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 Sainte Brigitte de Kildare; 10 - 23 juin

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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Sainte Brigitte de Kildare; 10 - 23 juin   Lun 22 Juin - 20:01

SAINTE BRIGITTE DE KILDARE, THAUMATURGE ET ILLUMINATRICE D’IRLANDE (436-523)
Il n'appartient qu'à Dieu, dit Job, de faire des vases purs d'une matière impure. C'est lui seul qui peut faire, quand il lui plaît, que les épines produisent des raisins et que les chardons portent des figues. Sainte Brigitte, dont Notre Seigneur a su conserver la virginité toute pure, quoiqu'elle fût née dans les infamies et les impuretés d'un adultère de son père avec une esclave. Cette infidélité de Duptace (c'est ainsi qu'on appelait ce seigneur irlandais) toucha si sensiblement le coeur de sa légitime épouse, qu'imitant l'ancienne Sara, la mère de tous les Croyants, elle ne donna point de repos à son mari qu'il n'eût mis dehors cette servante, quoique deux Saints Prélats l'eussent assuré qu'elle enfermait une Sainte dans son sein.

En effet, l'esclave bannie mit au monde une fille qui fut nommée Brigitte au Baptême, que son père prit soin de lui faire donner pour la rendre fille adoptive de Jésus-Christ. Elle fut confiée à une femme chrétienne qui eut soin de l'élever dans la crainte de Dieu et l'amour de la virginité. Quelque temps après, Duptace voyant que sa fille avançait en âge et en sagesse, la fit venir en sa maison, où elle se rendit très aimable par les rares vertus dont son âme était remplie et qu'elle faisait paraître au dehors. Elle était humble, paisible et obéissante; et surtout il semblait que la compassion pour les pauvres fut sortie avec elle du sein de sa mère, parce qu'elle usait de toutes sortes d'inventions pour leur faire du bien.

Ces admirables vertus étaient relevées par une beauté parfaitement régulière qui ravissait aisément les coeurs de tous ceux qui la regardaient; c'est pourquoi elle fut recherchée par divers partis. Mais Brigitte, qui s'était déjà consacrée par voeu à Jésus-Christ, l'Epoux des vierges, s'apercevant que cet empressement qu'on témoignait pour l'épouser ne procédait d'ailleurs que d'elle-même et de cette rare beauté qui éclatait sur son visage, pria Notre-Seigneur de la rendre si laide qu'on ne pensât plus à elle. Sa prière fut exaucée, et, par la perte d'un oeil, la Sainte fille demeura si difforme qu'il ne se trouva plus personne qui parla de l'épouser: ce qui obligea son père de lui permettre de se faire Moniale comme elle en avait le désir.

Son entrée en religion fut rendue remarquable par trois insignes faveurs qu'elle y reçut du Ciel: l'Evêque Malchille, ou Mel, ancien disciple de Saint Patrick, Apôtre d'Irlande, qui lui donna le voile, aperçut sur sa tête une colonne de feu; quand Brigitte pencha la tête pour baiser le marche-pied de l'autel, le bois, quoique sec et déjà vieux, reverdit par son attouchement; enfin, au même instant, son oeil se trouva guéri, et son visage reprit sa première beauté, à laquelle Notre-Seigneur ajouta encore un nouvel éclat, ne voulant pas que celle qui avait désiré pour son amour perdre la beauté de son corps, afin de conserver la pureté de son âme, demeurât avec la moindre difformité corporelle.

Trois jeunes filles, de ses amies, avaient suivi Brigitte dans la retraite. Elles se construisirent dans un gros chêne des cellules qui furent appelées, depuis "Kill-Dara" ou "Cellules du Chêne", à huit lieues de Dublin, et adoptèrent un costume différent de celui des autres religieuses du pays. Ce fut comme une pépinière sainte qui donna naissance à un grand nombre de monastères en Irlande, lesquels reconnaissent tous Sainte Brigitte pour leur mère et leur fondatrice. La réputation de sa sainteté et de ses miracles rendit Kildare si célèbre et si fréquenté, que le grand nombre des édifices qu'on bâtit, de son vivant, même, autour du monastère, y forma une ville qui devint assez considérable dans la suite pour qu'on y ait transféré le siège métropolitain de la province.

