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 Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin

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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:36

21 - 23 novembre - 9 juin (repos) - 17 juin (translation)
SAINT PERE THEOPHORE COLOMBAN D'IONA EN IRLANDE, FONDATEUR DE L'ABBAYE DE LUXEUIL EN FRANCE, ET BOBBIO EN ITALIE
Né dans le West Leinster, Irlande vers 530-543; endormi le 23 Novembre 615. Récemment convertie au Christianisme par Saint Patrick et ses disciples, l'Irlande connue au sixième siècle une floraison abondante de sainteté : les Moines se réunissaient par milliers pour s'offrir au Martyre volontaire de l'Ascèse dans des grands regroupements monastiques semblables aux vastes concentrations de Moines d'Egypte, de Syrie et de Palestine. Leur amour ardent de Dieu lié à un caractère fougueux leur faisait accomplir d'extraordinaires exploits dans la mortification, mais attirait aussi sur eux la grâce de Dieu et le pouvoir d'accomplir des miracles. Ces Moines intrépides formaient le coeur de l'Eglise d'Irlande et contribuèrent grandement à la diffusion et à l'approfondissement de la vie chrétienne dans tout l'Occident d'alors. Parmi eux, la figure la plus attachante est certainement celle de Saint Colomban, l'infatigable zélateur des commandements de Dieu.

Né vers 540 dans la province de Leinster, Colomban fut élevé dans l'étude des sciences profanes, fort en honneur parmi les Chrétiens irlandais, et montra de grandes capacités. Mais, tourmenté par les ardeurs de la volupté et comprenant la vanité des espoirs terrestres, il alla se mettre sous la conduite d'un Saint vieillard qui l'initia à la connaissance des Saintes Ecritures et à la vie ascétique. Il devint Moine ensuite à Bangor, la plus célèbre abbaye d'Irlande, qui comprenait près de trois cents Moines, et compléta sa formation monastique sous la conduite de Saint Comgal. Vers 590, Colomban ressentit en lui, comme nombre de ses compagnons d'ascèse, un appel particulier de Dieu à quitter sa patrie et les siens pour se soumettre à un exil volontaire et servir à l'évangélisation des peuples étrangers. Il s'embarqua donc pour la Gaule avec douze disciples, comme le Christ, et, guidé par la Providence, partit proclamer l'Evangile et la voie du repentir.

Averti de sa renommée, le roi de Burgondie, Gontran, l'invita dans les Vosges et lui offrit un terrain désert, où fut fondé le Monastère d'Annegray. Les vertus de Colomban attirèrent bientôt autour de lui un grand nombre de disciples, qui voulaient eux aussi travailler à leur salut par les rudes travaux de l'Ascèse. Il fut donc contraint de fonder à proximité un second monastère, Luxeuil, puis, un peu plus tard un troisième, Fontaine. Le Saint se trouvait à la tête de plusieurs centaines de Moines. Fixé à Luxeuil, il supervisait ses trois communautés en s'appuyant sur l'autorité d'un prévôt dans chacune d'elle; mais par sa prière, il était le père de chaque Moine et son intercesseur auprès de Dieu. Comme dans les laures orientales, l'organisation du monastère restait souple et soumise au caractère charismatique de la paternité spirituelle. On insistait fort sur l'ascèse corporelle, les jeûnes sévères, les fustigations et les séjours dans l'eau glacée pour soumettre le tempérament ardent des Moines. Mais le monastère n'était pas seulement un lieu de combats violents contre les passions, il était aussi une image anticipée du ciel, et les Moines, semblables aux Anges, y célébraient une louange perpétuelle du Seigneur de Gloire. Colomban avait organisé la vie des ses trois communautés de manière à ce que les Moines célèbrent sans cesse, nuit et jour, l'Office Divin, en se relayant par groupes (Laus perennis).* On observait ainsi à la lettre la recommandation de l'Apôtre : "Priez sans cesse!" (I Thes. 5:17).
* Cet usage se trouvait aussi au fameux Monastère des Acémètes à Constantinople (voir vie de St Marcel l'Acémète, 29 décembre); et connu une grande diffusion dans de nombreux monastères d'Occident au Moyen-Age.

Au bout de vingt ans cependant, Colomban fut chassé de Luxeuil sur l'ordre du roi Thierry, sollicité par sa grand-mère Brunehaut, dont il avait condamné énergiquement les dérèglements moraux. Il fut conduit jusqu'à Nantes pour prendre la route de l'Irlande, mais, par la volonté de Dieu, le navire sur lequel il s'était embarqué fut repoussé vers la côté. Le Saint Moine rentra donc en France et poursuivit sa sainte pérégrination, en marquant de son influence de nombreuses fondations monastiques. Il prit ensuite le chemin de Rome par la Germanie et prêcha l'Evangile aux peuples barbares qui habitaient sur les rives du lac de Constance. Il continuait aussi d'instruire ses disciples de Luxeuil et d'ailleurs par ses écrits; mais, poursuivi par la rancune de Thierry, il dut reprendre son périple vers l'Italie et s'établit en 612 au Monastère de Bobbio dans l'Apennin, où il s'illustra dans ses combats contre l'arianisme jusqu'à son bienheureux repos, en 615.

ou

La vie de Saint Columban enseigne les bienfaits de l'obéissance confiante à Dieu et à ceux qui ont reçut l'autorité sur nous. A chaque fois que les évènements semblaient mal tourner, ils menaient Colomban à une nouvelle aventure, lui permettant d'accomplir sans cesse de plus grands travaux encore pour le Royaume de Dieu. Quand Dieu ferme une porte, Il en ouvre toujours une autre - et toujours une qui nous rapproche plus encore de Lui - si nous allons dans l'obéissance vers là où Il nous mène.

Il existe peu de manuscrits reprenant toute la vie de Saint Columban, mais l'Abbé Jonas a rédigé sa biographie moins de trente ans après la naissance au Ciel du Saint. L'idée courante qu'on se fait de Colomban est celle d'un homme sévère hurlant des anathèmes et explosant souvent de colère (pour, par exemple, fait tomber un arbre de cinquante ans d'un seul souffle). Son biographe nous présente au contraire un homme affable, dévot, rigoureux et cependant parlant doucement. Si Colomban a soufflé avec la puissance de Dieu, il a aussi brillé avec l'amour du Christ.

Le bon Abbé Jonas nous rapporte que Saint Columban naquit d'une noble famille du Leinster et reçut une éducation classique à Clonard, la grande mère-école d'Irlande, que Saint Finian avait fondée avec une teinte de sainteté et d'érudition toute gaélique.

Jonas rapporte que Columban était un très beau jeune homme de fort bel aspect, et très vite il croisa le diable sous la forme de "lascivae puellae," filles dévergondées. C'est vers cette époque que le roi de Cualann envoya sa fille à Saint Finnian à Clonard pour lui apprendre à lire le Psautier en latin.

Jonas écrit à ce sujet :

"Pendant qu'il méditait sur toutes ces choses, il vint à la cellule d'une Moniale toute vouée à Dieu. Après l'avoir saluée d'une voix modeste, il se gonfla de tout le courage qu'il put afin de lui demander conseil, avec toute l'impertinence de la jeunesse.

"Quand elle le vit dans toute la force émergente de la jeunesse, elle dit : "Moi, allant de l'avant avec toute ma force, j'entamai le combat. Douze ans durant, je n'ai pas eu de maison. Depuis que j'ai cherché ce lieu d'exil - le Christ étant mon guide - je n'ai jamais suivit le monde; ayant posé ma main sur la charrue, je n'ai jamais regardé en arrière. Si je n'avais pas été du sexe faible, j'aurais traversé les mers et cherché pour un lieu encore plus isolé pour mon pèlerinage.

"'Tu es enflammé des feux de la jeunesse, et pourtant tu demeures dans le pays de ta naissance. Tu prêtes l'oreille bon gré mal gré à des faibles voix, ta propre faiblesse te faisant plier. Et cependant tu penses que tu peux librement éviter les femmes. Te souviens-tu d'Eve, câlinant, et Adam, se soumettant, et Samson affaiblit par Dallila, et David éloigné de son ancienne justice par la beauté de Beth-sheba, et Salomon le Sage trompé par l'amour des femmes?

" 'Pars', dit-elle, 'pars, enfant, et détourne-toi de la ruine dans laquelle tant sont tombés. Quitte le chemin qui mène aux portes de l'enfer'. Effrayé par ces mots et - au-delà de ce que vous pourriez croire pour un jeune invincible - frappé de terreur, il remercia celle qui venait de le réprimander, et souhaitant l'au revoir à ses compagnons, il partit. Sa mère le supplia de ne pas la quitter.. Se jetant sur le sol, elle refusait de le voir partir. Mais lui, franchissant le seuil et sa mère, l'implora de ne pas se laisser briser par les regrets, disant qu'elle ne le verrait plus en cette vie, mais où que se trouve le chemin de la sainteté, c'est là qu'il irait."

Columban fit ce que plus tard il écrira dans son "Sur la mortification", au sujet de la recherche et de l'obéissance au conseil : "Rien n'est plus doux que la paix de la conscience, rien n'est plus sûr que la pureté de l'âme, et cependant personne ne sait se les donner parce que ce sont proprement des dons d'autrui".

