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 Saint Boniface Illuminateur de Germanie; 5 -18 juin

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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Saint Boniface Illuminateur de Germanie; 5 -18 juin   Mer 17 Juin - 22:46

19 décembre (Orient orthodoxe) – 5 juin (Occident orthodoxe)
SAINT BONIFACE DE FULDA & MAYENCE, ILLUMINATEUR DE GERMANIE
Boniface, (680-755), est un Saint et Martyr anglais. Il est fêté le 5 juin par l'Occident orthodoxe et le 19 décembre par l'Orient orthodoxe.

Surnommé l' "Apôtre et Illuminateur de Germanie", il est né Winfrid à Crediton dans le Devonshire. Il était d'une bonne famille, et ce fut un peu contre les souhaits de son père qu'il se dévoua à un jeune âge à la vie monastique. Il reçut son apprentissage théologique dans les monastères d'Exeter et Nutcell, et c'est à l'âge de trente ans qu'il devint Prêtre.

En 715 il fit une expédition missionnaire en Frise, afin d'être capable de convertir les païens du nord de l'Europe en prêchant dans leur langue, sa propre langue anglo-saxonne étant similaire au frison, mais ses efforts furent frustrés par la guerre qui était alors menée entre Charles Martel et Radbod, roi des Frisons. En 718, Boniface visita Rome et fut envoyé en mission par le Pape Grégoire II pour réorganiser l'Église en Allemagne et y évangéliser les païens. Pendant cinq ans, il parcourut la Thuringe, la Hesse et la Frise puis retourna à Rome pour rapporter son succès. Pendant cette visite le Pape fit de lui un Evêque. Il retourna en Allemagne, et armé des pleins pouvoirs du Pape, baptisa des milliers de païens. Il traita également les problèmes de nombreux Chrétiens qui avaient perdu le contact avec la hiérarchie de l'Église.

Après un autre visite à Rome, en 738, il continua par la Bavière, et y fonda les évêchés de Salzburg, Ratisbonne, Freising et Passau. En 742, un de ses principaux disciples, Sturm, fonda l'Abbaye de Fulda, pas très loin de la mission de Fritzlar, créée par Boniface. Bien que Sturm en fut le fondateur, Boniface s'y impliqua beaucoup. Le financement initial de l'abbaye fut signé par Carloman, le fils de Charles Martel. Le soutien des maires du palais et plus tard des premiers Pippinides et rois Carolingiens fut important pour le succès de Boniface. Boniface réussit néanmoins à trouver un équilibre entre leur aide et celle de la papauté et des gouverneurs Agilolfing de Bavière et à conserver une certaine indépendance.

Après son retour de mission en Bavière, Boniface reprit ses missions en Allemagne, où il fonda les diocèses de Würzburg, Erfurt et Buraburg. En nommant ses propres disciples comme Evêques, il fut en mesure de garder une certaine indépendance vis à vis du pouvoir des Carolingiens. Il organisa aussi des synodes provinciaux dans l'Église franque, et maintint des relations, quelquefois troublées, avec le roi des Francs Pépin, qu'il a peut-être couronné à Soissons en 751.

Il ne renonça jamais à son espoir de convertir les Frisons et, en 755, il en baptisa un grand nombre et ordonna une réunion générale près de Dokkum, entre Franeker et Groningue. Cependant, à la place de ses convertis, apparut une foule de païens armés, qui tombèrent sur l'Evêque âgé et le massacrèrent.

ou

Notre Saint père Boniface, appelé d'abord Wynfrid, naquit vers 672 près d'Exeter, à l'extrémité occidentale du Wessex, l'un des royaumes de l'Heptarchie anglo-saxonne. Dès son plus jeune âge il montra des penchants pour la vie monastique et, à sept ans, entra au Monastère, d'abord à Exeter puis à Nursling, pour y être instruit tant dans les lettres sacrées que dans les sciences profanes. A l'issue de brillantes études il fut nommé professeur, mais l'enseignement de la grammaire et de la rhétorique n'avait pour lui d'autre but que de préparer à la compréhension de l'Ecriture Sainte. Moine accompli, il montrait aussi un zèle ardent pour la prédication et rêvait de suivre l'exemple des Saints Moines irlandais qui avaient quitté leur patrie pour pérégriner et prêcher la Bonne Nouvelle aux païens.