La surveillance qu'elle devait exercer sur un grand nombre de maisons monastiques, l'obligea à de fréquents voyages qui occupèrent une grande partie de sa vie et qui furent toujours d'une si grande utilité qu'on peut dire que chacun de ses pas a été marqué par la fondation de quelque nouveau monastère.

Cette pieuse Vierge avait reçu de Dieu le don des miracles dans un haut degré, et elle en a fait un si grand nombre, que le papiste Baronius écrit avoir lu au Monastère de Sainte-Cécile, au-delà du Tibre, à Rome, un vieux manuscrit qui en contenait vingt-quatre chapitres. Nous en rapporterons seulement deux ou trois qui feront juger des autres.

Deux lépreux s'adressèrent à la Sainte pour être guéris. Elle pria Dieu pour eux, et, faisant le signe de la Croix sur un peu d'eau, elle leur commanda de s'en laver l'un l'autre: le premier, après avoir été lavé, se sentant guéri, fut si ravi de sa santé, que, de crainte de la perdre, il ne voulut jamais rendre le même service à son compagnon. Mais, en punition de son ingratitude, il se vit aussitôt recouvert de la même lèpre, et son compagnon fut parfaitement guéri par la seule prière de Sainte Brigitte, qui semblait tenir en ses mains les clefs de la santé et de la maladie.

Une fille aveugle, nommée Darie, pria la Sainte de faire une bénédiction sur ses yeux, et par ce moyen elle recouvra la vue; mais étant ensuite éclairée d'une plus haute lumière, et reconnaissant que tout ce qui se voit des yeux du corps n'est qu'un embarras pour l'âme, elle s'en retourna vers sa bienfaitrice pour la prier de lui rendre sa première cécité; et à l'instant ses yeux, qui avaient été ouverts à la supplication de Sainte Brigitte, se refermèrent à sa prière.

Une autre fille, âgée de douze ans, qui était muette de naissance, fut amenée par sa mère à Sainte Brigitte. La Sainte la prit par la main et lui demanda si elle ne voulait pas bien, pour l'amour de Jésus-Christ, garder la virginité perpétuelle : et comme la mère lui représenta l'impuissance de sa fille pour parler, la Sainte lui répliqua : "Cependant, je ne la laisserai point aller qu'elle ne m'ait répondu". Alors la muette, déliant sa langue, lui promit de demeurer vierge toute sa vie avec la grâce de Dieu; et, depuis, l'usage de la parole lui demeura toujours libre.

Une méchante femme, ayant mis au monde un garçon, disait hautement pour excuser son crime qu'elle l'avait eu de l'Evêque appelé Broon, lequel était un Saint homme, aussi disciple de Saint Patrick. Cette calomnie fut rapportée à Sainte Brigitte, et la misérable soutint effrontément son mensonge en sa présence et celle du même Saint Patrick ; mais la Sainte faisant le signe de la Croix sur la bouche de cette infâme, lui fit enfler la langue de telle sorte qu'elle ne pouvait parler; et, faisant de même sur la langue de l'enfant, elle la délia, et il dit distinctement, après que Sainte Brigitte le lui eut commandé, que l'Evêque n'était pas son père, mais bien un pauvre homme du commun. Ainsi la vérité fui découverte, l'honneur de l'Evêque conservé, et la gloire rendue à Dieu, protecteur de l'innocence.

