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 Saint Boèce; 27 mai - 9 juin

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Philippe Crévieaux



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Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 08/06/2006

MessageSujet: Saint Boèce; 27 mai - 9 juin   Mar 9 Juin - 0:04

SAINT BOECE, MODELE DES HOMMES D'ETAT (470-525)
L'Eglise rend un culte public à Boèce. Les démolisseurs contemporain - les critiques allemands surtout - ont prétendu que Boèce n'était pas même chrétien. C'est attaquer de front la tradition ecclésiastique : raconter la vie de Boèce suffira à démontrer son Christianisme.

Anicius-Manlius-Torquatus-Séverin Boèce naquit à Rome en 470. Chacun de ces prénoms (cognomina) représente une lignée d'ancêtres chrétiens. "La famille illustre des Anicii", dit Prudence (Cont. Symmack, liv.1, v.552; PL t.60), "la première, inclina sous la Loi du Christ, la hache consulaire de l'Ansonie, et déposa les faisceaux de Brutus sur la tombe des Martyrs."

Le quadrisaïeul de Boèce était ce fier Chrétien Anicius Petronius Probus, mari de l'héroïque Faltonia Proba que l'invasion de Rome par Alaric ne put faire trembler, et dont le tombeau, décoré des emblèmes de la Foi du Christ, est aujourd'hui le plus bel ornement du musée chrétien du Latran. Le trisaïeul de Boèce fut Anicius Probus dont le Diacre Paulin, dans la "Vie de saint Ambroise", nous apprend que la réputation était si éclatante, que deux princes persans firent le voyage de Rome uniquement pour avoir le bonheur de le connaître. Une fille d'Anicius Probus épousa le bisaïeul de Boèce, Manlius Theodorus, l'ami de saint Augustin d'Hippone, qui lui dédia son livre "de Beata vita". Le surnom de Manlius Torquatus passa ainsi avec le sang dans la famille de Boèce, dont l'aïeul, Severinus, et le père également nommé Boetius, se distinguèrent l'un et l'autre par leur attachement à la Foi chrétienne.

Boèce n'avait que dix ans lorsqu'il perdit son père, qui avait été trois fois consul. On l'envoya à Athènes pour y continuer ses études. Il revint à Rome dans la dix-neuvième année de son âge, et quelque temps après il y fut déclaré patrice. Il s'engagea dans l'état du mariage (492). La femme qu'il épousa se nommait Elpis.

Sa beauté la recommandait encore moins que sa piété et son savoir. Les deux hymnes en l'honneur des Saints Apôtres Pierre et Paul, "Beate pastor Petre", et "Decora lux", ont été composés par Elpis. "Si l'on pouvait établir la réalité de ce mariage", dit-on, "il en résulterait une forte présomption en faveur du Christianisme de Boèce". (M. Judicis de Mirandol, Consol. philos. de Boèce, introd., p.12, Paris, Hachette, 1861). Or, il est impossible de ne pas l'admettre.

1° Tous les recueils liturgiques, tous les manuscrits où ces hymnes sont insérés, portent comme nom d'auteur, "Elpis, uxor Boetii", Elpis, femme de Boèce. D'autre part, dans les manuscrits les plus anciens de Boèce, ces hymnes sont placés à la suite des oeuvres du philosophe Chrétien, et sont attribués à Elpis sa femme;

2° Dans l'épitaphe qui décorait le tombeau d'Elpis, elle est désignée comme femme de Boèce. Or, cette épitaphe dont des fragments avaient été découverts dans les manuscrits à la fin du seizième siècle, fut trouvée entière en 1672, et publiée en 1715 par Dom Gervaise, prévôt de Saint-Martin de Tours, auteur de l'histoire la plus complète que l'on ait de Boèce.

3° Ce n'est pas tout, le marbre même qui portait cette épitaphe fut mis à découvert en 1723, cinq ans après la magistrale publication de Dom Gervaise, en creusant les fondations de l'église du Gesù à Palerme. L'inscription tombale était identique à l'épitaphe publiée par Dom Gervaise d'après les monuments écrits.