Quelque temps après son Ordination Sacerdotale (716) il quitta le Monastère de Nursling avec trois compagnons pour se joindre à la mission de Saint Willibrord en Frise, qui rencontrait de nombreux obstacles, et où l'Evêque avait été contraint de se retirer dans son Monastère devant la réaction païenne suscitée par la mort de Pépin d'Héristal. Les nouveaux Missionnaires se heurtèrent aux mêmes difficultés et durent bientôt rentrer dans leur Monastère en Angleterre, où les frères accueillirent chaleureusement Wynfrid et lui proposèrent de succéder à l'Abbé récemment né au Ciel. Grâce à l'appui de l'Evêque de Winchester, le Saint put se dégager de cette obligation et préparer une nouvelle mission, en faisant au préalable un pèlerinage à Rome (718). Le Pape Grégoire II reçut avec honneur et, désireux de poursuivre l’œuvre missionnaire de son glorieux homonyme, Grégoire Ier il lui remit une lettre d'investiture pour l'évangélisation de tous les peuples païens de Germanie, en dépendance du siège romain* et pour marquer cette allégeance il changea son nom en celui de Boniface (719).
* Cet aspect de l'œuvre de St. Boniface pourrait être l'objet des mêmes réserves du point de vue de l'Ecclésiologie Orthodoxe que pour St. Augustin de Cantorbéry (cf 26 mai) et St. Wilfrid (cf. 24 av.).

Après avoir rapidement traversé la Bavière et la Thuringe le Saint se dirigea de nouveau vers la Frise, où Saint Willibrord avait pu regagner son siège d'Utrecht. Pendant trois ans il aida le vieillard à restaurer le Christianisme dans cette contrée; mais lorsque Willibrord lui proposa de le faire consacrer Evêque pour lui succéder, il lui répondit qu'il avait reçu mission d'évangéliser tous les peuples barbares et qu'il était temps pour lui de se tourner vers les contrées de Germanie encore peu christianisées. Il s'enfonça donc vers l'intérieur des terres, dans des régions sous domination franque mais encore largement païennes. En Hesse, il commença par fonder un Monastère à Amöneburg, lequel devint un pôle d'attraction et un centre de formation des Missionnaires. Lorsque le Pape apprit les succès de Boniface, il le convoqua à Rome et le consacra Evêque, sans attribution de diocèse, directement sous l'autorité du siège romain (722). De retour en Hesse, il reprit ses tournées missionnaires et remporta une éclatante victoire sur le paganisme en abattant un chêne consacré au dieu Thor, que les idolâtres vénéraient comme soutenant la voûte du ciel. En le voyant agir la foule en fureur s'était ruée sur lui, mais l'arbre se plia soudain sous une main invisible et vint s'abattre en quatre tronçons aux pieds du Saint Boniface utilisa le bois de l'arbre sacré pour construire une église, auprès de laquelle il fonda le Monastère de Fritzlar.

Les conversions se multipliant, le Saint laissa ses disciples poursuivre son oeuvre et passa en Thuringe (724), où il débuta également sa mission par la fondation d'un Monastère masculin à Ohrdruf, près de Gotha, et de plusieurs couvents féminins. Pour organiser ces nouvelles communautés sur les fondements traditionnels, il fit appel à des Moines et des Moniales venus d'Angleterre* qui répandirent dans ces régions non seulement la douceur des mœurs évangéliques mais aussi les lumières de la civilisation.
* Cf en particulier la notice de Ste Walburge, au 25 fév