Elle a fait encore quantité de prodiges par le signe de la Croix. C'est par ce moyen qu'elle chassait les démons des corps humains, et qu'elle retenait les personnes qu'elle voyait en danger de se perdre. On raconte à ce sujet une chose surprenante : la fille d'un gentilhomme s'étant dérobée secrètement de la maison de son père le jour même de ses noces, pour se sauver dans le monastère de Brigitte, ce père monta à cheval, suivi d'une bonne escorte, pour enlever sa fille de force; mais la Sainte l'ayant aperçu fit le signe de la Croix en terre, et à l'instant les hommes et les chevaux devinrent immobiles comme des statues, jusqu'à ce que le père, reconnaissant sa faute, permît à sa fille d'exécuter son voeu et de demeurer en religion.

Ce peu que nous venons de lire suffit, pour faire voir évidemment quels sont les mérites de cette grande Sainte. Le temps de sa récompense étant arrivé, après avoir heureusement achevé sa course, elle eut révélation du jour de son décès, dont elle donna avis à une bonne fille qu'elle avait élevée en la crainte et en l'amour de Dieu, lui marquant le jour qu'elle partirait de cette vie, pour aller jouir des chastes embrassements de son Epoux dans le Ciel.

Elle rendit son âme à Dieu, suivant l'opinion la plus probable, dans son premier monastère d'Irlande, un mercredi, 1er février 523.

Les auteurs ne conviennent pas du lieu où elle naquit au Ciel : les uns disent que c'est à Glastonbury, en Angleterre; d'autres, à Kildare, en Irlande. Il est marqué au Martyrologe romain que ce fut en Ecosse. Mais il est bon de savoir que les Scots, qui ont donné leur nom à la partie septentrionale de la Grande-Bretagne, habitaient l'Irlande au cinquième siècle; l'Irlande s'appelait indifférement Scottie et Hiberniae. Elle décéda le 1er février, l'an de Notre-Seigneur 518, selon Sigebert, et 521 selon Marien, Ecossais, sous l'empire de Justin l'aîné, ou enfin 523 plus probablement selon d'autres, étant âgée de soixante-dix ans.

Son corps fut enterré à Kildare où les Moniales, pour honorer sa mémoire, instituèrent un feu sacré perpétuel appelé le feu de Sainte Brigitte : ce qui fit donner au monastère le nom de Maison du Feu. Elles l'y entretinrent jusqu'en 1220, époque à laquelle l'archevêque papiste de Dublin le fit éteindre. Le corps de la Sainte en avait été enlevé dès le neuvième siècle, à cause des incursions des Danois, et transporté à Down Patrick.

On ne perdit pas le souvenir de Sainte Brigitte à Kildare, quoiqu'en moins d'un siècle, de 835 à 924, la ville et le monastère eussent été saccagés cinq fois; mais à Down on l'oublia. Il fallut attendre 1186 pour qu'on retrouvât le corps de Sainte Brigitte. Il fut découvert déposé avec ceux de Saint Patrick et de Saint Colomb dans une triple voûte, d'où on le transféra dans la cathédrale de la même ville. L'impie Grey, sous Henri VIII, détruisit l'église qui renfermait ces Reliques et les jeta au vent. Le chef de Sainte Brigitte se trouvait à Neustadt, en Autriche, et put échapper à la profanation. Elle y fut conservée dans la chapelle du château impérial, jusqu'à l'année 1587 où Rodolphe II en fit présent à l'ambassadeur d'Espagne, Jean de Borgia : celui-ci à son tour en enrichit l'église des Jésuites de Lisbonne. La ville de Cologne, qui a une paroisse placée sous la protection de cette Sainte, se vante d'avoir aussi de ses Reliques.

La fête de Sainte Brigitte a toujours été célébrée le 1er février, jour de son entrée au Ciel. On croit communément que c'était un mercredi, ce qui ne peut convenir pour le commencement du sixième siècle qu'aux années 506, 517, 523 et 534. Le culte de Sainte Brigitte était autrefois très répandu, non seulement en Irlande où elle tient le premier rang des Saintes après la Mère de Dieu, mais en Flandre, en Allemagne et dans une partie de la France. Sa fête était reçue dans tout l'Occident au neuvième siècle. L'Irlande la regarde comme sa protectrice, de même que Saint Patrick est son protecteur.