Un temps durant, Columban se retira de la bataille en vivant avec un autre Saint homme, Sinnel, sur Cluain Inis, une des centaines d'îles de Lough Erne. Le conseil de ce Saint homme était non pas qu'il devait décliner le combat avec son ennemi, mais qu'il devait décliner de le faire sur le terrain de l'ennemi. Comme son Maître, il accepta le combat sur-le-champ choisit pour lui par l'Esprit de Dieu.

Durant ce temps sur l'île, il devint si érudit dans les Saintes Ecritures qu'il rédigea un commentaire sur les Psaumes.

Sur une proche île, Saint Comgall se préparait à accomplir l'oeuvre de sa vie en vivant en Anachorète. Lui et Columban peuvent s'être rencontrés alors Ermites, car lorsque Comgall commença sa fondation du Monastère de Bangor sur les rives Sud du Belfast Lough, il trouva vite Columban dans sa hutte en claie - un des premiers Moines de Bangor.

Des années durant, à Bangor, l'Esprit Saint inspira Columban à devenir Missionnaire. Mais, peu confiant pour interpréter les mouvements de l'Esprit en lui, Columban demanda à Comgall la permission; elle lui fut refusée jusqu'à ce que Comgall reconnaisse en Columba la marque de l'obéissance à un appel divin.

Vers 580-585 (âgé de près de 45 ans), il quitta l'Irlande avec un groupe de douze Moines, et il oeuvra au Pays de Galles, où il suscita encore plus de moines pour partir avec lui. Saint Gall, qui évangélisa les Suisses et fonda un fameux monastère, fut un de ces disciples qui l'accompagnèrent. (Une source dit qu'ils ont prêché en Angleterre).

A leur arrivée en Gaule, les Moines irlandais prêchèrent au peuple tant par les paroles que par les actes, charité, pénitence et dévotion. Leur réputation impressionna tant le roi Burgonde Guntramnus (Gontran, un petit-fils de Clovis) que vers 590, il offrit à Columban un terrain pour leur premier lieu d'exil, à Annegray, dans les montagnes des Vosges. Columban en recevait les deux choses qu'il désirait : la paisible contemplation de Dieu et le travail parmi les âmes. Les noires forêts montagneuses avec leurs cavernes encore plus sombres lui donnaient une constante isolation de ce monde que l'amour de Dieu lui enseignait à fuir. Les païens simples et illettrés de ces forêts avaient besoin de son enseignement de la Foi.

Durant quelque temps, les Moines habitèrent un hameau fortifié en ruine à Annegray, en Haute-Saone, se contentant de bivouaquer parmi les ruines. Columba rassembla vite un tel nombre de disciples qu'ils eurent à trouver une nouvelle demeure, à quelques kilomètres de là, à Luxeuil. C'est là, bâtit avec les pierres de bains et d'un temple romain en ruines, que se trouve le monastère qui a rendu Luxueuil célèbre, pas seulement en France mais dans toute l'Eglise. Columban gouverna Luxeuil durant vingt-cinq années heureuses.

L'Abbé Jonas rapporte ici que Columban et la communauté prièrent pour l'épouse d'un homme, et elle fut instantanément guérie, bien qu'ayant été malade depuis plusieurs années. Mais en même temps, l'air de rien, il nous rapporte comment cet homme avait opportunément apporté un chariot plein de pain et de légumes au monastère, qui était si pauvre qu'ils n'avaient que des racines et des écorces à donner à un frère malade.

Se promenant à travers les bois, portant les Saintes Ecritures, Columban débattait avec lui-même sur ce qu'il préfèrerait, tomber entre les pattes de bêtes sauvages ou les mains d'hommes maudits. Il se bénit maintes fois tout en réfléchissant à la question, s'enfonçant toujours plus dans la forêt. Sa question obtint une réponse par l'apparition de douze loups venant sur lui. Se tenant sans bouger pendant qu'ils l'encerclaient, il pria : "Ô Dieu, vient à mon aide : Ô Seigneur, viens vite à mon secours". Ils vinrent tout près, reniflèrent ses vêtements pendant qu'il se tenait immobile. Puis ils repartirent et reprirent leur errance à travers les bois.
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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:37

Pensant que sa question avait trouvé réponse, il continua son chemin. Il n'avait pas avancé de beaucoup qu'il entendit la voix de voleurs Souabes qui hantaient la région. Encore une fois, sa fermeté fut mise à l'épreuve mais ils le laissèrent sans le toucher.

Une autre fois, s'enfonçant encore dans la forêt, il vit, grande joie pour un ascète, une caverne bien sombre. Il la fit sienne, en chassant le gros ours à qui elle appartenait. (une autre histoire dit qu'il tua l'ours à mains nues)

Cependant, l'Evêque Chamnoald, autrefois disciple de Columban, disait qu'il ne fallait pas être surpris que oiseaux et bêtes obéissent aux ordres de l'homme de Dieu. Chamnoald rapporte que Columban appelait à lui les créatures sauvages quand il allait dans les bois pour jeûner ou prier, et qu'elles venaient aussitôt à lui. Il les prenait de la main et les caressait : et les bètes sauvages et les oiseaux sautaient et gambadaient vers lui, de pure joie, comme des petits venant vers leur maître. L'Evêque dit que lui-même l'avait vu, et que même des écureuils répondaient à son appel, grimpant sur les mains et les épaules de Columban et courant entre les plis de son capuchon.

Toute sa vie durant, son souci principal sera de discerner la Volonté de Dieu et de l'accomplir. Quand l'amour qu'il suscitait par ses dons d'âme et même de corps était évident même pour lui, il fuyait vers sa caverne d'ours pour être seul avec Dieu. Il semble qu'il avait peur d'attirer l'amour des autres et de les distraire de l'amour de Dieu.

Un jour qu'il priait dans sa caverne, il reçut une révélation divine l'avertissant que nombre de ses moines bien-aimés étaient malades. Il partit aussitôt en hâte pour Luxeuil. Il dit aux frères malades de se lever et de piler le maïs dans l'air à battre. Les frères obéissants, nous dit Jonas, furent instantanément guéris; le désobéissant resta malade une grande partie de l'année et faillit mourir.

Un jour avant le repas de midi, le cellérier tirait de la bière de la barrique, quand il fut appelé ailleurs par Columban. Dans l'empressement, il oublia de remettre le bouchon au robinet. Il est inutile de dire qu'à son retour au cellier, le cellérier ne trouva pas la moindre goûte gaspillée! Jonas en dit : "Ô grand était le mérite de celui qui commandait; et grande l'obéissance de celui qui fit ce qu'on lui avait ordonné".

La croissance de Luxeuil amena à la création d'un second monastère à Fontaines. Bien vite, ses disciples se répandirent à travers toute l'Europe, bâtissant des monastères en France, Germanie, Suisse et Italie.

Avec sa croissance en nombre et influence, des conflits devinrent inévitables. Columban faisait naître l'hostilité, en particulier de la part des évêques Francs, par les usages Celtiques qu'il promulguait pour ses monastères, et parce qu'il refusait de reconnaître la juridiction de ces Evêques sur eux. Il défendit ses pratiques dans des lettres à Rome et refusa de se présenter à un Synode gallican à Chalons en 603, quand on le convoqua pour s'expliquer sur ses usages Celtiques.

Ses vertes protestations contre les désordres de la cours Franque firent qu'en 610, le roi Thierry (Theoderic) exila Columban et tous les Moines qui n'étaient pas d'origine gauloise. La querelle rapportée par l'Abbé Jonas est démontrée par l'Histoire. Le jeune roi de Burgondie, Thierry II, avait accueilli sa grand-mère la reine Brunehault (Brunhilda) quand elle fut chassée de chez elle par les nobles Austrasiens. Brunehault était en rage contre Columban parce qu'il lui avait refusé l'entrée de son monastère, parce qu'au contraire des coutumes Franques, Columban interdisait l'accès aux femmes, et même aux hommes laïcs.

Thierry et Columban se disputèrent sur la morale sexuelle, et, bien entendu, le saint ne trouva aucun soutien de l'épiscopat local, qui dépendait de la couronne. Le Pape de Rome Saint Grégoire le Grand, par ses lettres à la reine Brunehault et son petit-fils sur la nécessité de mettre un terme à la simonie, en particulier dans l'épiscopat, nous mène à penser que les Evêques de Burgondie et d'Austrasie n'étaient pas des hommes à corriger la morale mérovingienne. Si les choses en arrivaient à un point de rupture entre Luxeuil et Thierry, ces prélats pouvaient penser trouver leur conscience coïncidant avec celle du roi.

Le roi Thierry, non-marié, était déjà le père de quatre enfants, pour qui la reine Brunehault, du milieu de sa court, demandait la bénédiction à Columban. Le Saint répondit : "Bénissez-les! Bénissez les fruits de l'adultère, les enfants de la honte, le témoignage de toutes les débauches de leur père! Au Nom du Seigneur qui châtie les pécheurs, je les maudis!"

Cela peut sembler un peu dur, mais qu'est-ce que ces peuples barbares auraient pu comprendre d'autre? Le seul argument qui aurait pu convaincre ces bêtes de proies, ces envahisseurs germains qui cent cinquante ans auparavant s'étaient installés sur les ruines de l'empire romain d'Occident, c'était la peur. La peur de l'enfer, la peur du tourment éternel, la peur du Dieu de vengeance - car il n'y avait pas d'autre moyen pour tenir en laisse la violence qui était déjà prête à éclater.