Ayant reçu du Pape Grégoire III (731) la dignité d'Archevêque et le pallium [=omophore], l'infatigable Apôtre dirigea ses entreprises vers la Bavière, la plus vaste contrée de Germanie, qui avait été évangélisée depuis longtemps par de valeureux Missionnaires, mais était encore dépourvue d'organisation ecclésiastique stable. Il y installa quatre Evêques: à Salzbourg, Freysing, Ratisbonne et Pasau, puis retourna à Rome pour présenter au Pape les résultats de sa mission et recevoir ses directives. De retour en Germanie, muni de Saintes Reliques et de lettres de recommandations du Pape, il installa des Evêques en Hesse et en Thuringe; la tâche s'avérait plus difficile qu'en Bavière, car ces contrées n'avaient pas hérité l'organisation administrative romaine et ne comportaient pas de véritables villes pouvant servir d'Evêchés (741). Une fois accomplie cette mission, au terme de vingt années de labeurs, il put présenter à l'approbation du nouveau Pape Zacharie l'organisation de la nouvelle Eglise. Pour sceller cette oeuvre le Saint décida de fonder au centre des quatre pays qu'il avait évangélisés : la Frise, la Hesse, la Thuringe et la Bavière, un grand Monastère qui symboliserait l'unité de l'Eglise de Germanie et qui puisse lui servir de résidence. Après de longues recherches, son disciple Strum trouva l'endroit propice, dans une forêt épaisse traversée par la rivière Fulda, laquelle donna son nom à la nouvelle fondation. Chaque année Saint Boniface venait s'y reposer et instruire dans les traditions monastiques la communauté, qui atteignit le nombre de quatre cents Moines à la naissance au Ciel du Saint.

Malgré son âge et son désir de retraite monastique, Saint Boniface n'avait pourtant pas cessé ses activités. En 743 il participa à un grand concile germanique réuni, pour la première fois, par le maire du palais d'Austrasie Carloman, en vue de régler les nombreux problèmes suscités dans l'Eglise franque par les réformes de Charles Martel et les luttes entre les clans aristocratiques. Ces troubles dans l'organisation ecclésiastique avaient ouvert la voie à une résurgence du paganisme et à l'influence de nombreux charlatans qui exploitaient la crédulité du peuple. On y confirma l'autorité des Evêques qui, soumis à Saint Boniface, devaient veiller à la réforme de leur clergé, à l'observance des Saintes Traditions et à la lutte contre les superstitions. Une partie des biens ecclésiastiques accaparés par les nobles fut restituée et on déposa les prélats indignes. Cette réforme s'étendit à l'ensemble de l'Eglise franque et fut confirmée au concile de Soissons, en 744. Boniface souhaitait achever cette oeuvre d'unification de l'Eglise franque en installant son siège à Cologne, mais les résistances d'une partie du clergé et des princes francs ayant empêché la réalisation de ce projet, il reçut le siège de Mayence (747); l'Alsace, l'Alémanie et la région de Trèves restant organisées selon d'autres principes, avec une plus grande indépendance à l'égard de Rome, tandis que la Saxe demeurait obstinément attachée aux moeurs barbares.

Carloman ayant abdiqué pour devenir Moine au Mont Cassin, Saint Boniface couronna son frère, Pépin le Bref, à Soissons, inaugurant ainsi le début de la dynastie carolingienne (751). Avec les ans son ardeur apostolique ne s'était pas éteinte et il projetait toujours d'aller poursuivre l'évangélisation de l'irréductible Frise. Ayant placé son disciple le plus cher, Lull, pour lui succéder sur le siège de Mayence, il fit ses adieux à ses amis et, prenant de manière prophétique un linceul dans ses bagages, il s'embarqua sur le Rhin. Après avoir passé l'hiver à Utrecht, dans un monastère dirigé par un de ses disciples, Grégoire, dès le début du printemps il entreprit sa mission vers les régions les plus septentrionales du pays. Assez bien reçu par la population, les Missionnaires baptisèrent un certain nombre de païens. Mais, le 5 juin 754, alors qu'ils se préparaient à procéder à leur confirmation, une troupe armée et hurlante se rua sur leur campement. Les serviteurs et les compagnons du Saint tentèrent de prendre les armes pour résister, mais Boniface se plaça au fort de la mêlée et, exhortant les siens à ne pas rendre le mal pour le mal, il s'écria : "Il est enfin arrivé ce jour tant désiré. Le temps fixé pour notre délivrance approche, réconfortons-nous donc dans le Seigneur, acceptons sa décision en lui rendant grâce, ayez confiance en Lui. Il a déjà délivré vos âmes!" La rage des barbares n'en fut que redoublée.