"Partout où les Moines irlandais ont pénétré, à Cologne comme à Séville, des églises se sont élevées en son honneur, et partout où de nos jours encore se répand l'émigration britannique, le nom de Brigitte signale la femme de race irlandaise. Dix-huit paroisses en Irlande portent encore le nom de Sainte Brigitte. Privés par la persécution et la misère de construire des monuments en pierre, ils témoignent de leur inébranlable dévotion à cette chère mémoire en donnant son nom à leurs filles. Noble et touchant hommage d'une race toujours infortunée et toujours fidèle, qui fut comme elle esclave et comme elle chrétienne".

Il n'existe pas de vestiges du passage de Sainte Brigitte sur la terre, excepté une tour ronde et des ruines d'une église qu'on dit dater du sixième siècle. La congrégation des soeurs ou Moniales qu'elle a fondée a disparu. Toutes ses reliques sont probablement perdues. Dans son office imprimé par les papistes à Paris en 1620, l'hymne des premières Vpres dit: "Pour témoigner de sa vertu calomniée, le bois sec de l'autel reverdit tout à coup, au contact de sa main virginale." On ajoute qu'il en sortit un petit rameau. On la représente donc portant la main à l'autel ou à genoux sur le marchepied. Dans l’iconographie, on la peint aussi à genoux et tenant un vase à large ouverture; près d'elle une vache. Cet attribut fait allusion à plusieurs traits de sa vie.

Nous choisirons toutefois une seule circonstance, et nous renverrons à Surius, au 1er février, pour les autres où la vache joue un rôle quelconque. Sainte Brigitte étant devenue célèbre par ses vertus, reçut un jour la visite de plusieurs Evêques, mais elle n'avait pas de quoi les traiter. Elle se recommande à Dieu et imagine de traire trois fois dans la même journée la seule vache qu'elle eût : sa Foi fut récompensée, elle tira autant de lait qu'auraient pu en donner trois bonnes laitières.

Encore de nos jours, dans la paroisse papiste d'Hamay, entre Huy et Liège, en Belgique, on fait, des pèlerinages, en l'honneur de Sainte Brigitte, pour les vaches. Près de Fosses-la-Ville, dans le diocèse papiste de Namur, les paysannes font bénir, le premier février, des baguettes avec lesquelles on touche les vaches malades pour les guérir.

ou

Née à Faughart (près de Dundalk) ou Uinmeras (près de Kildare), Louth, Irlande, vers 450 ; rappelée à Kildare, Irlande, vers 525; fête de sa Translation le 10 juin.

"Nous T'implorons, par la mémoire de Ta Sainte Croix et Ton angoisse la plus amère, donnes-nous la crainte de Toi, fais-nous T'aimer, O Christ. Amen." (prière de Saint Brigitte)

Saint Brigitte était une "originale" -- et c'est ce que chacun de nous est supposé être, une création originale de l'Imagination Toute-Puissante. Malheureusement, la plupart d'entre-nous sont captifs du désir de plaire aux autres, d'être acceptés. Nous nous conformons à la norme, plutôt que de s'ouvrir à la puissance créatrice de Dieu et de lui offrir le doux et unique parfum de nos vies. Nous manquons la gloire d'offrir à Dieu le cadeau de qui nous serions supposés devenir.

Ce défaut manquait chez Brigitte. Elle a fait ce qu'il fallait faire. Elle a accueilli chacun, s'efforçant de les aider à être "originaux", eux aussi. Elle était ainsi si généreuse qu'elle a donné jusqu'à son manteau. Elle n'a jamais fuit loin du travail difficile ou de la prière intense. Elle s'écartait des règles -- même celles de l'Eglise -- si c'était nécessaire pour mettre en évidence le meilleur chez autrui. Peut-être pour cette raison, cette Sainte qui n'a jamais quitté l'Irlande est vénérée dans le monde entier comme prototype de toutes les Moniales. Elle a franchit et comblé le fossé entre les cultures chrétiennes et païennes.