Mais provoquer la rupture avec un homme aussi largement vénéré que Columban se devait de se faire avec un doigté tout diplomatique. Il semblait qu'une occasion se présentait avec l'occasion de la date de la Pâque. C'était alors, et c'est encore toujours une question si obscure que certains auteurs ont accusé les Eglises anglaises et irlandaises d'être des "Quartodeciman", en célébrant la Pâque en même temps que les Juifs célébraient la leur (probablement parce que Rome leur en avait parlé à l'origine), à un jour déterminé par la pleine lune, même si ça n'était pas un Dimanche.

Un Synode d'Evêques mérovingiens fut rassemblé par le roi Thierry sur avis du Pape de Rome Grégoire, afin de réformer divers points, mais pas la célébration de Pâque. Pourtant, le point principal de ce Synode fut d'accuser Luxeuil pour sa manière de calculer la date de Pâques; dès lors, Columban écrivit au pape de Rome. Il écrivit aussi poliment et avec éloquence au Synode, mais sans résultat. Lui et ses frères furent exilés. Apparemment, sa lettre à Saint Grégoire n'arriva jamais à destination.

Que Columban avait le coeur non-souillé, on s'en rend compte avec la vision qu'il eut de la bataille et de la mort violente de Thierry. Il se réveilla en sueur, et fut conseillé de prier pour la victoire sur Thierry. Mais le vieux Saint répondit : "Ton conseil est fou, pas Saint, et n'est pas la volonté de Dieu, Qui nous a dit de prier pour nos ennemis."

Les Moines furent escortés par les soldats au long de la Loire par Orléans et Tours jusqu'au port de Nantes, où il rédigea une célèbre lettre aux Moines francs restés à Luxeuil. Puis on les fit embarquer sur un navire pour l'Irlande. Le navire, cependant, s'échoua sur des rochers. C'est ainsi qu'ils ne retournèrent pas en Irlande. Au contraire, ils partirent et voyagèrent par Paris et Meaux jusqu'à la court du roi Théodebert II de Neustrie (Austrasie), qui leur offrit refuge à Metz. De Metz, les Moines commencèrent à prêcher l'Evangile parmi les païens Alamans autour de Bregenz sur le Lac de Constance, parmi les ruines de la ville romaine, où ils demeurèrent trois ans, et où deux des Moines furent tués par des habitants hostiles. Durant leurs voyages, ces Moines irlandais fondèrent près de cent monastères en France et Suisse!

On rapporte que sa prédication en convertit beaucoup, dont Saint Ouen, qui fondit Jouarre, et Sainte Fare, la fille d'une noble famille qui fonda Faremoutiers. Son influence fut vaste.

Thierry, après avoir conquis la région de Bregenz et étant devenu le roi Austrasie, chassa à nouveau Columban, qui avait soixante-dix ou quatre-vingt, vers un exil avec un seul compagnon. Mais Columban trouva sa récompense dans la paix à la fin de sa vie.

La province de Lombardie, dans laquelle il entra après avoir franchit les Alpes, était dirigée par Agilulph, un arien. Sa femme était la sage, noble et Sainte Théodelinde, à qui Saint Grégoire avait dédié ses "Dialogues". La renommée de Columban semblait avoir déjà atteint la court. Le roi Agilulph, on était quelques années avant qu'il n'assiège Rome et ne fasse de la Campagna un désert, accueillit le saint exilé presque comme un atout national.

Dans les Appenins, entre Milan et Gènes, en un endroit à présent célèbre sous le nom de Bobbio, il y avait une basilique en ruine dédiée à Saint Pierre. Si, comme il n'est pas improbable, ces ruines étaient l'oeuvre de ces impitoyables Lombards ariens, il devait y avoir un sentiment de pénitence et de restitution en Agilulph l'arien en faisant ce don à Columban.

Un incident jette la lumière sur l'inébranlable ouvrier. Pour restaurer la basilique, le petit groupe de Moines coupait et traînait des troncs d'arbres d'un bois voisin. Parfois de grands arbres tombaient là où les chariots pour porter les troncs ne pouvaient pas aller. Les moines étaient forcés de porter de grands troncs sur leurs épaules. Cependant, Dieu semblait si manifestement aider ces hommes à s'aider eux-mêmes que les lourds troncs qui, selon les mots de Jonas, auraient nécessité trente ou quarante hommes pour arriver à peine à les soulever du sol, étaient portés à travers les rochers sur les épaules du vieux Columban et de deux ou trois Moines. Avec un soupçon de poésie, Jonas ajoute que l'Abbé et ses Moines portèrent leur charge "d'un pied si leste qu'on eut dit qu'ils jouaient et avec joie."

Cette abbaye fit florès durant douze siècles, jusqu'à ce que Napoléon Bonaparte la ferme en 1802. Son immense bibliothèque fut divisée parmi diverses bibliothèques d'Europe.

La prière de la reine Théodelinde et le plan de conversion de son Ariende mari et des Lombards reçut un soudain renforcement par l'illustre exilé de Luxeuil. La haine d'une reine, Brunehault, fut l'opportunité pour un très grand bien - Dieu arrange toute chose pour le bien de ceux qui L'aiment et sont appelés selon Ses voies.

Bien que dix ans s'étaient écoulés depuis qu'Agilulph avait commencé à sympathiser avec le Pape Saint Léon le Grand, ce qui aurait pu finir par bientôt porter des fruits pour la conversion du roi, la naissance céleste de Saint Grégoire avait mit un terme à la principale influence cléricale sur la pensée du roi arien. Avec la venue de Columban, Théodelinde vit la possibilité de renouveler l'influence de Grégoire.

Mais en Lombardie, Columban rencontra pour la première fois la subtile atmosphère de deux grandes hérésies Orientales : le roi et la plupart de ses sujets étaient ariens. Le reste de son peuple, même le clergé, était nestorien, empêtrés dans la fameuse controverse des Trois Chapitres. Columban avait son esprit de croyant nourri de paix bien déconcertée face aux palabres des Orientaux et ces historiens composeurs de belles formules creuses, c'était en contradiction avec lui et avec les sources de son histoire, quand on voyait descendant les pentes des Alpes une espèce de chien pisteur en quête de sang de la controverse. Face à de telles hérésies, Columban rédigea un traité, et devint impliqué dans l'opposition aux Trois Chapitres, qui avaient été condamnés par le cinquième Concile Oecuménique de Constantinople. Les Evêques d'Istrie et certains de Lombardie défendaient ces écrits avec une telle vigueur, au point de rompre leur communion avec Rome.

Mais la reine Théodelinde vit que son imperturbable amoureux de la vérité et de la paix était envoyé par Dieu pour apporter la paix à son roi et au peuple, à travers la vérité. Bien que sa vie restante ne se comptait plus qu'en mois, il ne put s'empêcher de répondre à la demande de Théodelinde lorsqu'elle souhaita amener les Lombards ariens et nestoriens à la Foi orthodoxe.

A la demande d'Agilulph, Saint Columban écrivit une lettre au Pape de Rome du moment, Boniface IV, concernant la nécessité de réunir un Synode pour ramener la paix dogmatique. Il y écrit : "…le schisme du peuple est une peine pour (Agilulph), à cause de la reine et de son fils, et peut-être pour son propre salut aussi; voyant qu'on pense qu'il dit que s'il avait connu la vérité, il aurait cru le roi vous demande, la reine vous demande, tous vous demandent, que toutes choses puissent être unies au plus vite, afin que comme il y a la paix dans la patrie, il puisse y avoir la paix dans la Foi et que le troupeau du Christ tout entier soit dès lors un."

Columban rédigea une défense de Rome et de la Foi orthodoxe envers un interlocuteur anonyme, probablement un évêque arien du Nord de l'Italie : "Dès lors je vous réponds comme je le peu car je crois que le pillier de l'Eglise est toujours inchangé à Rome."

L'Abbé Jonas nous assure que, sans aucun doute en réponse aux souhaits du roi Agilulph et de la reine Théodelinde, il s'installa près de Milan, afin, "par l'arme des Ecritures", de déchirer et de détruire les tromperies des hérétiques, c'est à dire l'hérésie arienne, contre laquelle il rédigea un savant livre.
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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:38

Il continua à prêcher à de larges foules, qui étaient toutes émues à la vue de ses longs cheveux et barbe blancs, et de son visage qui bien que profondément buriné par l'âge et les fatigues, brillait pourtant toujours du zèle pour le Christ, et était à même de remuer les âmes.

C'est ainsi que Dieu convertit tant Agilulph que son peuple à travers Columban. Des siècles durant, Bobbio sera la citadelle de la défense scientifique, qui devra son existence à l'homme qui avait uni la culture et la sainteté en un seul esprit et coeur. Quand les ruines furent son lot des siècles plus tard, les trésors accumulés dans sa bibliothèque enrichirent les bibliothèques qui enrichissent encore et toujours les érudits du monde.

La prophétie de Columban au sujet de la mort de Thierry, l'accession de Clotaire, et le meurtre brutal de Brunehault, amena Clotaire à inviter Columban à revenir en Gaule française. Il ne voulut pas revenir, demandant au roi de veiller gentiment sur les moines de Luxeuil.

La Règle et le Pénitential de Columban.
L'Eglise est aussi redevable à Saint Columban pour deux contributions de grand prix - sa Règle et son Pénitentiel.

Sa Règle n'est pas originale, mais elle incorpore la sévère ascèse de ses compatriotes et en particulier ses confrères moines à Bangor. A la fin on finira par trouver que la Règle moins exigeante de Saint Benoît serait plus acceptable pour les Moines occidentaux. Bien que la Règle plus stricte a partout cédé face à la plus molle, tous les mouvements visant à réformer la Règle de Saint Benoît ont été des mouvements en direction de l'idéal de Saint Columban.