4° La tradition locale n'avait pas attendu ces révélations pour glorifier la mémoire d'Elpis. En 1543, le sénat de Messine plaçait le buste de son illustre compatriote dans une des salles de l'hôtel de ville. Et Jérôme de Raguse établissait dans ses "Eloges des Siciliens", d'après des monuments qu'il avait alors sous les yeux, qu'Elpis était née à Messine, qu'elle était fille du fameux sénateur chrétien Festus Niger; qu'elle était morte à Pavie durant un voyage fait avec Boèce son époux, et qu'enfin sa soeur Faustina, mariée au patrice Tertullus, était mère de Placide, le disciple bien-aimé de saint Benoit du Mont-Cassin.

5° La mort brisa prématurément cette alliance. Les vers que la jeune épouse composa elle-même pour sa tombe, respirent la plus parfaite conformité de sentiments entre le mari et la femme :

Elpes dicta fui, siculae regionis alumma,
Quam procul a patria conjugis egit amor.

Que sine moesta dies, nox anxia flebilis hora,
Nec solum caro, sed spiritus unus erat.

Lux mea non clausa est, tali remanente marito,
Majorique animae parte superstes ero.

Porticibus sacris jam nunc peregrina quiesco,
Judicis aeterni testificata thronum.

Neu qua manus bustum violet, nisi forte jugalis
Haec iterum cupiat jungere membra suis;

Ut thalami tumulique comes nec morte revellar,
Et socios vitae nectat uterque cinis.

(Moreri, art. Elpis; PL, t. 64, co. 1421)

On m'appelait Elpis. Mon enfance s'est écoulée sous le climat de la Sicile. L'amour que je portais à mon époux m'a fait quitter ma patrie. Loin de lui, le jour était triste, la nuit inquiète, l'heure pleine de larmes. Ensemble, nous étions non seulement une seule chair, mais un seul esprit. Mon flambeau ne s'éteint pas, puisque je laisse après moi un tel époux. En lui, je me survivrai dans la meilleure partie de moi-même. Je repose maintenant sous les portiques sacrés qui ont recueilli l'étrangère; j'ai comparu devant le trône du Juge éternel. Que nulle main n'ouvre mon sépulcre, excepté celle de mon époux, s'il lui plaît un jour d'unir ses ossements aux miens. Alors je serai la compagne du tombeau, comme je fus celle du lit nuptial : une même cendre unira ceux qui vécurent d'une même vie.

Veuf de sa première épouse tant aimée, Boèce dut, dans l'intérêt de sa famille, contracter une nouvelle alliance : il épousa Rusticiana, fille du sénateur Symmaque, la plus illustre des dames romaines de son temps, une fervente Chrétienne aussi. Comme la critique a contesté le premier mariage de Boèce, il n'y a qu'à la renvoyer aux oeuvres du philosophe lui-même qui devait bien savoir, lui, s'il avait été marié deux fois, et qui a écrit en toutes lettres, qu'il avait eu deux beaux-pères aussi illustres l'un que l'autre.

Il importe de connaître ce qu'était la maison de Symmaque pour nous faire l'idée du milieu dans lequel le prétendu philosophe païen de la critique contemporaine avait voulu fixer ses affections et sa vie. Rusticiana, la nouvelle épouse, avait deux soeurs Galla et Proba, qui toutes deux ont leur nom inscrit au catalogue des Saint (5/9 & 5/10). Symmaque lui-même est vénéré comme Martyr de la Foi chrétienne. Telle était donc la famille à laquelle s'allia Boèce. Qu'eut fait un philosophe païen, dans un tel milieu?