L'un d'eux brandit son épée et, tranchant le manuscrit que le Saint avait levé pour se protéger, il lui fendit le crâne. Ils massacrèrent cinquante-deux de ses compagnons et lacérèrent à coups d'épée et de hache les reliquaires et les livres que les Missionnaires avaient pour seul trésor.
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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Saint Boniface Illuminateur de Germanie; 5 -18 juin   Mer 17 Juin - 22:47

Des Chrétiens vinrent ensuite recueillir leurs restes, et la dépouille mortelle de Saint Boniface fut transportée à Mayence, puis de là, conformément aux instructions du Saint, à Fulda, qui devint un centre de pèlerinage et le symbole de l'unité de l'Eglise en Germanie.

ou

Saint Boniface, appelé d'abord Winfrid, naquit à Kirton, dans le Devonshire, de parents considérables, et qui eurent un grand soin de son éducation. Dès l'age de cinq ans, ayant vu dans la maison paternelle quelques Moines qui faisaient des missions dans le pays, il demanda à les suivre dans leur monastère; toutefois, son père, prenant ses souhaits pour des fantaisies d'enfant, lui refusa absolument ce qu'il demandait. Mais il eut beau faire, l'aspiration à la vie monastique croissait dans le coeur de son fils, et, comme il s'y opposait, il tomba dangereusement malade; il y vit un signe de la volonté de Dieu, et permit à Winfrid de suivre sa vocation. Notre Saint passa treize ans dans le Monastère d'Adesean-Castre, aujourd'hui Exeter, qui était sous la conduite d'un Saint Abbé nommé Wolphard. Il passa ensuite dans l'Abbaye de Nutcell, dont le vénérable Winbert était Abbé; il n'y fit pas un moindre progrès dans les lettres humaines que dans la vertu.

Après avoir été écolier, il devint maître, et enseigna aux autres ce qu'il avait appris avec tant de soin. Beaucoup d'élèves, de couvents éloignés, accouraient à ses leçons. A l'age de trente ans, il fut ordonné Prêtre. Peu de temps après, le roi Ina et le clergé, réunis dans un synode, le chargèrent d'une ambassade auprès de Britkwald, Archevêque de Canterbury, qui devait approuver les décisions de ce synode; il s'acquitta de cette négociation avec tant d'habilité et de prudence, qu'il jouit dès lors de la plus grande considération; on l'invitait à presque tous les synodes.

Mais Winfrid était destiné par la Providence à une plus grande mission. La Grande-Bretagne travailla pendant un siècle à christianiser la Germanie : notre Saint devait achever cette sainte entreprise et organiser définitivement l'Eglise chez les peuples germaniques. Il vint d'abord dans la Frise, et s'avança jusqu'à Utrecht, la capitale de ce pays; mais le roi Radbod, qui persécutait le Christianisme, rendit inutiles tous les efforts de l'Apôtre. Il fut obligé de revenir en Angleterre, où on le nomma Abbé de son monastère.

Après un séjour de deux ans (718), il résolut de recommencer son apostolat. Muni de lettres de recommandation de son Evêque, le sage Daniel, de Winchester, il partit pour Rome, afin de recevoir l'appui du Pape romain. Grégoire II, après avoir éprouvé sa Foi, sa vertu et la pureté de ses intentions, l'encouragea par de sages conseils et confirma sa mission, le 15 mai 719. Il lui donna aussi des Saintes Reliques et des lettres de recommandation pour les souverains christianisés qui se trouveraient sur sa route.

Comblé de faveurs et muni d'utiles recommandations, le Saint partit de Rome; et, après avoir visité en passant Luitprand, roi des Lombards, qui lui fit très bon accueil, il entra en Germaine, et alla jusqu'en Thuringe, où il séjourna quelque temps, exhortant les princes et les notables de la province à embrasser la Foi de Jésus-Christ. Il y réforma aussi quelques Prêtres qui s'étaient abandonnés à plusieurs dérèglements. Mais ayant entendu dire que Radbod, roi des Frisons et ennemi juré de la Foi chrétienne, était mort, il monta sur un bateau pour passer en Frise; et, y étant arrivé, il travailla glorieusement à la conversion des infidèles.

Il obéissait, en tous ses travaux, à Saint Willibrod, Archevêque d'Utrecht. Celui-ci voulait l'avoir pour coadjuteur et comme successeur mais le Saint refusa cette dignité, disant qu'il devait évangéliser les idolâtres de toute la Germanie. Après être resté trois ans dans la Frise, il parcourut de nouveau la Thuringe et la Hesse, que les armes de Charles-Martel lui avaient ouvertes, en délivrant les deux pays des Saxons. Il fonda le couvent de Hamelbourg, sur la Saale.

