terre, Dieu voulut le glorifier en retour. Voici de quelle manière : comme autrefois, Dieu, par le Prophète Elie, avait béni la veuve de Sarepta, et Potiphar, par le Sage Joseph, de même, Il bénit le maître de Saint Jean en le rendant plus riche et plus glorieux que les gens de sa ville. Celui-ci, bien qu'il fut étranger à la religion du Christ, se rendait bien compte que toutes ces bénédictions lui arrivaient grâce aux prières de son captif Jean. Et ceci, il le révéla à tout le monde et certifia même le miracle suivant.

Le maître de Jean pensa un jour accomplir ses devoirs religieux en se rendant à La Mecque. Après avoir quitté Prokopi, il arriva à La Mecque au bout d'un long et pénible voyage. Quelques semaines après son départ, sa femme, restant à la maison, invita parents et amis à faire un grand dîner afin que les convives se réjouissent et expriment leurs vœux pour l'heureux retour de son mari. A table, Jean les servait avec beaucoup de promptitude et de retenue. Leur ayant servi un mets particulièrement agréable au goût de son maître, absent, la maîtresse de maison montra de sa main le serviteur et dit : "Combien son maître se serait réjoui s'il avait été ici et avait mangé avec nous ce magnifique pilaf!" Ayant entendu le désir de sa maîtresse, et ayant une confiance absolue en Dieu qui fait des merveilles parmi Ses Saints, il pria mentalement, puis demanda à sa maîtresse un plat plein de ce pilaf pour l'envoyer à son maître à La Mecque. Tous de rire et de se moquer du Saint, en prétendant ces choses impossibles. Toutefois, sa maîtresse lui donna un plat plein disant, en souriant, que le serviteur avait peut-être faim et voulait en goûter chemin faisant. Mais le Saint, gardant le silence, sortit de la salle à manger, entra dans l'écurie et adressant une fervente prière au Dieu de miséricorde, dit ces paroles : "Que Celui qui, comme autrefois envoya le Prophète Habacuc à Babylone pour apporter de la nourriture au Prophète Daniel, dans la fosse aux lions, exauce aussi ma prière et fasse parvenir ce plat à mon maître." Ayant prié ainsi, il retourna à la salle à manger, annonçant qu'en effet, le plat était arrivé à destination.

Quand il eut dit cela, tout le monde commença à le railler et à dire que c'était lui qui avait mangé le plat et qu'il racontait l'avoir envoyé au maître de maison. Cependant, quand le maître de Jean revint de son voyage, rapportant avec lui le plat vide, tous furent dans la stupéfaction et l'étonnement. Le maître raconta la chose de la façon suivante : "Tel jour, vers le soir, revenant de la grande mosquée de La Mecque pour me reposer, j'aperçus sur ma table, un plat couvert et contenant de la nourriture chaude et fumante. J'étais dans l'étonnement et ne pouvais deviner qui avait pu déposer ce repas dans ma tente fermée. J'observais le plat et je vis soudain qu'il était marqué à mes initiales. Après en avoir mangé le contenu, je gardai le plat, mais ne sus pas comment la chose arriva."

Le récit du maître plongea tout le monde dans la stupéfaction. Ceci obligea son épouse et les convives à avouer cette vérité au maître : Jean, l'esclave, était l'instrument du miracle. "Ayant donné le plat à Jean, nous l'avons d'abord raillé, pensant que c'était une chose impossible. Mais maintenant, nous voyons qu'il a tenu sa promesse, et ceci est dû à la puissance divine." Alors tous se mirent à invoquer : "Allah! Allah!" Dès lors, ils cessèrent d'insulter le Saint et de se moquer de lui, le considérant comme un homme juste et lui témoignant beaucoup d'honneur et de respect. Ils le laissèrent libre et lui donnèrent une chambre particulière, hors de l'écurie. Mais le Saint les remercia, craignant la gloire des hommes, il préféra rester dans le coin sombre de l'écurie. De cette façon, pensait-il, il pourrait mieux faire son Ascèse et glorifier Dieu.

C'est ainsi qu'il vécut, pieusement devant Dieu, pendant quelques années. Puis il tomba malade et prédit que sa fin était proche. Il invita alors un Prêtre de la bourgade, le priant de lui apporter la Sainte Communion. Mais le prêtre, craignant de transporter la Communion dans la maison d'un musulman de peur qu'elle ne soit profanée, eut l'idée, pour éviter tout risque, de la mettre dans une pomme et de faire communier le Saint en lui offrant cette pomme. C'est ainsi que le bienheureux Jean communia en glorifiant Dieu, et qu'il remit son esprit entre Ses mains.