Plus grand encore que sa Règle, c'est son Pénitentiel, contenant les prescriptions des pénitences à imposer aux moines pour chaque faute, aussi légère soit-elle. Concernant ce Pénitentiel, Oscar Watkins en écrivait :

"Un fait extrêmement important concernant le Pénitentiel de Columban est que bien qu'il ne corresponde à aucune pratique existante que l'on puisse trouver auparavant appliquée même d'une manière plus ancienne en Europe continentale, il reproduisait les principales caractéristiques du système particulier que l'on avait vu à l'oeuvre dans les Eglises celtiques. Comme dans les systèmes anglais et irlandais, la pénitence et la réconciliation étaient privées." (p. 615).

"Il n'est pas peu remarquable que dès la fin du septième siècle, la Règle de Saint Columban, pour quelque raison que ce soit, avait pratiquement disparu, et la règle de Saint Benoît était devenue la norme. Mais son système de Pénitentiel non seulement survécut dans les monastères qui venaient d'être fondés, mais fut destiné, avec le temps, après l'influence Anglaise postérieure, à devenir le système pénitentiel général d'Europe Occidentale." (Watkins, p. 124).

Il faut porter au crédit d'une nature pécheresse que ce Sacrement de Pénitence, dont notre Rédempteur n'a pas fait tant une obligation qu'un privilège, serait cependant à fréquenter comme si c'était une obligation. Peut-être sommes-nous près du motif de cette humble pratique en pensant à sa relation, par le moyen de la purification, du grand Banquet du Corps et du Sang. Une des principales gloires des compatriotes de Columban sera que c'est à lui plus qu'à quiconque d'autre que l'Eglise occidentale doit cette modeste pratique.

Le dernier testament littéraire de Columban fut une lettre au pape de Rome, Boniface IV, lettre qui mènerait le lecteur à croire qu'il était un guerrier de la Foi pas encore fatigué, plutôt qu'un homme courbé par la maladie et le poids des ans. Il écrivit aussi un charmant poème en vers Adoniques, adressé à son ami Fedolius, dans lequel il se montre moins comme un Tertullien que comme un Grégoire de Nazianze ou un Prudence.

La seule date certaine de sa vie, c'est son "dies natalis", bien que nous ne sachions pas comment il remit son âme au Seigneur. Nous savons que l'exilé a finalement trouvé sa maison auprès de son Père, et y fut accueilli. Son corps a été enterré au coeur des Appenins, où il se trouve encore.

Sa défense vigoureuse des pratiques liturgiques celtiques contre les romaines et l'austérité de sa Règle, en font une personnalité plutôt intimidante; mais d'un autre côté, par ses très nombreuses abbayes, fondées par lui et par ses disciples, il a exercé une influence déterminante et de longue durée sur la civilisation occidentale.

Saint Columban est représenté avec la crosse du Missionnaire et un ours près de lui. Parfois il tient un bâton d'Abbé, une crosse de missionnaire, et porte un soleil sur sa poitrine; ou il est représenté dans la tanière d'un ours avec une fontaine jaillissant à sa prière.

Règle de Saint Columba d'Iona
* Demeure seul dans un lieu séparé près d'une ville, si ta conscience n'est pas capable de vivre en commun avec la foule.
* Soit toujours dépourvu de possessions à l'imitation du Christ et des Évangélistes.
* Quoique tu possèdes, peu ou beaucoup, que ce soit vêtement ou nourriture ou boisson, que cela reste sous le contrôle et à la disposition de l'Ancien, car il ne convient pas au Moine d'avoir la moindre différence de propriété avec son propre frère libre.
* En un lieu clos, avec une porte, enferme-toi.
* Qu'il y ait quelques Moines à converser avec toi de Dieu et de Son Testament; à te visiter aux jours de solennité; à te renforcer dans les Testaments de Dieu, et dans les passages des Écritures.
* Que quelqu'un vienne t'adresser de vaines paroles, ou discuter du monde; ou murmurer à propos de ce à quoi il ne sait pas apporter remède ou empêcher, mais qui te bouleverserait s'il était colporteur de commérages entre amis et ennemis, tu ne l'admettras pas auprès de toi, mais tu lui donneras ta bénédiction s'il la méritait.
* Que ton serviteur soit discret, Moine, non-bavard, qu'il t'accompagne continuellement, travaillant avec modération, mais toujours prêt.
* Cède en toute soumission à toute règle de dévotion.
* Un esprit préparé pour le martyre rouge [la mort pour la Foi].
* Un esprit fortifié et constant pour le martyre blanc [les pratiques ascétiques].
* Le pardon du fond du coeur envers tout le monde.
* Des prières constantes pour ceux qui te causent des ennuis.
* De la ferveur pour chanter l'Office des défunts, comme si chaque fidèle défunt était un de tes propres amis.
* Les Hymnes pour les âmes seront chantés debout.
* Que tes Vigiles soient constantes, de soir en soir, sous la direction d'une autre personne.
* Trois oeuvres dans la journée, à savoir les prières, les travaux et la lecture
(http://stmaterne.blogspot.com/2006/08/bndictins-orthodoxes-lectio-divina.html)
* Le travail sera divisé en trois parties, à savoir ton propre travail, et le travail du lieu où tu demeures, en fonction de ses besoins réels; ensuite, ta partie dans le travail commun des frères; et enfin, ton aide pour les voisins, c'est-à-dire par l'instruction ou les écrits, ou la couture de vêtements, ou quelqu'autre travail qu'ils pourraient vouloir, ut Dominus ait : "Non apparebis ante Me vacuus - comme le Seigneur a dit, "On ne paraîtra pas devant Moi les mains vides." (Exode 23,15).
* Que tout soit accomplit convenablement; Nemo enim coronabitur nisi qui legitime certaverit - Car nul n'est couronné si ce n'est celui qui a justement combattu.
* Que l'aumône prime sur tout.
* Ne consomme pas de nourriture avant d'être affamé.
* Ne dors pas avant d'en ressentir le désir.
* Ne parle pas sauf en affaires.
* Chaque augmentation qui te vient dans les repas réglementaires, ou dans le port de l'habillement, donne-la par pitié aux frères qui la veulent, ou au pauvre de la même manière
* Aime Dieu de tout ton coeur et de toute ta force; aime ton prochain comme toi-même.
* Respecte les Testaments de Dieu en tout temps.
* Ta mesure de prière sera jusqu'à ce que les larmes te viennent; ou ta mesure de travail jusqu'à ce que les larmes te viennent; ou ta mesure de travail, ou de prosternations, jusqu'à ce que la sueur t'en viennent, si les larmes ne se libèrent pas.

ou

L'Église d'Irlande existait peut-être dès le troisième siècle; organisée par Saint Patrice (432), Breton d'origine et Moine de Lérins, elle semble avoir hérité toute la piété des anciens ages chrétiens et toute la sainteté monastique de l'Occident pour les restituer aux pays donateurs, où la Foi s'étiolait depuis les invasions barbares. Saint Colomban est le plus anciennement connu et le plus grand de ces seconds Apôtres de l'Europe occidentale.

Il vint au monde à une date discutée, mais qu'il faut probablement fixer entre 525 et 530, en une localité inconnue des royaumes de Leinster, dans le centre-est de l'Irlande. Avant sa naissance, sa mère eut une vision : un soleil lui paraissait sortir de son sein; ainsi avertie que l'enfant devait avoir une influence bienfaisante, elle le destina à la vie intellectuelle et cléricale, où son intelligence exceptionnelle parut bientôt lui promettre une place hors pair. Mais vers 545, inquiet des dangers auxquels sa beauté pouvait exposer sa chasteté, et poussé par les conseils d'une Moniale demeurée inconnue, il quitta sa mère après une entrevue dramatisée par le biographe, et alla parfaire ses études à l'école monastique de Claén-Inis (l'île en Pente), située dans les lacs de l'Eirne (comté actuel de Fermanagh), dans la région ulidienne, au Nord de l'Irlande. Il y poursuivit une brillante carrière d'élève, puis de maître dans les lettres religieuses et profanes. Vers 558, enthousiasmé par les exemples d'ascétisme héroïque donnés à Inis-Coimhéta (l'île de la Garde), dans les environs de son monastère, par Saint Comgall, représentant de l'école ascétique la plus rigoureuse des Îles britanniques, il le suivit à l'abbaye très vite célèbre qu'il fonda à Bangor (les deux collines?) sur le Loch Laoigh, ou baie de Belfast, en Ulster (comté actuel de Down). Là il se forma à une observance très rigoureuse et continua d'enseigner la jeunesse pendant une bonne dizaine d'années.

Son existence pendant les vingt ans qui suivent ne peut être retracée qu'avec une part de conjecture, vu le caractère imprécis et les erreurs patentes que présente cette partie de sa biographie. Voici notre hypothèse : il se serait joint, d'abord en sous-ordre, à l'un des groupements missionnaires envoyés par Saint Comgall dans le Sud de l'Écosse actuelle. Après un séjour (570-573 ou 574?) dans la région de Strathclyde - autour du Firth de Solway - il aurait quitté ce pays, à la suite.., disons, de revirements politiques.