Ensuite, il envoya au Pape Grégoire un de ses disciples et de ses associés, pour lui annoncer les progrès de l'Evangile, et pour lui demander conseil sur quelques difficultés touchant la discipline ecclésiastique, et sur la manière dont il se devait comporter avec les nouveaux convertis. Le Pape de Rome lui répondit article par article; mais voulant être plus amplement informé du succès de cette grande mission, il lui manda de le venir trouver à Rome. Winfrid s'y rendit aussitôt, et lui fit connaître de vive voix ce qu'il lui avait mandé dans ses lettres. Il lui donna aussi, par écrit, sa profession de Foi; après quoi Winfrid y fut consacré Evêque régionnaire, le 30 novembre 723. De plus, il lui changea le nom de Winfrid, qu'il avait porté jusqu'alors, en celui de Boniface, et lui fit présent d'un livre contenant les règles et les institutions canoniques et des ordonnances, tirées des Saints Conciles. Il lui mit encore entre les mains des lettres, non seulement pour Charles-Martel, qui gouvernait alors le royaume des Francs, mais aussi pour les ecclésiastiques et les princes de Germanie; il exhortait les uns à le favoriser et à le secourir dans ses besoins, et les autres à la persévérance dans la Foi chrétienne. Il y en avait aussi pour le peuple de Thuringe, où il l'instruisait de quelques points de la Foi et lui recommandait de rendre toute sorte d'obéissance à Boniface, son père Evêque, et de le recevoir comme celui qui lui était envoyé, non pas pour profiter de ses biens temporels, mais pour gagner les âmes à Jésus-Christ. Il n'y eut pas même jusqu'aux Saxons nouvellement convertis que ce vigilant Pape n'honorât d'une lettre, pour les exhorter à demeurer constants dans la Foi qu'ils venaient d'embrasser.

Boniface étant muni de ces lettres et recommandations, s'en vint en Austrasie pour présenter les lettres du Pape à Charles-Martel, qui lui en donna en même temps d'autres de faveur et de protection pour les souverains de Germanie. Cependant, avec toutes ces puissantes recommandations, il ne manqua pas de difficultés dans l'exécution de ses desseins, particulièrement lorsqu'il prêcha aux Hessois et aux Goths qui étaient extrêmement attachés aux superstitions du paganisme : il osa entreprendre d'abattre le principal sanctuaire païen de la contrée : c'était le chêne de Thor ou du Tonnerre, arbre gigantesque, près du village de Geismar. Les idolâtres menaçaient Boniface de le massacrer; mais le chêne s'étant fendu en quatre, et étant tombé au premier coup de cognée qu'il lui donna, ils en furent si épouvantés, que, plusieurs ouvrant les yeux à la lumière de l'Evangile, se convertirent à la Foi. A la suite de ce miracle, il fit bâtir, dans le même endroit, du bois même de cet arbre, une petite chapelle qu'il consacra en l'honneur du prince des Apôtres, et ce fut la première église de ces pays.
Saint Boniface, vivant ainsi parmi les païens et les infidèles, souffrait de grandes nécessités; mais Dieu suscita plusieurs bonnes personnes pour le secourir; de plus, ses amis et ses compatriotes en étant informés, firent leur possible pour l'assister : les uns lui envoyant des habits, d'autres des provisions pour sa nourriture, et d'autres des livres et des lettres pleines de consolation. Daniel, Evêque de Winchester, dont nous avons déjà parlé, lui envoya une brève instruction pour convaincre les païens de leurs erreurs et de la vanité de leurs faux dieux. L'Abbesse Eadburge, parente du roi de Kent, lui fit aussi présent de quelques livres sacrés pour l'instruction des peuples, particulièrement des Epîtres de Saint Pierre, écrites en lettres d'or, que le Saint lui avait demandées avec instance. Enfin, Dieu même pourvut à ses nécessités par des moyens extraordinaires. Un jour, qu'après avoir dédié une église à saint Michel, auprès du fleuve d'Oraha, et avoir été consolé par une vision de cet Archange, il n'avait rien pour son dîner, un grand oiseau, volant au-dessus de sa table, y laissa tomber un fort beau poisson; il en fit sa réfection, en remerciant la divine Bonté d'une faveur si miraculeuse. Comme il travaillait sans relâche à la vigne du Seigneur, les fruits de sa mission s'augmentèrent tellement de jour en jour, qu'il fut contraint de faire venir d'Angleterre plusieurs nouveaux ouvriers: il les nomma recteurs des églises qu'il avait fait bâtir.