Brigitte voyait la beauté et la bonté de Dieu dans toute Sa Création : les vaches lui faisaient aimer Dieu davantage. De même les canards sauvages, qui arrivaient et se posaient sur ses épaules et mains quand elle les appelait. Elle était appréciée, d'une grande popularité parmi ses propres disciples et les villageois des alentours ; et elle a eu une grande autorité, dirigeant un monastère double, avec des Moines et des Moniales.
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Philippe Crévieaux



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MessageSujet: Re: Sainte Brigitte de Kildare; 10 - 23 juin   Lun 22 Juin - 20:02

Sa vertu principale était sa gentillesse, sa compassion, et sa nature heureuse et dévouée qui a conquit l'affection de tous ceux qui l'ont connue. Elle était une grande évangéliste, et donnait la main joyeusement à tous les Saints de l'époque qui répandaient l'Evangile. Elle était si vénérée dans l'ensemble de l'Europe que les chevaliers médiévaux, cherchant un modèle de perfection féminine, avaient choisi Brigitte comme exemple. Une théorie affirme que du fait de l'image de Brigitte en tant qu'idéal féminin, le mot anglais "Bride" ("jeune mariée"), dérivé de son prénom, serait passé dans l'anglais. - c'est peu probable, cependant, le mot probablement dérivant du vieux germanique "bryd," "jeune mariée".

Les faits historiques sur la vie de Saint Brigitte sont peu nombreux parce que les comptes-rendus à son sujet après sa mort ont commencé à être écrits au septième siècle. Ils consistent principalement en des miracles et des anecdotes, dont certaines sont profondément enracinées dans le folklore païen irlandais. Néanmoins, ils nous donnent une forte impression de son caractère. Elle est probablement née au milieu du cinquième siècle en Irlande orientale. Certains indiquent que ses parents étaient d'origine humble; d'autres qu'ils étaient Dubhthach, un chef de clan irlandais de Leinster, et Brocca, une esclave de sa cour. Tous les récits rapportent qu'ils ont tous deux été baptisées par Saint Patrick. Certains indiquent que Brigitte a été amie avec Patrick, bien qu'il soit peu sûr qu'elle l'ait jamais rencontré. La belle Brigitte s'est consacrée très jeune à Dieu. Elle a reçu le voile de Moniale par Saint Macaille à Croghan et consacrée comme Abbesse par l'Evêque Saint Mel à Armagh.

Le Livre de Lismore contient ce récit :

Brigitte et certains Vierges allèrent avec elle recevoir le voile de l'Evêque Mel à Telcha Mide. Il était heureux de les voir. Par humilité, Brigitte resta en arrière afin d'être la dernière à recevoir le voile. Une rose rouge tomba sur sa tête, du faîte du toit de l'église. L'Evêque Mel dit alors : "Avance-toi, Ô Sainte Brigitte, que je puisse orner ta tête du voile avant les autres vierges." Elle s'est alors avancée. Et par une grâce du Saint-Esprit, c'est le rituel d'ordination épiscopale qui a été lu sur elle! Macaille dit que l'ordination épiscopale ne devrait pas être donnée à une femme. L'Evêque Mel répondit : "Je n'ai aucun pouvoir en la matière. C'est Dieu qui a conféré cette dignité à Brigitte, au devant de toute (autre) femme."

C'est pourquoi depuis lors les hommes d'Irlande rendent les honneurs épiscopaux au successeur de Brigitte.