Il fut transporté de la captivité temporelle et de la grande misère à la liberté Céleste et à la joie éternelle, le 27 mai 1730. Son maître ayant appris la mort de Jean, invita les plus distingués parmi les Chrétiens et leurs Prêtres et leur permit de prendre librement le corps, et de l'ensevelir selon les coutumes chrétiennes. Voulant manifester à tous l'affection qu'il avait pour Jean, il apporta un précieux tapis et le déposa sur son cercueil; le Prêtre arriva, suivi de tous les Chrétiens de la bourgade et, avec beaucoup de piété et de componction, parmi les cierges et les encensoirs, ils enlevèrent le corps du courageux soldat du Christ et l'ensevelirent pieusement dans le cimetière des Chrétiens.

Trois ans et demi plus tard, un vieux Prêtre vit en songe le Saint qui lui demandait de transporter son corps. Mais le Prêtre douta de la véracité du songe, car les Chrétiens ne considéraient pas encore Jean comme Saint. Cependant, plusieurs fois dans la nuit, le Prêtre et beaucoup d'autres Chrétiens virent une colonne de feu descendre du Ciel sur la tombe du Saint. Ceci détermina le pieux Prêtre et les autres Chrétiens à ouvrir sa tombe, prenant le signe de cette lumière céleste comme un signe indéniable de sainteté. En effet, ouvrant la tombe, ils trouvèrent son corps intact exhalant un parfum suave de sainteté. C'est ainsi que dans l'allégresse spirituelle, chantant des psaumes et des hymnes, avec des cierges et dans une nuée d'encens, ils transportèrent la dépouille dans l'église du Saint et Mégalomartyr Georges où Jean avait prié tant de nuits, et le déposèrent dans un reliquaire sous l'autel. Dès lors, de nombreux Chrétiens accoururent à Prokopi pour vénérer ses Reliques et demander à Dieu la guérison de l'âme et du corps. Par les Reliques de Son Saint serviteur, Dieu opéra une multitude de miracles et de prodiges dont nous citerons seulement quelques-uns pour la gloire de Dieu et l'honneur de Son Saint.

En l'année 1832, des troupes turques conduites par Osman Pacha se dirigèrent vers l'Egypte pour étouffer une révolte et voulurent passer la nuit à Prokopi. A cette époque, plusieurs des habitants musulmans de Prokopi étant des janissaires, haïssaient le sultan, et s'accordèrent pour ne pas recevoir Osman Pacha dans leur bourgade ni dans les environs. C'est en vain que les Chrétiens tentèrent tout pour leur faire changer d'avis, mais les musulmans restaient sur leur opinion. Alors les Chrétiens s'enfuirent de nuit avec leurs femmes et leurs enfants vers les hameaux chrétiens des environs pour pouvoir se sauver, ne laissant dans la bourgade que quelques vieillards.

En effet, le lendemain, Osman Pacha décida d'entrer de force à Prokopi avec son armée, et ses soldats se livrèrent tout de suite au massacre, au vandalisme et au brigandage. C'est ainsi que, arrachant tout ce qui leur tombait sous la main, ils entrèrent aussi dans l'église de Saint Georges où ils prirent d'abord toutes les veilleuses et les vases sacrés, puis ouvrirent également le reliquaire du Saint dans l'espoir d'y trouver quelque trésor en or ou en argent. N'ayant rien trouvé de tout cela, ils se mirent en colère et, pour se venger du Saint et se moquer des chrétiens, ils voulurent brûler le corps sacré du bienheureux. Ils l'emmenèrent sur le parvis de l'église, firent un grand feu et y jetèrent irrespectueusement les Reliques. Celles-
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MessageSujet: Re: Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin   Mar 9 Juin - 0:00

ci, tout imprégnées de la Grâce Divine non seulement ne brûlèrent pas, mais, comme les soldats eux-mêmes le racontèrent ensuite à leur coreligionnaires, le Saint leur apparut au milieu du feu, les menaçant et les chassant hors du parvis de l'église. Alors, les soldats emplis de frayeur abandonnèrent tout et s'enfuirent. Puis, les vieillards chrétiens reprirent le corps du Saint et le déposèrent de nouveau dans son reliquaire
.
En l'année 1845, on bâtit à Prokopi une nouvelle église, dédiée à notre père parmi les Saints Basile le Grand. Les Chrétiens de la bourgade voulurent transférer les Saintes Reliques dans la nouvelle église. Toutefois, ils s'aperçurent que le reliquaire avait retrouvé sa place dans l'ancienne église. Tout au début, ils ne crurent pas à une opération miraculeuse et, donnant à cet événement une interprétation quelconque, ils ramenèrent le reliquaire dans la nouvelle église. Bien que les deux églises fussent fermées, le reliquaire fut de nouveau transporté à son ancienne place. Ceci s'étant répété à deux ou trois reprises, les Chrétiens comprirent qu'il s'agissait d'un miracle de la part de Dieu. Le Saint désirait que son corps reposât dans l'église où, durant toute sa vie, il avait glorifié Dieu par son Ascèse.

Des besoins divers les obligeant à faire ce transfert, ils commencèrent à prier et à supplier avec ferveur. Saint Jean consentit alors à ce que sa dépouille reste définitivement dans l'église de Saint Basile.