Ce qui est sûr, c'est que les Missionnaires passèrent en Gaule pour semer à nouveau la Foi dans les zones paganisées au siècle précédent par les Francs, notamment l'Austrasie (pays de la Meuse et du Rhin). Le roi Sigebert, affirme Jonas notre biographe, lui offrit, avant décembre 575, un vaste domaine pour fonder un monastère. Colomban refusa. Pendant quatorze ans environ, nos pèlerins de Dieu semblent avoir mené une vie apostolique errante dans le Nord-Est de la Gaule et peut-être en Germanie.

Vers 588-590, les dernières années du roi Gontran, les voici en Bourgogne. Gontran leur céda le fort ruiné d'Annegray (commune de la Voivre, canton de Faucogney, Haute-Saône), dans la vallée du Breuchin. Fortin spirituel où il fut dur de tenir, assiégés par l'insidieuse faim qui fait perdre coeur aux plus braves. Mais Dieu parfois ravitaillait ses pionniers par quelques braves gens. L'union fraternelle, l'abnégation de l'équipe aidèrent Colomban à faire prospérer ce désert. On dut chercher ailleurs où loger les Moines trop nombreux. Colomban choisit une ville d'eaux démolie depuis le troisième siècle, Luxeuil. Le confort et le luxe de la civilisation gallo-romaine avaient laissé des débris ironiques. Les eaux thermales qui animaient jadis d'éclatantes piscines croupissaient en marais. En quête de pierres pour bâtir, les Moines trouvaient des fragments de dieux, ou parfois l'image d'une danseuse. Colomban s'arrangea une douce vie semi-érémitique : jeûnes harassants, longues oraisons dans la solitude. Pour les fidèles, il remit en honneur la pénitence privée, avec des tarifs expiatoires importés d'Irlande. Aux pénitents qui voulaient l'habit monastique, il destina une troisième maison, à Fontaine-les-Luxeuil. Le monastère colombanien comportait un atelier de copistes bien outillé. Artistes ou artisans travaillaient en groupes zélés. Certains cueillaient des simples pour la pharmacie. Une école servait la jeunesse.
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MessageSujet: Re: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:38

Quand on fut trois, Colomban composa une Règle et un Pénitentiel. Nous sommes frappés par leur dureté, sans penser à la rudesse de ces gens-là, à leur brutalité naïve. C'était le temps où, pour se débarrasser d'une reine Brunehaut septuagénaire, on la livrait trois jours durant, liée sur un chameau, en jouet à la soldatesque, puis on l'attachait à la queue d'un cheval sauvage. Les principes colombaniens sont d'une belle simplicité : "Il faut jeûner chaque jour, comme il faut prier chaque jour, comme il faut travailler chaque jour, comme il faut lire chaque jour." Dépouillement et nettoyage spirituels sont les premiers degrés de la perfection monastique. Le troisième est une dilection de Dieu bien achevée, continue, un amour incessant des choses divines, qui succède à l'oubli des choses humaines. La vaine gloire est la mort de tout bien. A quoi bon une virginité physique, si l'esprit n'est pas vierge? La discrétion permet d'éviter les outrances. Le zèle pour l'Ascèse doit être soumis au supérieur.

Veut-on des exemples du Pénitentiel? Si on oublie de répondre Amen au choeur, trente coups. Si en crachant on atteint l'autel, vingt-quatre psaumes. Si un laïc s'enivre, mange ou boit jusqu'à vomir, qu'il soit une semaine au pain et à l'eau.

Le maître exigeant savait stimuler son monde par des conférences directes, prenantes, où fusaient parfois des cris pascaliens : "Homme, que tu es misérable! Ce que tu vois, tu dois le haïr, et ce qu'il faut que tu aimes, tu l'ignores. En toi, tu as ce qui t'entrave; en toi, tu n'as pas ce qui te libère. Tu as des yeux, et te laisses lier aveuglément : tu consens à ce qu'on te mène à la mort." Le discours ascétique atteint d'un coup d'aile la poésie lyrique dans ce chant de l'âme Celte en route vers l'absolu : "Puisque tu n'es rien, ô vie mortelle, qu'une image, fugitive comme un oiseau, comme une nuée incertaine, et fragile comme une ombre, comme un songe, il faut cheminer à travers toi, bien attentif, bien rapide... comme des routiers vers la vraie patrie! " Lui aussi a orchestré ce duel solennel, à chaque minute, de la vie et de la mort en nous : "Ce que je suis, je ne le fus pas, je ne le serai pas; à chaque heure je suis autre, et jamais ne demeure le même. Perpétuelle course, depuis ma naissance jusqu'à ma mort: à travers tous les jours de ma vie, je change. Et tout ce qui change et comment cela change, je ne le vois pas. Fuis donc, fuis, ombre de la vie mortelle! Fuis-nous, et nous, puissions-nous te fuir! " Progressons vers Dieu en mourant à tout le mortel, en vivant de plus en plus de Dieu. Respectons l'image pacifiante de Dieu en nous. "Toute notre vie est comme une marche d'une journée. En haut notre amour, en haut notre désir, en haut notre goût, en haut notre recherche de la patrie! Là, là est le Père! " Péan triomphal après les thrènes sur l'homme sans Dieu. "Tu as soif? Bois la source de vie. Tu as faim? Mange le pain de vie." Heureuse soif, inextinguible! Heureux amour toujours blessé, que Dieu soigne par des blessures nouvelles!

Colomban choqua l'épiscopat burgonde par son mode Irlandais de fixer la date des fêtes pascales : il avait l'air de judaïser.. Ces débats troublèrent les monastères, joints à certaines difficultés sur la Règle. Le grand Abbé s'aliéna son protecteur et pénitent, le roi Thierry, ainsi que la grand-mère et tutrice de ce prince, Brunehaut, par l'ardeur, outrée dans la forme, qu'il mit à défendre la morale chrétienne et les usages monastiques. Emprisonné à Besançon (printemps 610), il s'évada. Arrêté encore, semble-t-il, vers le début de l'automne, il se vit expulser de Bourgogne. L'exilé prophétisa que Thierry et sa race disparaîtraient trois ans plus tard. Le prince le fit conduire en bateau jusqu'à Nantes, où on l'embarquerait pour l'Irlande. Dans ce port, il composa pour ses fils de Luxeuil une lettre où éclatent ses qualités de coeur, sa tendresse. Il les devinait troublés par des envies de le rejoindre, ou de se diviser. Voyons ses dernières lignes: "L'amour n'observe pas (non tenet) un ordre (cf. saint Jérôme, Epist., 7, fin : "Amor ordinem nescit"; 46, 3 "dilectionem ordinem non habere") : aussi ma lettre est-elle confuse. J'ai voulu tout dire en bref : tout, je n'ai pas pu. Ce que j'avais voulu écrire, je ne l'ai plus voulu, en raison de la diversité des volontés. Ma volonté ne va peut-être pas sans faiblesse humaine : que la volonté de Dieu se fasse en tout!... Vous, voyez vos consciences, si elles sont plus pures et plus saintes en mon absence; ne me recherchez point par amour, mais seulement par nécessité. Ne soyez pas, à cette occasion, des lâcheurs; avec cette séparation, ne cherchez pas une liberté qui vous asservirait aux vices. Mon homme, c'est celui qui aime l'unité. Il n'est pas mon homme, celui qui sépare. Celui qui n'amasse pas avec moi, dit le Seigneur, disperse [Luc 11, 23]... Priez pour moi, mes petits (viscera), afin que je vive pour Dieu." Un peu plus haut, il avait eu cette formule magnifique : "Si vous enlevez la liberté, vous enlevez la dignité" (Mon. Germ. hist., Epist., t. 3, p. 169).

Le bateau du Moine expulsé s'échoua aussitôt. Colomban se rendit dans le royaume de Clotaire, à Rouen ou Beauvais, où il réussit à imposer le respect de la loi chrétienne au roi et à son entourage. Au reste, Rome attirait l'éternel pèlerin. Il partit pour l'Italie en passant par l'Austrasie (printemps 611). Le prince austrasien Thibert (Théodebert), frère de Thierry, lui fit accepter de fonder un monastère qui convertirait des Alamans idolâtres. Les bateliers du roi remontèrent le Rhin avec Colomban; il composa pour eux un chant en vers au refrain rude, qui fait penser à un Kipling colonial et mystique. Écoutez la première et la dernière strophe (la huitième). Le refrain est un peu modifié à partir de la cinquième :

"Voici, coupée dans les forêts, la nef qui passe, poussée par les flots du Rhin aux deux cornes [Enéide, 8, 727 : allusion aux anciennes images des fleuves], et elle glisse, goudronnée [8, 91], sur l'onde. Allons! les hommes! que l'écho résonnant réponde à notre : Allons! ...Et le Roi des puissances, la Source des choses, le suprême Pouvoir, promet au combattant et octroie au vainqueur des récompenses. Que votre âme, les hommes, se rappelle le Christ et fasse retentir: Allons!" (Neues Archic, t.6, 1881, p. 191; M.-M. Dubois, p. 188.)

On s'établit d'abord à Tuggen, vers l'extrémité est du Lac de Zurich. Mais le zèle excessif de Gall, un des disciples de Colomban , qui brûlait ou noyait les idoles, obligea les missionnaires à partir devant l'irritation populaire. Le vieil Apôtre se replia sur la côte orientale du lac de Constance, à Bregenz. Il continuait à exhorter, en prose ou en vers, ses fils restés en Bourgogne. Mais il perdit son protecteur Thibert, vaincu et tué par son frère Thierry; Colomban jugea prudent de fuir celui qui l'avait exilé naguère, et il partit pour l'Italie, après avoir laissé sur place Gall, malade.