Cette histoire tient très probablement au fait que le système diocésain du Patriarcat de Rome était inconnu en Irlande. Les monastères formaient le centre de la vie chrétienne dans l'Eglise primitive d'Irlande. Par conséquent, Abbés et Abbesses pouvaient avoir tenu certaines des dignités et fonctions d'un Evêque sur le Continent. L'évidence de ceci peut être également constatée aux Synodes et aux Conciles, comme celui de Whitby, qui a été convoqué par Saint Hilda. Des femmes ont parfois dirigé un double monastère; dirigeant donc des hommes et des femmes. Brigitte, en tant que première parmi les Abbesses, pourrait avoir rempli quelques fonctions semi-épiscopales, comme prêchant, recevoir les confessions (sans absolution), et diriger les Chrétiens de la région.

Elle a commencé sa vie consacrée comme Anachorète, sa sainteté a attiré beaucoup d'autres. Quand elle eut environ dix-huit ans, elle s'installa avec sept autres filles aux mêmes aspirations près de la colline de Croghan, afin de se consacrer au service de Dieu. Aux environs de 468, elle a suivi Saint Mel à Meath.

Il y a peu d'informations fiables sur le couvent qu'elle a fondé aux alentours de 470 à Kildare (à l'origine Cill-Daire ou 'église du chêne'), premier Monastère d'Irlande, et sur la règle qui y a été suivie. C'est une des manières par lesquelles Brigitte a sanctifié le païen avec le Chrétien : le chêne était sacré pour les druides, et à l'intérieur du sanctuaire de l'église il y avait une flamme perpétuelle, un autre symbole religieux des croyances des druides, autant que des Chrétiens. Gerald du Pays de Galles (treizième siècle) a noté que le feu était perpétuellement maintenu par vingt Moniales de sa communauté. Ceci a continué jusqu'en 1220, où il a été éteint. Gerald a noté que le feu était entouré par un cercle de buissons, où il n'était permis à aucun homme d'entrer.

On pense généralement que c'était un double monastère, logeant hommes et femmes -- une pratique courante dans les terres celtiques qui a été parfois emmenée par les Irlandais sur le Continent. Il est possible qu'elle ait présidé aux deux communautés. Elle a fondé des écoles pour hommes et femmes. Une autre source indique qu'elle a installé un Evêque appelé Conlaeth.

Cogitosus, un Moine de Kildare du huitième siècle, a retravaillé la vie "métrique" de Sainte Brigitte, et l'a mise en versets en bon latin. Ce texte est connu comme "deuxième vie", et est un excellent exemple de l'érudition irlandaise du milieu du huitième siècle. Ce qui est peut-être le plus intéressant dans le travail de Cogitosus est sa description de la cathédrale de Kildare à son époque :

"Solo spatioso et in altum minaci proceritate porruta ac decorata pictis tabulis, tria intrinsecus habens oratoria ampla, et divisa parietibus tabulatis".

Le jubé était constitué de panneaux en bois, largement décorés, et avec des rideaux admirablement décorés.

La célèbre tour ronde de Kildare date probablement du sixième siècle.

La sixième vie de la Sainte, imprimée par Colgan est attribuée à Coelan, un Moine irlandais du huitième siècle, et elle a une importance particulière du fait qu'elle est préfacée par un avant-propos de la plume de Saint Donatus, lui aussi Moine irlandais, qui devint Evêque de Fiesole en 824. Saint Donatus se rapporte aux vies précédentes écrites par les Saints Ultan et Aileran.

Tout enfant, Brigitte montrait déjà un amour particulier pour les pauvres. Une fois sa maman l'envoya lui pour ramener du beurre, l'enfant le distribua entièrement. Devenue adulte, sa générosité était proverbiale : on a constaté que si elle donnait de l'eau à boire à un étranger assoiffé, le liquide se transformait en lait ; et un fût de bière envoyé à une communauté chrétienne, s'avéra en satisfaire dix-sept de plus.