On vit sortir aussi des couvents de la Grande-Bretagne un essaim de veuves et de Vierges, mères, soeurs, parentes des Missionnaires, jalouses de partager leurs vertus et leurs périls. Chunihild et Berathgit, sa fille, s'arrêtèrent en Thuringe. Chunidrat fut envoyée en Bavière; Thecla demeura à Kitzingen, sur le Mein. Lioba, "belle comme les Anges, ravissante dans ses discours, savante dans les Ecritures et les Saints Canons", gouverna l'Abbaye de Bischofsheim. Les farouches Germains, qui autrefois aimaient le sang et se mêlaient aux batailles, venaient maintenant s'agenouiller au pied de ces douces maîtresses. Le silence et l'humilité ont caché leurs travaux aux regards du monde; mais l'histoire marque leur place aux origines de la civilisation germanique : la providence a mis des femmes auprès de tous ces berceaux. (Ozanam, "Etudes germaniques")

Au bout de quelques années, l'Apôtre comptait cent milles converties. Tandis que Saint Boniface était occupé en Germanie, non seulement à prêcher aux infidèles, mais aussi à corriger les moeurs déréglées des néo-Chrétiens de Thuringe, qui, par la négligence des pasteurs, commençaient à chanceler en la Foi, Grégoire II passa de cette vie à une meilleure, et Grégoire III fut élu en sa place pour remplir le siège patriarcal de Rome. Notre Saint envoya à Rome des délégués pour rendre ses respects au nouveau Patriarche d'Occident; et il le consulta, par le même moyen, sur quelques doutes qui concernaient sa mission. Le Pontife romain lui fit une réponse très favorable, et lui accorda même le pallium [=omophore] pour marque de sa dignité archiépiscopale, et lui permettant ainsi de créer de nouveaux Evêques, selon qu'il le jugerait plus nécessaire pour le progrès de la diffusion de la Foi.

L'an 738, il vint effectuer un troisième pèlerinage aux tombeaux des Saints Apôtres Pierre et Paul. Il en profita pour s'entretenir avec l'Evêque de Rome sur plusieurs articles importants pour le Salut des âmes. Il reçut un très bon accueil, et pareil à celui que ses prédécesseurs avaient fait autrefois à Saint Athanase, à Saint Epiphane et à d'autres grands personnages qui avaient bien servi l'Eglise. A son départ, il lui donna plusieurs Reliques qu'il lui avait demandées; il lui donna aussi Wilibaud, Moines anglais du Mont-Cassin, pour l'aider dans ses fonctions apostoliques. Boniface se dirigea vers la ville de Pavie, tant pour visiter Luitprand, roi des Lombards, que pour y vénérer les Saintes Reliques de Saint Augustin d'Hippone, apportées depuis quelques années de l'lle de Sardaigne, par les soins de ce prince.

Il passa ensuite en Bavière; après avoir délivré la province de plusieurs faux ministres, qui usurpaient l'office des Prêtres, et de quelques autres qui se disaient Evêques, il érigea trois évêchés : celui de Salzbourg, celui de Freisingen et celui de Ratisbonne, ou aussi celui de Passau qui était déjà établi. Il en avertit le pontife Romain, qui approuva, avec ce bel éloge : qu'après Dieu, la conversion de cent milles païens lui était due, à lui et à Charles-Martel, prince des Francs, qui l'avait beaucoup assisté dans cette entreprise.