En Lombardie, il trouva la querelle des Trois Chapitres, qui opposait à la papauté romaine quelques diocèses de l'Italie du Nord. Les partisans des Trois Chapitres repoussaient la condamnation portée par le second concile de Constantinople (553) contre trois écrits de théologiens orientaux taxés de nestorianisme, car le concile de Chalcédoine (451) leur avait témoigné quelques ménagements. Nulle protestation romaine ne s'était élevée contre la censure de 553.. Agilulf et Théodelinde, une orthodoxe, roi et reine des Lombards ariens, poussèrent Colomban à écrire au Pape de Rome en faveur du parti lombard qui se prétendait seul fidèle à Chalcédoine et critiquait l'Orthodoxie de Rome sur les Trois Chapitres. Cette lettre respire la franchise, l'indépendance, une sorte d'impertinence candide. Elle supplie le pape de se disculper, de parler : humbles sommations, qui rappellent un peu Jérôme, jeune moine à Chalcis, relançant le pape Damase. L'Ascète irlandais, fourvoyé dans la politique italienne, invite Rome, avec des menaces vagues, à désavouer l'attitude du Pape Vigile, défavorable aux Trois Chapitres.

Une tentative de Colomban contre l'arianisme vexa les Lombards. L'apôtre encombrant fut invité à se cantonner dans le monastère qu'il fonderait à Bobbio, sur l'Apennin ligure. Le nonagénaire y travailla de ses mains. Il vécut en Ermite dans les grottes voisines, sans oublier ses amis auxquels il expédiait ses adieux en vers élégants. Et il priait, corps et âme. Le voyant entrevoyait son Dieu. Colomban s'endormit dans sa solitude, le 23 novembre 615 : extase définitive.

Nous n'avons pas insisté sur ses miracles, l'essentiel pour Jonas. Notre Ascète attrait eu un grand ascendant sur la gent animale.

Saint Colomban est sans doute le plus grand homme de son temps, selon la nature ou selon la grâce. D'esprit parfois un peu fumeux, relativement cultivé, il garda, comme plus tard Rancé, un faible pour l'éloquence littéraire. Il met sa coquetterie à dire son âge en olympiades, à traduire son nom en grec ou en hébreu. Nouvel Élie, nouvel Élisée, il a ses entrées chez les rois - et ses sorties à grand spectacle. Parfois il leur parle avec la raideur des Prophètes inspirés. Ce géant fait craindre le Dieu qu'il prêche au loin. Craindre et aimer. Roi d'un peuple de Moines, il a conquis ses disciples. Il mène ses hommes à la baguette? Mais c'est la baguette enchanteresse d'un Orphée chrétien, qui cherche à faire chanter dans les coeurs la joie de la libre obéissance, de la pauvreté enrichissante, de la chasteté féconde. Par ses nombreux fils, il a contribué à instaurer la civilisation Chrétienne. Sa Règle, avec la Règle bénédictine, c'est l'Évangile adapté aux hommes du 6ième siècle.

Son culte s'organisa promptement. La Vie, fort remaniée, de Saint Philibert, prétend, au ch. 8, que ce Saint lui dédia un autel (655?). Colomban est mentionné dans le martyrologe hiéronymien (recension de Fontenelle-Wissembourg, début du huitième siècle).

"Vie de Saint Colomban et de ses disciples", par Saint Jonas de Bobbio,
abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°19, extraits.
http://perso.wanadoo.fr/abbaye.bellefontaine/vmo/vmo19.htm

"Règle et pénitentiel de Saint Colomban",
abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°20.
http://perso.wanadoo.fr/abbaye.bellefontaine/vmo/vmo20.htm

ou

Né à Garton, Comté de Donegal, Irlande, vers 521; endormi le 9 juin 597. Saint Columba aurait reçu deux noms de Baptême, signifiant respectivement "colombe" (latinisé en "Columba") et "loup". Si cette histoire est véridique, la manière dont on l'a nommé était fortement prophétique et annonçait son caractère. Bien que Saint Ninian y soit passé deux siècles avant lui, Saint Columba est un des plus grands Apôtres de l'Ecosse - et par ses disciples, du nord de l'Angleterre. Il vécut selon le système du monachisme celtique, qui avait été établit en Occident par Saint Martin, et qui ressemblait plus à celui de Saint Antoine et des Moines originels du désert d'Egypte qu'à la règle bénédictine postérieure, à laquelle sera soumis tout le monachisme occidental ultérieur.

Saint Columba est un personnage encourageant, parce qu'il eut à vaincre en lui-même d'énormes obstacles vers la sainteté. Il était un fier Irlandais, de race royale, et il semble qu'il avait mauvais caractère. Bien qu'il fut l'Archevêque d'Ecosse, il passa ses premières quarante années de sa vie dans son Irlande natale. Il naquit en 521; vu sa parenté, il aurait dû avoir une chance d'être élu Haut roi d'Irlande; mais avant d'avoir grandit, il renonça à cette possibilité pour le service de Dieu. A dix-neuf ans, il alla à l'école chez Saint Finbar, un grand érudit avec une énorme collection de livres, qu'il gardait jalousement. Son principal trésor était connu comme "l'Evangéliaire de Saint Martin"; et Saint Columba (qui selon ses propres mots souhaitait "rechercher dans tous les livres ce qui serait bon pour toute âme") était très envieux d'en obtenir une copie, mais il n'osa pas demander la permission à son propriétaire pour en réaliser une.

Plus tard, il sera choisit par Saint Finnian pour être un de ses Douze Apôtres d'Irlande et y fonder son premier monastère. En tout, il sera le fondateur d'une centaine en Irlande et Ecosse, y compris celui où le Livre de Kells sera écrit.

A l'âge de quarante ans, Saint Columba retourna chez son vieux maître, Finbar; et pendant qu'il était là, son désir pour une copie de "l'Evangéliaire de Saint Martin" lui fit perdre toute mesure. Il se mit à l'emprunter secrètement la nuit, pour le retranscrire. Finbar découvrit ce qui se passait pendant qu'il dormait et réclama la copie comme étant sienne. Le tempérament de Columba se réveilla. Il répondit que rien ne parviendrait à lui faire donner le manuscrit, et conseilla Finbar de faire porter le cas en jugement auprès du Haut Roi. Ainsi fut-il fait. Mais le roi, contre toute attente, ne tint pas compte du rang de Columba dans le pays, et rendit un verdict en faveur de Finbar : "A chaque vache, appartient son veau, et à chaque livre, sa copie".

Columba devint furieux. On rapporte qu'il rentra chez lui, rameuta tout son clan pour attaquer les forces du roi, et il les aurait personnellement guidés vers une victoire sanglante dans laquelle quelque trois mille vies furent perdues. L'époque était sauvage; les Moines et même les femmes d'Irlande prenaient part aux guerres; et Columba dut probablement présenter ce combat comme une lutte pour un principe de justice. Mais après la bataille, il partit chez son "ami de l'âme" ou confesseur, qui, en pénitence, lui dit de partir en exil loin de sa terre bien-aimée, vers un pays d'outre-mer qui plus tard sera appelé Ecosse. Là il devait se rendre, et y gagner le plus d'âmes possible pour le Christ, au moins autant que ce qui avait été perdu dans la bataille.
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MessageSujet: Re: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:40

Columba hissa la voile en 563, à l'âge de cinquante-deux ans, et s'installa à Iona, d'où il étendra ses activités missionnaires très loin et intensivement. Il pénétrera lui-même avec quelques accompagnateurs dans le pays hostile et convertira le roi des Pictes dans sa forteresse près d'Inverness. Mais l'esprit de fierté et de rivalité n'était pas encore mort en Columba; il y a une histoire d'une âpre course entre lui et Saint Moluag, dans deux bateaux, pour la possession de l'Île de Lismore; quand Saint Moluag vit qu'il était occupé à perdre, il prit une hache, coupa son petit doigt, et le jeta sur le rivage à quelque distance, hurlant "ma chair et mon sang on prit en premier possession de l'île, et je bénit le Nom du Seigneur". - sur ce, Columba se mit à vociférer diverses malédictions à l'encontre de l'occupation de Moluag.

Celui-ci lui prit toute sa vie pour parvenir à conquérir complètement le prince fier et violent qui l'habitait - mais il y parvint; ou Dieu le fit.. Regardons un peu ce que Dieu fit de ce matériau plutôt récalcitrant et peu prometteur. Adamnan, un de ses parents et biographes, et successeur comme Abbé d'Iona, nous rapporte que Columba ne laissa jamais passer une heure sans s'appliquer lui-même à la prière ou au travail manuel ou à la lecture ou à l'écriture - et il réalisa un grand nombre de copies des Evangiles. Pourtant son domestique le trouva un jour d'hiver occupé à pleurer, parce que ses frères étaient surchargés. On nous parle d'un homme "avide et très voleur" qui voulu faire une expédition sur l'îlot où vivaient les phoques de la communauté (les phoques étaient utilisés tant pour la nourriture que pour l'huile pour s'éclairer); il fut capturé et renvoyé chez lui avec un mouton comme cadeau pour ne pas avoir pris les phoques. Le Saint essaya de le détourner de la tentation en lui envoyant par la suite encore de la nourriture - quel changement par rapport au farouche et vengeur Columba des jours anciens!