Plusieurs des histoires la concernant ont trait à la multiplication de la nourriture. Comme par exemple qu'elle changea son eau de bain en bière pour étancher la soif d'un ecclésiastique arrivé à l'improviste. Même ses vaches donnaient trois fois du lait le même jour pour en fournir pour quelques Evêques visitants.

Brigitte voyait les besoins du corps et ceux de l'esprit comme entrelacés. Dévouée à améliorer aussi bien la vie spirituelle que matérielle de ceux autour d'elle, Brigitte fit de son monastère une remarquable maison de formation, comprenant aussi une école d'art. Les manuscrits enluminés qui en sortirent furent loués, en particulier le Livre de Kildare, qui fut loué comme un des plus beaux de tous les manuscrits enluminés irlandais avait sa disparition il y a trois siècles.

Une fois, elle s'endormit durant un sermon de Saint Patrick, mais étant de bonne humeur, il lui pardonna. Elle avait rêvé, et elle le lui rapporta, de la terre labourée largement et au loin, et de semeurs en blanc qui semaient la bonne semence. Puis arrivèrent d'autres, habillés de noir, qui arrachèrent la bonne semence et semèrent de l'ivraie à la place. Patrick lui dit que cela aurait lieu; des faux enseignants viendraient en Irlande et déracineraient tout leur bon travail. Cela attrista Brigitte, mais elle redoubla ses efforts, enseignant au peuple à prier et à louer Dieu, et leur expliquant que la lumière sur l'autel était le symbole de la lumière de l'Evangile dans le coeur de l'Irlande, et ne devrait jamais s'éteindre.

On appelle Brigitte la " Marie des Gaëls " à cause de son esprit de charité, et les miracles qu'on lui attribue ont en général eu lieu en réponse à un appel à sa piété ou son sens de la justice. Durant un important Synode pour l'Eglise d'Irlande, un des Saints Pères, l'Evêque Ibor, annonça qu'il avait rêvé que la Mère de Dieu apparaîtrait au milieu des Chrétiens assemblés. Quand Brigitte arriva, le père cria, "Voilà la Vierge Sainte que j'ai vue dans mon rêve." D'où l'origine de son surnom. Ses prières et ses miracles auraient eu une puissante influence sur la croissance de l'antique Eglise d'Irlande, et son nom est bien aimé en Irlande de nos jours encore.

A sa naissance au Ciel, à l'âge de soixante-quatorze ans, Sainte Brigitte fut assistée de Saint Ninnidh, qui fut par la suite connu sous le nom de "Ninnidh à la Main Propre" , parce que par la suite il eut sa main droite enfermée dans un gant de métal pour éviter que ne soit souillée celle par laquelle il avait administré le viatique à la protectrice de l'Irlande.

Elle fut enterrée à droite du maître-autel de la cathédrale de Kildare, et une tombe fort coûteuse fut dressée au-dessus d'elle. Dans les années qui suivirent, son tombeau fut l'objet de la vénération des pèlerins, en particulier le jour de sa fête, le 1er février, comme le rapporta Cogitosus. Vers 878, à cause des invasions des Scandinaves, les Reliques de Sainte Brigitte furent emportées vers Downpatrick, où elles furent placées dans la tombe avec celles des Saints Patrick et Columba.

Une tunique lui ayant appartenu, donnée par Gunhilda, soeur du roi Harold II, se trouve à Saint-Donatien à Brugge (Bruges), Belgique. Une Relique de sa chausse, faite d'argent et de cuivre décorée de bijoux, se trouve au Musée National à Dublin. En 1283, trois chevaliers papistes prirent le chef de Brigitte pour partir en pèlerinage en Terre Sainte. Ils moururent à Lumier, près de Lisbonne, Portugal, où l'église possède à présent une châsse spéciale avec son chef dans une chapelle dédiée.