En 1862, un samedi, pendant qu'on célébrait la Divine Liturgie, une dame pieuse raconta que la nuit précédente, elle avait vu en songe Saint Jean sortir de son reliquaire tenant dans ses deux mains le toit de l'école grecque qui allait s'écrouler. Pendant qu'elle parlait, on entendit un bruit effroyable. Les fidèles, sortant de l'église, constatèrent que l'école s'était écroulée. Vite, ils coururent en pleurant et en se lamentant, et purent soulever le toit écroulé. Grâce à Dieu, les vingt élèves qui se trouvaient là étaient tous sains et saufs. Les sauveteurs leur demandèrent alors ce qui était arrivé et ils répondirent : "Soudain, nous avons entendu les poutres craquer; voyant le danger suspendu au-dessus de nos têtes, et comme si quelqu'un nous poussait tous à la fois, en un instant nous nous sommes mis sous nos bancs. Ainsi, les poutres ont pu rencontrer les bancs et former un pont qui empêcha le toit de nous écraser." Ainsi, par la Grâce de Dieu, et par la protection invisible de Saint Jean, furent sauvés tant d'enfants innocents.

Au cours de l'année 1874, une petite fille de douze ans, descendant de l'ancien maître musulman du Saint, disparut. Après maintes recherches infructueuses, ses parents, bien que musulmans, allèrent prier devant le reliquaire du Saint pour retrouver leur fille. La nuit, le Saint apparut en songe à la mère de la petite fille lui disant que telle femme parmi ses coreligionnaires avait invité la petite fille chez elle et, lui ayant enlevé ses boucles d'or et autres bijoux, l'avait étranglée et avait caché le cadavre dans la cheminée de la maison. S'étant éveillée, la femme réveilla son mari et les domestiques et ils accoururent au lieu indiqué par le Saint où, en effet, ils découvrirent le cadavre. La meurtrière fut arrêtée et punie par les autorités.

Un Moine du Mont Athos entreprit un voyage pour aller vénérer les Reliques de Saint Jean. En route, il eut un songe : le Saint lui apparut, l'avertissant que des brigands allaient l'attaquer, et il lui indiqua le moyen de les éviter. Se conformant aux indications du Saint, il arriva sain et sauf.

Plus tard, les Moines du Monastère russe de Saint Panteleimon demandèrent aux habitants de Prokopi de leur accorder la main droite de Saint Jean le Russe pour avoir sa grâce et sa bénédiction dans leur monastère. Cette demande fut accueillie très hostilement et les Grecs refusèrent catégoriquement de donner suite à cette requête. Par la suite, les Moines de Saint Panteleimon se mirent à prier avec ferveur pour que Dieu, par l'intercession de Saint Jean, puisse changer le cœur des habitants de Prokopi. Et en effet, ceux-ci, fléchis par le Saint, envoyèrent sa main droite au monastère russe où elle demeure jusqu'à ce jour.

Après la destruction de l'Asie Mineure, les émigrants de Prokopi transportèrent avec eux la dépouille sacrée de Saint Jean. Ils s'installèrent en Grèce, dans un village d'Eubée appelé Ahmed Aga, qu'ils nommèrent Néo-Prokopi, en mémoire de leur pays natal. Le corps du Saint y repose, source de guérisons et de bénédictions pour tous ceux qui le vénèrent avec Foi et dévotion.

Saint Jean le Russe est pour nous un glorieux combattant et défenseur de l'Orthodoxie et il nous est proposé en exemple de vertu et de sainteté. "Vénérer les Saints, c'est les imiter... " disait Saint Jean Chrysostome. Si nous marchons sur un même sentier, non seulement nous aurons sur nous la bénédiction de Dieu, comme l'avait de son vivant Saint Jean le Russe, mais nous vivrons éternellement dans le Royaume Céleste avec notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, auquel appartiennent toute gloire, honneur et adoration, avec Son Père sans commencement et Son Très Saint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.
Ce texte est tiré de La Foi Transmise,
Bulletin d'enseignement orthodoxe, Genève 1969.

Tropaire de Saint Jean le Russe, ton 4
Celui qui t'appela de la terre aux parvis célestes
garda aussi après ta mort ton corps intact, ô bienheureux.
Toi qui fus emmené comme captif en terre étrangère
où tu t'es uni au Christ, ô Jean
supplie-Le pour qu'Il sauve nos âmes.

Kondakion Saint Jean le Russe, ton 4
Celui qui fut le servant de l'amour évangélique,
le zélateur de la justice divine,
qui a gardé la pureté de l'âme et du corps
et a confessé la foi du Christ dans les souffrances
le juste Jean proclamons-le bienheureux et vénérons-le aujourd'hui
et édifiés par sa vie, nous lui chantons :
réjouis-toi ô notre intercesseur glorifié par Dieu.
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MessageSujet: Re: Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin   

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Saint Jean le Russe; 27 mai - 9 juin
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