L'an 742, il assembla, à la demande de Grégoire III, le Concile de Germanie, dans lequel il fit faire plusieurs saints décrets pour l'heureux établissement de ces nouvelles églises. Il présida, en 744, le Concile de Soissons, où l'on rétablit l'autorité des Métropolitains, ébranlée en quelques endroits. Il présida encore d'autres conciles. Il était puissamment soutenu par Carloman et Pépin, qui avaient succédé à Charles-Martel leur père, en 741. Dans l'année 744, il posa les bases du couvent de Fulda, ce grand monastère qui fut pour la Germanie centrale ce que furent le Mont-Cassin pour l'Italie, Saint-Gall pour la Germanie méridionale, la nouvelle
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MessageSujet: Re: Saint Boniface Illuminateur de Germanie; 5 -18 juin   Mer 17 Juin - 22:47

Corbie pour la Saxe et le nord de la Germanie.

Gewilied, Evêque de Mayence, ayant été déposé, le Pape de Rome Zacharie fit nommer Boniface Archevêque de Mayence. Il devenait ainsi le Métropolite, Primat de toute la Germanie (747), et des certains diocèses se trouvant actuellement en France et Belgique. En cette qualité il sacra, à Soissons, en 752, roi des Francs, Pépin le Bref, tige de nos rois appelés Carlolingiens, à cause de Charlemagne, fils aîné de ce prince, comme la première s'appelait des Mérovingiens, à cause de Mérovée, fils de Pharamond.

Enfin, Dieu voulant récompenser les illustres travaux de Son serviteur par la couronne du martyre, lui donna l'inspiration de retourner en Frise, où le peuple, qu'il avait converti plusieurs années auparavant, s'était replongé dans l'idolâtrie. Il demanda conseil au Pape de Rome, qui l'autorisa à quitter sa métropole pour reprendre la mission en Frise. Ensuite il écrivit à Fulrade, Abbé de Saint-Denis, premier aumônier du roi, afin qu'il suppliât Pépin de l'assister de son autorité dans cette entreprise, et de secourir aussi ses disciples qui étaient dans la dernière indigence. Enfin, ayant ordonné en sa place un Saint Prêtre appelé Lulle, selon son pouvoir de Métropolite, et l'ayant prié d'avoir soin, quand il aurait reçu les nouvelles de sa mort, de retirer son corps pour le faire inhumer, il partit de Mayence et s'embarqua sur le Rhin, avec Eoban, Evêque, trois Diacres et quatre Moines. Ils arrivèrent tous heureusement en Frise où ils baptisèrent en peu de jours plusieurs milliers de personnes.

Un jour, le 5 juin, le pavillon de l'Archevêque avait été dressé près de Dockum, au bord de la Burda, qui sépare les Frisons orientaux et les occidentaux. L'autel était prêt et les vases sacrés disposés pour le Sacrifice non Sanglant, car une grande multitude était convoquée pour recevoir l'imposition des mains. Après le lever du soleil, une nuée de barbares, armés de lances et de boucliers, parut dans la plaine et vint fondre sur le camp. Les serviteurs coururent aux armes et se préparèrent à défendre militairement leurs maîtres. Mais l'homme de Dieu, au premier tumulte de l'attaque, sortit de sa tente entouré de ses clercs et portant les saintes reliques, qui ne le quittaient point : "Cessez ce combat, mes enfants!" s'écria-t-il; "souvenez-vous que l'Ecriture nous apprend à rendre le bien pour le mal. Car ce jour est celui que j'ai désiré longtemps, et l'heure de notre délivrance est venue. Soyez forts dans le Seigneur, espérez en lui, et il sauvera vos âmes." Puis, se retournant vers les Prêtres, les Diacres et les autres clercs, il leur dit ces paroles : "Frères, soyez fermes, et ne craignez point ceux qui ne peuvent rien sur l'âme; mais réjouissez-vous en Dieu, qui vous prépare une demeure dans la cité des Anges. Ne regrettez pas les vaines joies du monde, mais traversez courageusement ce court passage de la mort, qui sous mène à un royaume éternel." Aussitôt une bande furieuse de barbares les enveloppa, égorgea les serviteurs de Dieu, et se précipita dans les tentes, où, au lieu d'or et d'argent, ils ne trouvèrent que des reliques, des livres, et le vin réservé pour le l’Eucharistie. Irrités de la stérilité du pillage, ils s'enivrèrent, ils se querellèrent et se tuèrent entre eux. Les Chrétiens, se levant en armes de toutes parts, exterminèrent ce qui était resté de ces misérables.