On retrouve en Angleterre dix-neuf anciennes dédicaces d'église à son nom. La plus importante est celle de la plus ancienne église de Londres - Saint-Bride, dans Fleet Strret - et Bridewell ou Saint-Bride's Well. En Ecosse, East et West Killbride portent son nom. Saint Brigid's Church à Douglas rappelle qu'elle est la protectrice de la grande famille des Douglas. Plusieurs nom de lieux au Pays de Galles portent le nom de Llansantaffraid, ce qui signifie "Eglise Sainte Brigitte." L'Evêque irlandais Saint Donato de Fiesole (Italie) bâtit une église Sainte-Brigitte à Piacenza, où la Paix de Constance fut ratifiée en 1185.

La coutume la plus connue qui soit reliée à Sainte Brigitte est le tressage de croix en roseau le jour de sa fête. La tradition rapporte à l'histoire qu'elle était occupée à tresser des croix en roseau tout en soignant un chef païen qui était occupé à mourir. Il lui demanda la raison de son activité, et son explication l'amena à se faire baptiser.

La bénédiction traditionnelle irlandaise l'invoque : "Brid agus Muire dhuit, que Brigitte et Marie soient avec toi" est la salutation irlandaise classique, et au Pays de Galles les gens disent, "Sanffried suynade ni undeith, que Sainte Brigitte nous bénisse durant notre voyage." Une bénédiction pour le bétail dans les îles écossaises dit ceci : "Que la protection de Dieu et de Columba couvre vos allées et venues, et qu'avec vous soit la laitière aux douces mains blanches, Brigitte des alentours, aux cheveux bruns or"

Dans l'iconographie, on la représente en général avec une vache couchée à ses pieds, ou tenant une crosse et chassant le démon. Son emblème est une lampe ou bougie allumée (à ne pas confondre avec Sainte Geneviève, qui n'était pas Abbesse). Parfois on la trouve représentée avec une flamme au-dessus d'elle; avec des oies ou une vache près d'elle; près d'une étable; laissant la cire d'un cierge tomber sur son bras; ou restaurant la main d'un homme.

Brigitte est la Sainte protectrice de l'Irlande, des poètes, des laitières, des forgerons, des guérisseurs, du bétail, des fugitifs, des moniales Irlandaises, des sages-femmes, et des enfants nouveaux-nés. Elle est encore actuellement fort vénérée en Alsace, dans les Flandres, et au Portugal de même qu'en Irlande et à Chester, Angleterre.

Tropaire de Sainte Brigitte de Kildare Ton 1
Ô Sainte Brigitte, tu devins sublime par ton humilité,/
et tu volas sur les ailes de ton désir pour Dieu./
Quand tu arrivas à la Cité Eternelle et parut devant ton Divin Epoux,/
portant la couronne de la virginité,/
tu tins ta promesse/
de te souvenir de ceux qui auraient recours à toi./
Tu fais descendre des pluies de grâce sur le monde, et multiplie les miracles./
Intercède auprès du Christ notre Dieu, afin qu'Il sauve nos âmes.

Kondakion de Sainte Brigitte de Kildare Ton 4
Remplie de divine sagesse, la Sainte Vierge Brigitte/
vécut dans la joie son enfance évangélique,/
et avec la grâce de Dieu/
atteint de la sorte le sommet de la vertu./
C'est pourquoi elle répand à présent les bénédictions sur ceux qui viennent à elle avec foi./
Ô Sainte Vierge Brigitte, intercède auprès du Christ notre Dieu/
afin qu'Il fasse Miséricorde à nos âmes.

LITURGIE
Collecte pour la Fête de Sainte Brigitte d'Irlande
Ô Créateur et Gouverneur des Cieux et des régions terrestres, Dieu tout-puissant, dans Ton amour paternel, aide Tes enfant qui Te prient : et accorde que nous qui célébrons solennellement la Fête ce jour en l'honneur de Sainte Brigitte, par ses prières d'intercession, nous puissions hériter de la gloire qui n'a pas de fin. Par notre Seigneur Jésus-Christ, Ton Fils, Qui vit et règne avec Toi dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles sans fin. Amin.
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