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 Saint Ronan de Kilmaronen; 1 - 14 juin

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Philippe Crévieaux



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Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 08/06/2006

MessageSujet: Saint Ronan de Kilmaronen; 1 - 14 juin   Dim 14 Juin - 12:28

SAINT RONAN (RUADAN, RUADHAN) DE KILMARONEN, ÉVÊQUE 7 février – 1 juin
Fête principale le 7 février. Saint Ronan, un Evêque écossais de Kilmaronen, a été identifié par erreur avec le Moine irlandais mentionné par le Vénérable Bède comme défenseur du calcul romain de la date de Pâque au Synode de Whitby. La Source Saint-Ronan à Innerleithen, Peeblesshire, fut popularisée par une des nouvelles de sir Walter Scott. D'après la tradition, Ronan vint dans la vallée et en chassa le diable. Cet évènement est rappelé annuellement à la fin des "Jeux de Saint Ronan", quand un écolier, recevant un bâton pastoral, est choisit pour représenter le Saint pendant qu'il "dérouille le diable."

ou

SAINT RUADAN (RONAN, RUMON, RUADHAN, RUAN) EN CORNOUAILLES (OU QUIMPER), ÉVÊQUE
Endormi au sixième siècle. Ordonné par Saint Patrick. Saint Ruadan était le protecteur de l'Abbaye de Tavistock dans le Devonshire, de même que de plusieurs endroits en Cornouailles et Bretagne. Il est renommé dans les traditions de Bretagne, où il s’endormit, et dans la région de Laon. Ruadan est enterré à Locronan. Tous les six ans, les fidèles font un pèlerinage processionnel le long d'une route de quinze kilomètres, suivant Ruadan dans sa mission. Le Saint de ce jour ne doit pas être confondu avec le Saint Ruadan irlandais.

Tous les six ans, un 'pardon' est célébré en l'honneur du Saint Ronan du sixième siècle. La Grande Tromenie a lieu le deuxième dimanche de juillet, et une procession massive suit la route (près de quinze kilomètres) derrière deux boeufs comme ceux qui, à la naissance céleste du Saint, furent autorisés à errer à leur guise de son lieu de départ céleste jusqu'au lieu de sépulture (la colline hors du village de Locronan). Après un office à l'église, près de quinze mille pèlerins gravissent la colline avec ses Reliques, les croix et autres mémoriaux.

ou

SAINT RONAN OU RENAN, EVEQUE EN IRLANDE ET SOLITAIRE EN BRETAGNE (+FIN 6°.S.)
Ronan, né en Irlande de parents devenus Chrétiens par les prédications de Saint Patrick, prit la résolution de quitter un pays où il se trouvait entouré de trop d'honneurs, et de se retirer dans les solitudes de l'Armorique. Il se fixa d'abord dans le lieu où se trouve aujourd'hui la ville de Saint-Renan-en-Léon, que les Bretons appellent Loc-Renan-Ar-Fang. Il y serait apparemment demeuré jusqu'à la fin de ses jours, si les miracles qu'il faisait n'eussent attiré la foule à sa cellule. Il passa donc le golfe de Brest et arriva dans la forêt de Coat-Neven dans le pays de Cornouailles.

Accablé de lassitude et affamé, il alla demander l'hospitalité à un bon paysan qui le reçut fort charitablement et fut même si touché des intentions de Saint Ronan, qu'il demanda à venir le voir quelquefois. Mais la femme du paysan trouva que son mari prolongeait trop ses visites à l'ermitage : elle alla trouver Saint Ronan et vomit contre lui toutes les injures que lui suggéra sa fureur, pour se venger du tort prétendu qu'il faisait à son ménage, en détournant son mari du travail.

La patience et le silence de Saint Ronan ne firent qu'irriter de plus en plus cette femme furieuse; elle entra dans une espèce de rage contre le serviteur de Dieu et fit courir le bruit dans le voisinage qu'il était magicien, et qu'il voulait débaucher son mari pour lui apprendre cet art diabolique. Ses calomnies firent impression sur quelques personnes simplettes qui commencèrent à ne plus regarder Saint Ronan qu'avec horreur.

Mais Keban (c'est le nom de cette malheureuse femme), voyant que les personnes les plus raisonnables continuaient d'honorer Saint Ronan, et détruisaient les calomnies atroces qu'elle publiait contre lui, s'avisa d'une méchanceté des plus noires. Elle cacha dans un coffre une fille qu'elle avait, de l'âge de quatre à cinq ans, et se plaignit à tout le monde que Ronan, se transformant, quand il voulait, en bête, et courant le pays, était le loup qui avait dévoré les bestiaux qu'on avait perdus, et qu'elle, plus malheureuse que les autres, parce qu'elle en était la plus haïe, avait perdu sa fille unique, que cet homme abominable avait dévorée. Devenue plus effrontée, quand elle s'aperçut qu'on était ému par ses discours, elle alla d'abord à l'ermitage du Saint, avec plusieurs autres femmes, lui demander sa fille avec des hurlements effroyables; et puis, suivie de la même compagnie, dont la présence l'animait, elle eut l'impudence d'aller à Quimper se jeter aux pieds du roi Grallon, et lui demander justice contre Renan, qui aurait dévoré son enfant, et rendu son mari sorcier comme lui. Elle répandait tant de larmes et ses transports étaient si violents, qu'il était difficile de n'être pas séduit par ses paroles, et de ne pas croire que c'était la nature même qui parlait.

Grallon y fut trompé, aussi bien que la plupart des seigneurs de sa cour; et ayant horreur d'un crime si énorme, il envoya sur-le-champ chercher Saint Ronan, qui vint aussitôt. Grallon, sa laissant aller à l'impétuosité de sa passion, et ne consultant que la dureté de son zèle, ne voulut point se donner la peine d'approfondir l'accusation."J'ai", dit-il, "deux dogues furieux qui me feront connaître si cet homme est innocent; qu'on les lâche contre lui, et que la sainteté de sa vie le sauve, s'il n'est point coupable." Les chiens fondirent sur Ronan pour le dévorer. Le Saint levant la main et faisant le Signe de la croix, dit : "Que le Seigneur vous arrête." Aussitôt l'un et l'autre, adoucis, vinrent flatter et caresser Ronan; ce qui fit rentrer Grallon en lui-même. Il reconnut la faute que sa précipitation lui avait fait commettre, et donna tout loisir à Ronan de se justifier.

Il le fit, parce qu'il y allait de la gloire de Dieu, et découvrit publiquement la méchanceté de Keban. Il dit où elle avait caché sa fille, et avertit en même temps qu'elle y était morte, pour n'y avoir pas eu la respiration libre. La chose fut reconnue vraie par les officiers que le prince envoya sur les lieux, et Keban ne pouvait éviter d'être lapidée ou brûlée sur-le-champ, tant l'indignation publique fut grande contre elle, si la charité de Ronan ne l'avait délivrée du péril. Il fit même plus, et pour se venger en vrai Chrétien, en rendant le bien pour le mal, il ressuscita, en présence de tout le monde, la fille de l'ennemie de Dieu.

La suite de l'histoire de Saint Ronan est restée dans l'ombre. Son corps fut enseveli au lieu de son second ermitage qui prit le nom de Loc-Renan-Ar-Coat-Nevent. La piété du comte de Cornouailles y éleva dans la suite une très belle église: la dévotion et le concours du peuple ont formé à l'entours un bourg considérable. Une partie de ses Reliques est longtemps demeurée dans cette église, qui ne possède plus que deux de ses côtes; mais la plus considérable fut transférée depuis dans la cathédrale de Quimper, qui les a perdues pendant la révolution.
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