En rendant son âme à Dieu, Saint Boniface tenait le livre des Evangiles entre les mains : ces infidèles le percèrent d'un coup d'épée; mais ils n'en coupèrent pas une seule lettre : ce qui ne se put faire sans miracle.

Son corps fut d'abord porté à Maastricht, ensuite à Mayence, et, de là, il fut solennellement transféré au Monastère de Fulda, comme il l'avait ordonné. Il a fait, depuis, beaucoup de miracles, que l'on peut voir dans ses actes. (l'église collégiale de Saint-Quentin, dans l'Aisne, possède une partie du chef de Saint Boniface.)

Nous ne voulons pas omettre ici un très bel apophthegme qui est attribué à ce Saint Apôtre et Martyr, au Concile de Tivoli. Faisant allusion à la mauvaise vie de quelques Prêtres de son temps, il disait: "Qu'autrefois les Prêtres étaient d'or, et se servaient de calices de bois; mais qu'alors ils étaient de bois, et se servaient de calices d'or."

Dans l’iconographie, on peint Saint Boniface tenant un livre qui est traversé par une épée. Comme cette épée n'endommagea pas le texte sacré, les tailleurs qui ont besoin d'avoir le coup de ciseaux sûr et adroit, ont choisi Saint Boniface pour leur protecteur.

Écrits de Saint Boniface.

Nous avons de saint Boniface : 1° des Lettres; 2° des Sermons; 3° une Grammaire latine; 4° un grand Poème. - On lui attribue aussi une Copie des Evangiles : Ce volume est écrit sur parchemin, in-12, en caractères courants de Saxe. Des lettres en or qui se trouvent sur la dernière page et qui sont d'une date plus récente, disent formellement que ce livre est de la main même de Saint Boniface. Il est conservé dans la bibliothèque publique de Fulda.
Serrarius publia, en 1605, un recueil de lettres du Saint Boniface; mais de cent cinquante-deux lettres que contient ce recueil, il n'y en a que trente-neuf qui soient du Saint; les autres lui ont été adressées par des Papes de Rome et des Evêques, des princes, etc. On voit par les épîtres de Saint Boniface, qu'il ne se proposait en tout que la gloire de Dieu.

D. Martène et D. Durant ont publié un grand nombre de lettres du Saint qui sont fort curieuses, et qui n'avaient jamais été imprimées (Thesaur. anecdot., t. 9). Ils ont donné aussi (ibid.) dix-neuf homélies du même auteur. Voici ce qui est dit dans la quatrième, de la nécessité de la confession : "Si nous cachons nos péchés, Dieu les découvrira publiquement malgré nous. Il vaut mieux les confesser à un homme, que de s'exposer à être couvert de confusion à la vue de tous les habitants du Ciel, de la terre et de l'enfer." On trouve, dans le "Spicilège" d'Achéry, tome 9, un recueil de Canons que Saint Boniface avait faits pour la conduite de son clergé. Il y a un sermon du même Saint sur la "renonciation qui se fait au Baptême", dans le "Thesaurus anecdotorum novissimus", que D. Bernard Pez publia à Augsbourg en 1729. (tome 3)

Le style de Saint Boniface est clair, grave et simple; ses pensées sont justes et solides. On remarque dans tous ses écrits beaucoup d'onction et un esprit vraiment apostolique. Toutes ses lettres sont en latin, quoique, selon les plus habiles antiquaires, la langue anglo-saxonne fût si semblable à celle de la plupart des peuples de Germanie, que les missionnaires de ce pays n'avaient pas besoin d'interprètes pour se faire entendre.

Sa Vie a été écrite d'abord par Saint Willibaud, un de ses disciples, et ensuite par Othon, Prêtre de Mayence, à la prière des Moines de Fulda. Le premier se trouve dans Baronius au tome 9 de ses "Annales", et tous les 2 sont chez le Chartreux Laurent Surius. On peut lire aussi : "Boniface, Apôtre des Allemands, sa vie, ses oeuvres", par J-Ch-A. Selters, Prêtre romain de Goettingen, Mayence, 1845. - Cf. Ozanam, "Etudes germaniques".
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Saint Boniface Illuminateur de Germanie; 5 -18 juin
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