Si les alliances de Boèce furent chrétiennes, ses amitiés et ses amis ne le furent pas moins. Plaçons en première ligne, Cassiodore, chancelier de Théodoric, le futur Moine de la Calabre, et Ennodius, Evêque de Pavie. La critique contemporaine insinue que les lettres adressées par ces deux fervents Chrétiens à Boèce, ne laissent pas soupçonner le moindre sentiment de Foi chrétienne dans leur illustre correspondant. Voyons :

Clovis, conquérant de la Gaule, avait fait demander à Théodoric le Grand, roi d'Italie, un joueur de harpe capable de charmer les oreilles des Francs pendant les fêtes où l'on chantait la gloire des guerriers. Il fallait d'abord trouver un artiste. Théodoric confia le soin de le choisir au patrice Boèce. Or, voici ce qu'on lit dans la lettre que le roi lui fit adresser par Cassiodore, son chancelier : ".../... Nous aimons à parler du Divin 'Psalterium' véritablement tombé du ciel, dont les chants répétés dans tout l'univers, furent composés pour le Salut des âmes. Le véritable prodige que le monde doit admirer et, croire, c'est que la harpe de David mettait en fuite le démon et commandait aux puissances du mal. Trois fois aux sons de cette harpe, le roi Saül recouvra la plénitude de son esprit obsédé par l'ennemi intérieur. Les païens ont exprimé à leur manière que la musique est un don du ciel quand ils ont placé la lyre au nombre des constellations célestes… Mais c'est trop m'écarter de mon sujet. Quel que soit le plaisir que j'éprouve de m'entretenir de la doctrine avec les hommes compétents, je termine et recommande de nouveau à votre sagesse le choix d'un joueur de harpe."

Si Boèce avait été le philosophe païen, même tolérant, que l'on dit, n'aurait-ce pas été se moquer de lui que de lui parler des Psaumes que l'on chante dans tout l'univers, de la harpe de David, qui chasse le diable, de miracles etc? Ou Cassiodore ne savait pas ce qu'il écrivait et voulait adresser une injure écrite à Boèce, ou Boèce était Chrétien. Or, la preuve que Cassiodore savait ce qu'il faisait et ce qu'il écrivait à un Chrétien, c'est qu'il ajoute "qu'il y a du plaisir à parler de la doctrine avec les doctes." La doctrine dont il l'entretenait était toute chrétienne.

Quant à Ennodius, Evêque de Pavie, on demande pourquoi il ne loue jamais Boèce dans sa religion et ne le salue pas de la formule "Portez-vous bien dans le Christ", "Vale in Christo"?

Ecartons d'abord l'objection tirée de la formule "Vale in Christo". On a deux cent quatre-vingt-sept épîtres d'Ennodius, et cette formule loin de lui être familière ne se trouve que dans trois! A ce compte, le Pape de Rome auquel Ennodius écrivait sans l'employer n'aurait pas été Chrétien!

Pour ce qui est de la correspondance elle-même, son contenu prouve parfaitement que Boèce était Chrétien, ou du moins, on ne peut l'invoquer pour démontrer qu'il fut païen. Dans sa première lettre, Ennodius appelle Boèce le plus accompli, le plus correct des hommes - "emendatissime hominum." On conviendra que vis-à-vis d'un évêque, il eût manqué quelque chose aux perfections de Boèce, s'il n'avait pas professé une Foi, une doctrine communes. Après avoir loué ses talents, il eût saisi l'occasion d'apprendre au philosophe païen, qu'il lui manquait la science essentielle : celle de Jésus-Christ. - Dans uns autre lettre, Ennodius demande à Boèce la cession d'une maison que celui-ci possédait à Milan. Boèce l'accorde par charité à l'Evêque. Celui-ci n'eût pas demandé la charité à un païen pour une bonne oeuvre, et le païen se fût peu soucié de venir en aide à un Evêque. Dans cette même lettre, Ennodius prend Dieu à témoin de sa reconnaissance, et emploie la formule chrétienne : "Deo omnipotenti gratias", grâces au Dieu tout-puissant.
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