Nuit et jour, dit Adamnan, il était si occupé, sans interruption, dans les jeûnes et les Vigiles, que le fardeau d'une seule de ces occupations pourrait sembler au-delà de l'endurance humaine. Il avait un lit et un oreiller de pierre. Mais au milieu de tout cela, toujours agréable et d'une sainte expression au visage, il était réjouit par la joie de l'Esprit Saint. Bien que si strict envers lui-même, il faisait preuve de la plus grande douceur et gentillesse envers les autres, prenant soin des problèmes corporels et spirituels de ceux qui venaient à lui. On nous rapporte qu'avec ce sens commun caractéristique des Saints, il dissuada une femme picte de quitter son mari et sa famille pour devenir Moniale. On le retrouve aussi prenant soin des animaux, comme les Saints de nombre de nations, donnant des instructions spéciales à ses frères pour prendre soin d'une grue qui s'était affalée sur le rivage, épuisée par son vol depuis l'Irlande. Il ne put supporter qu'on éloigne de lui le cheval de trait blanc de la communauté, qui était venu lui montrer son affection peu avant sa naissance.

Nous pouvons apprendre de Saint Columba à ne pas nous décourager si les tentations et les faiblesses de caractères persistent, ou reviennent après un certain temps, et continuent à accaparer le plus de nous-même; c'est précisément dans nos faiblesses que Dieu peut nous rendre forts. A travers le Christ, Il peut me rendre extrêmement fort dans des domaines où à présent je suis justement si déplorablement faible. Il le fit avec Saint Columba, une forte tête, un fier et violent noble, qui devint un paisible vieillard, doux et humble de coeur comme son Maître.

ou

Descendant de la plus puissante famille dans le nord de l'Irlande, fondateur de monastères et initiateur des missions vers les Pictes et les Anglais, Columba est sans aucun doute le plus important Saint associé aux Eglises celtes

Les légendes le concernant ont grandit au fil des siècles, et il faut aborder avec circonspection nombre de récits le concernant. Une des plus célèbres le dépeint comme une sorte d'apprenti sorcier chrétien, copiant méchamment le précieux Psautier
( http://stmaterne.blogspot.com/2006/07/irlande-psautier-du-9me-sicle-retrouv.html )
de son maître par la lumière de sa propre main, et par ce fait, faisant éclater une bataille majeure!

De la même manière, des centaines de poèmes, dont certains sont des descriptions fort romantiques de la nature, d'autres de simples versets de dévotion, furent attribués au Saint longtemps après sa naissance au Ciel. Cependant, à travers les obscurs brouillards de sa légende, il est possible de retracer le contour de cette figure-clé du début de l'Église gaélique. En fait, de tous les Saints Celtes, il est aussi celui que nous connaissons le mieux, historiquement parlant.

Columba est né de race royale vers 521, dans le nord-ouest du Donegal, en Irlande. Bien que destiné à l'église dès son jeune âge, sa naissance comme noble lui donna compréhension et influence dans le monde politique.

La légende nous dit que son nom original était Crimthann ("renard") et que lorsqu'il fut formé pour être Prêtre, il le changea en Columba ("colombe"), et par la suite on l'appellera Colum Cille : "Colombe de l'Église." C'est devenu une sorte de tradition à l'époque moderne de considérer le Saint à travers les deux prismes de ces noms : l'astucieux renard en chasse, et la pacifique colombe pacifiant autour d'elle.

Il prit apparemment part à une bataille en 561 entre ses proches et lointains cousins; ceci mena à son exil et même à une excommunication temporaire. Cependant son biographe et successeur, Adomnán, regarda les choses différemment, passant sur son excommunication et nous disant seulement que "la seconde année suivant la bataille de Cúl Drebene, alors qu'il était âgé de quarante et un ans, Columba fit voile de l'Irlande vers la Grande-Bretagne, choisissant de devenir un pèlerin pour le Christ."

Ses efforts en Écosse révèlent un homme qui en avait appris beaucoup en 41 ans, suffisamment pour fonder une série de Monastères sur les Îles Hébrides intérieures, au large de la côte ouest de l'Écosse. Ce système monastique sera repris par la suite par des ordres tels les Cisterciens et les Chartreux.

Iona, une petite Île des Hébrides au large d'une plus grande, Mull, était le centre fertile de ce système. Pour un regard moderne, elle était éloignée de tout, mais Iona était le centre d'anciennes routes maritimes médiévales par lesquelles parvenaient les poteries et de la nourriture de France et de la mer Méditerranée. Cependant, Iona était conçue comme un véritable monastère, un lieu mis à part pour Columba et ses frères.

D'autres Monastères insulaires, tels celui sur Tiree, abritait des laïcs y servant à titre de pénitence pour leurs péchés. Une autre île abritait des Moines plus anciens, plus expérimentés, qui y vivaient comme de Saints Anachorètes.

Iona formait des Prêtres et des Evêques, et la réputation d'érudition de Columba était grande lorsqu'il rendit son âme Seigneur (bien que nous ne possédions plus que peu de ses propres oeuvres). D'iona, des Prêtres et des Moines partirent au loin, fondant des églises en Écosse et cherchant "des déserts sur l'océan" (des îles isolées et lointaines).

La tradition de Columba nous donne un avant-goût tant du renard que de la colombe. La Vie de Columba, par Adomnán, fourmille d'histoires où Columba parle avec des Anges, envoie un Ange sauver un Moine qui tombe d'un toit, est battu par un Ange pour le convaincre d'obéir au choix de Dieu (plutôt qu'au sien) pour le choix d'un roi pour la colonie gaélique en Écosse.

Il est présenté comme ravi en contemplation, voyant "d'un esprit miraculeusement élargit... l'orbite entière du globe terrestre et la mer et le ciel qui l'entoure." De ces visions, il proclame des prophéties, envoie des moines pour aider des gens en détresse, ou prie pour revigorer ses moines épuisés travaillant aux champs.

En matière de rois, Columba s'en tient à ses propres idées. Bien qu’il prie pour le succès militaire des rois que Dieu a choisis, il discute leur choix avec les Anges. Il affronte par sa puissance le roi des Pictes, l'écrasant de Psaumes bruyants, défonçant ses lourdes portes en chêne, et repoussant la magie des druides du roi. Il bat même des animaux sauvages : un féroce sanglier tombe raide mort, et un étrange monstre sur le Loch Ness s'enfuit face à sa puissance.

Bien que la puissance de Columba soit souvent dépeinte d'une manière imagée, son influence était en fait la clé de sa victoire sur les rois de l'Écosse gaélique, et ses pouvoirs légendaires étaient suffisamment célèbres pour que ses Moines, par la suite, parviennent à convaincre les Pictes de se convertir.

Après sa naissance au Ciel, la puissance politique et militaire de Columba devint un élément-clé de son culte. Ses Reliques furent emportées à la bataille par de petits chefs irlandais et des rois écossais.

Des décennies après son endormissement, une apparition particulière au roi anglais de Northumberland fut décisive dans l'histoire du Christianisme en Grande-Bretagne. Ce roi était Oswald, qui avait été élevé en exil sur Iona. Alors qu'Oswald livrait la bataille par laquelle il allait assurer sa royauté, Columba apparu en grand au-dessus du champ, promettant la victoire. En 635, Oswald envoya des Missionnaires d'Iona pour renouveler par leur sobriété monastique et leurs bonnes oeuvres le Christianisme du Northumberland, qui était occupé à vaciller.

Columba était un poète, un très grand érudit, un fondateur de Monastères et un chef, un ecclésiastique visionnaire. A l'époque de son repos, le 9 juin 597, il était déjà célébré.

Bien qu'il fut plus un Moine qu'un Missionnaire, Columba fonda des églises en Écosse, et ces dernières, avec le temps, se mirent à évangéliser Pictes et Angles. L'héritage des Monastères qu'il a fondés, qui se ressourçaient sans cesse dans l'inspiration de leur Saint patron, ont grandement multiplié l'influence de l'homme en lui-même. De manière appropriée, à la fin de la Vie, Adomnán présente son héros gravissant la petite colline près du Monastère sur Iona, et de là déclarer :

"Cet endroit, bien que petit et sans importance, sera grandement honoré par les rois et les peuples d'Irlande, et aussi par les dirigeants de nations barbares et étrangères avec les tribus qui leur sont soumises. Et les Saints d'autres Églises [comprendre autres Eglises locales] le révéreront aussi grandement."

Une des manières dont l'influence de Columba se fit sentir après sa mort fut la Loi des Innocents, promulguée par Adomnán en 697. Cette loi veillait à la protection des non-belligérants (dans une société largement militarisée) et des femmes (en danger face aux violences domestiques, aux habituels abus, et aux épouvantables conditions de vie et de travail).

La Loi d'Adomnán imposait de sévère punitions aux offenseurs. C'est une étape décisive dans l'histoire de la législation.

Adomnán rapporte nombre de récits de Columba où il le présente comme protecteur des innocents, et ces récits renforcent le grave message sous-jacent à sa Loi. Dans le plus célèbre, Columba était encore jeune garçon, étudiant dans un pré avec son tuteur. Paraît une jeune fille, poursuivie par un vicieux voyou, qui la transperce aux pieds mêmes des clercs. Horrifié, le tuteur s'écrie "Combien de temps, Columba, mon Saint fils, Dieu le Juste Juge va-t-Il laisser ce crime et ce déshonneur impunis?" Columba appela la colère de Dieu sur le meurtrier, qui s'effondra raide mort.

Il est difficile de résumé tous ses accomplissements, mais une sentence commémorative composée après son départ au Ciel y parvient mieux que la plupart :

"Il était un pilier d'érudition en tout domaine, Il fut éminent dans le livre de la difficile Loi.
La terre du nord s'éclaira, Les peuples de l'ouest furent enflammés, Il illumina l'est avec de chastes Moines."
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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Saint Colomban d'Iona; 9 - 22 juin   Dim 21 Juin - 23:43

ou

Une très belle "vie de Saint Columban" a été publiée en bande dessinée aux éditions Fleurus, au début des années 1990, mais apparemment épuisée de nos jours. Dommage!


"Colomban, aventurier de l'Europe" co-éditions Fleurus & Cercle Girardot (cercle d'archéologie du Jura, à Lons-le-Saunier) ISBN 2-215-01440-7

NB : La vie de Saint Colomban et de ses fondations à travers les pérégrinations d'un de ses héritiers spirituels. A chaque fois, un détail vestimentaire est mis en valeur, et resitué dans le cadre de la vie des Mérovingiens. Avec notices archéologiques et historiques. Riche bibliographie qui suit plusieurs pages de textes & photos sur l'époque et les lieux des faits. Magnifique. Encouragez les éditions Fleurus à le ressortir!

Tropaire de Saint Columban de Luxeuil ton 8

Rome fut choqué par la sévérité de ta Règle, Ô Père Columban,/
Mais sans te décourager tu ne faiblis pas dans ta condamnation du laxisme spirituel et moral./
Te tenant fermement dans la tradition des Pères de la Thébaïde, tu es une citadelle forte pour nous pécheurs,/
C'est pourquoi Ô Saint, supplie le Christ notre Dieu afin qu'Il nous accorde grande Miséricorde.


Vers à chanter au réfectoire le jour de sa Fête.
Tu es grand, Ô illustre Prêtre, enveloppé d'une auguste gloire.
Tu es la gloire des tiens, Colomba, parfum de l'univers.
Les cohortes des Moines t'appelleront leur illustre père.
Sage t'ont nommé les grands, prophète t'ont appelé les rois.
Illustrés par tes oeuvres, tes préceptes le confirment
5. La beauté sacrée de la vie monastique procure l'éclat.
On te tient pour la gloire des vertus, pour un soldat du Christ
En tenue de parade à jamais, quand tu profères tes préceptes par des discours sacrés.
De tous les métaux précieux, lesquels peuvent s'égaler à toi?
10. Les exploits des siècles passés se comparent-ils à tes saintes actions?
Ni la tête d'or, la Babylone des Perses,
Ni l'argent du vieux Darius le Mède, n'a rien eu de pareil.
Ni le bronze du Macédonien ne s'est jadis signalé ainsi à la guerre,
Ou le riverain du Nil et Cenchris noyés dans la mer.
15. Ils n'ont rien fait de grand qui ressemble à tes hauts faits,
Homère de Smyrne et Maron de Mantoue,
Ni Hannibal le Carthaginois ou Porus, l'opiniâtre Indien,
Ni Marius, Catulus, Scipion, Sylla, Gracchus,
Ni César, l'homme de fer, Bocchus le Numide, l'Ambron,
20. Le Celtibère, le Scythe, l'Ibère et le Sicambre.
Fécond comme le cèdre et le palmier, tu donnes tes fruits.
Tu es agréable comme l'or fin de Thessalie
Ton parfum a l'agrément des arbres à encens d'Arabie
Tu distilles le baume à la manière de l'arbre coupé d'Engaddi.
25. Sarment touffu, tu demeures la vraie vigne,
Onctueux comme l'olivier, tu déverses l'huile.
Grande est ta douceur, éclatante ta bonté.
Scrutant les profondeurs mystiques et pénétrant les secrets cachés,
Tu as bâti une maison fondée sur ce roc
30. Qui affermit la masse de l'univers créé.
Sur lui quiconque s'appuie, à jamais ferme il demeure.
Il est pierre d'angle, chrysoprase, jacinthe,
Sardonyx, émeraude, topaze, béryl,
Chrysolithe et jaspe, saphir, améthyste,
35. Chalcédoine et sardoine, perle candide,
Mise à la base de la Jérusalem d'En-Haut.
Tu vis après la mort, achetant de ta mort la vie,
Tu voues à leur perte les fautes damnables, en subissant le dam de ta chair.
Tu t'exemptes de fautes crucifiables, en te chargeant de la croix du Christ.
40. En fuyant ta patrie, à la Patrie tu retournes.
Tu t'allies au roi éternel en méprisant les rois.
Aux délices du Paradis à tout jamais tu pénètres,
Pour y posséder le bonheur en des campagnes verdoyantes.
Le Seigneur, ami des vertus, t'a couronné,
45. En ses éternelles demeures il t'a placé.
Là, de ta voix sacrée, tu chantes des hymnes joyeuses.
A présent, tu reçois les trésors que tu as naguère mis en réserve,
Ceux que par un pieux commerce tu troquas dans le siècle.
Tu vois les choeurs des Anges et des Prophètes,
50. Les blanches foules des Martyrs et des justes,
Inondé de lumière dorée, tu brilles en ce camp,
Où le Christ, ton chef, t'a ramené, après avoir occis par le poignard l'ennemi.
Tu as trouvé le Seigneur, ce Jésus que tu cherchais ici-bas,
Qui rend ainsi son trophée au guerrier triomphant du monde.
55. Tu marches sur la voie que tu t'es jadis préparée,
Qui conduit aux éternelles joies du paradis.
Tu as méprisé le monde, afin de posséder le Messie,
Avec qui tu demeures pour les siècles sans fin à venir.
Gloire à la Trinité, puissance à jamais digne de nos chants,
60. Dans les siècles présents et tous ceux à venir.


Ajoutons cet hymne que l'on peut chanter le jour de son repos, car contrairement au précédent, celui-ci contient ses miracles.

1. Solennel en nos siècles,
Resplendit le jour de gloire,
Où Saint Colomban est monté
Aux cieux, portant son trophée.

2. Mais sa mère,
Avant de lui donner le jour,
Voit, sorti de son sein, le soleil
Répandre le jour sur la terre.

3. Elevé ensuite en Irlande,
Instruit de la sainte doctrine,
Il arrive sur le sol des Gaules
Et apporte le salut au peuple.

4. Les malades sont aussitôt guéris,
Du roc jaillissent les eaux,
Le poisson s'offre à consommer,
La pluie s'éloigne de la moisson.

5. Une femme stérile obtient un enfant,
Un oiseau rend l'objet volé,
Au grenier le froment se multiplie,
La chair coupée se retrouve intacte.

6. Touché, il voit sans être vu.
La geôle subit des pertes.
Loin de l'homme s'enfuit la peste,
Qu'y avait mise un cruel démon.

7. La Loire arrête le bateau.
Les objets volés sortent de leur cache.
L'aveugle recouvre la vue.
Donnée, la nourriture se multiplie.

8. Les oiseaux viennent se faire manger.
Les bêtes obéissent aux ordres.
Sûre d'elle-même, la Foi
Voit accomplies toutes ses demandes.

9. Gloire à Toi, égale Trinité,
Unique déité,
Avant tous les siècles,
Maintenant et à jamais.


Sa "Chanson du Bateau" communique l'envie d'aventure et la Foi robuste qui a animé les Moines irlandais :

en latin : http://web.archive.org/web/20070405183909/www.fh-augsburg.de/~harsch/Chronologia/Lspost06/Columbanus/col_carm.html

en français :
Coupée dans les forêts, emportées au long du Rhin aux deux-cornes,
Notre quille, solide et calfeutrée, maintenant flotte sur la mer.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

La houle en rafales sauvages, les chutes tailladantes des torrents,
Mais la force de l'homme sait dompter l'orage.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

A l'effort sérieux, les nuages et la tempête rapportent;
L'ardeur et le travail incessants conquièrent tout.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

Supportez et sauvez-vous pour de meilleures choses;
Ô vous qui avez souffert pire, ceci terminera aussi.
Heia, les hommes! Laissez retentir notre "heia" en écho!

Ainsi quand l'Ennemi détestable attaque nos coeurs,
Tentant et secouant les profondeurs de nos coeurs avec les passions,
Hommes, laissez vos âmes se souvenir du Christ! Criez "heia"!

D'une ferme résolution, rejetez les volontés de Satan.
Armés par les vertus, défendez-vous avec valeur.
Hommes, laissez vos âmes se souvenir du Christ! Criez "heia"!

La Foi ferme et la sainte ardeur conquièrent tout.
L'antique ennemi, battu, casse ses flèches.
Hommes, laissez vos âmes se souvenir du Christ! Criez "heia"!

La Source du Bien et de l'Etre, le plus Haut Pouvoir,
L'offre au guerrier et lui donne les prix du vainqueur.
Hommes, laissez vos âmes se souvenir du Christ! Criez "heia"!


Une des prières de Saint Columba:
Tout-Puissant Père, Fils et Saint-Esprit,
Dieu éternel et béni à jamais.
A moi, indigne serviteur, daigne accorder
Que je puisse garder une porte au Ciel.
La plus petite des portes, celle qui est la moins utilisée.
Mais dans Ta maison, Ô Seigneur,
Afin que je puisse contempler Ta gloire, même de loin,
Et entendre Ta voix, Ô Dieu, et savoir
Que je suis avec Toi – Ô mon Dieu.
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