ORTHODOXIE LIBRE

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 Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?

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Matthias



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MessageSujet: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Mar 27 Mar - 21:46

Bonsoir, avant tout propos je précise que je n'ai pas une grande expérience de l'orthodoxie. Désolé par avance pour les éventuelles bourdes.

Donc voila, sur plusieurs sites internet orthodoxes et publications on voit utilisé le terme "modernisme" ou qualifier telle ou telle personne ou position de moderniste.
Comment chacun de vous défini ce fameux modernisme ? En gros le modernisme selon vous c'est quoi ? Qu'est ce qui le défini, quelles sont ses grandes lignes ? Comment le modernisme se manifeste le plus souvent ?

J'ai lu aussi qu'il ne fallait pas faire la confusion entre défendre un formalisme et défendre la Tradition. Que pouvez vous me dire à ce sujet ?
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Pierre



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Jeu 29 Mar - 9:40

Bonjour Matthias,
Pour répondre simplement le modernisme est ce qui s'oppose à la Tradition. Mais dans le sens orthodoxe le mot Tradition ne désigne pas ce qui vient du passé mais ce qui est fondé en vérité, c'est à dire dans la Sainte Trinité. La Tradition n'est ni moderne, ni ancienne, elle est éternelle. Alors bien entendu la Tradition existe dans le temps et les orthodoxes font grand cas de l'expérience des théophores des siècles passés, mais cette expérience est toujours actuelle, actualisable et offerte à tous.
Le modernisme consiste à modifier pour des raisons de mode, de circonstance, d'adaptation à une situation provisoire les contours de la Tradition en s'attaquant aux multiples traditions ( avec un t minuscule) qui en forment le péristyle ou l'entrée.
Exemple : peut-on raser la barbe des prêtres et qu'est ce que cela va changer à la dogmatique ? Evidemment rien, mais le fait que le prêtre orthodoxe soit barbu manifeste son respect de l'homme dans son intégrité tel qu'il a été créé dans son apparence par le Seigneur, manifeste sa condition de prêtre aux yeux des hommes, manifeste qu'il s'inscrit dans la lignée des serviteurs de l'autel etc... et donc un prêtre glabre, si cela peut exister en raison d'une économie particulière, ne porte pas pleinement ( dans son apparence extérieure ) son identité ecclésiale...
Donc les orthodoxes respectent les traditions pour s'immerger dans la Tradition et en même temps ne sont pas des formalistes parce que c'est le sens qui les guide et donc ce ne sont ni des conservateurs, ni des intégristes mais des amoureux de la Vérité.
Amitiés. Pierre.
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Matthias



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Jeu 29 Mar - 14:12

Merci de votre réponse. J'observe que le maintien du calendrier julien fait parti des points importants pour les traditionalistes. En quoi ce changement est il une modification dans le sens et non pas juste dans la forme ? Etes vous aussi contre l'adaptation dans notre pratique spirituelle à l'heure d'hiver/heure d'été .
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Pierre



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Jeu 29 Mar - 16:53

Cher ami,
un point sémantique d'abord.
Nous ne sommes pas des traditionalistes, ni des intégristes, mots qui ont un sens dans le catholicisme romain qui possède une théologie évolutive ( des dogmes nouveaux sont proclamés) . Qui plus est les traditionalistes catholiques ou intégristes ont souvent des revendications politiques, morales et sociales qui n'ont à rien à voir avec la problématique orthodoxe. Enfin...du point de vue de l'image être assimilé à un intégriste ou un traditionaliste est évidement désastreux et malveillant.
Nous sommes tout simplement des orthodoxes. Notre calendrier et notre théologie sont la même que celle du Saint Patriarche Tikhon, de Saint Jean de san Francisco, des startsis d'Optino, des martyrs grecs de la turcocratie, de saint Nicodème l'Hagiorite etc... etc.. Personne ne traite ces confesseurs d'intégristes ou de traditionalistes.
Un nouveau calendrier a été introduit dans l'orthodoxie et nous le jugeons simplement inutile et néfaste. Il a ruiné l'unité pastorale de l'orthodoxie pour rien. Il n'a produit aucun saint, ni aucun martyr, ni aucun confesseur. Nous espérons simplement que l'ensemble du monde se réclamant de l'orthodoxie s'en rende compte et revienne à une unité pastorale sanctifiée par environ deux millénaire de pratique commune et unitaire. Je sais que les historiens vous dirons qu 'il y avait plusieurs pascalies autrefois etc... etc... Mais enfin, je ne vois pas comment on peut traiter de schismatique ou pire un orthodoxe qui ne veut pas du nouveau calendrier alors que c'est celui de ses pères et des pères de ses pères !
Après il y a l'oecuménisme. C'est très simple : Mgr Emmanuel et l'AEOF viennent d'appeler les orthodoxes de France à trouver un jour commun avec les catholiques et les protestants pour prier le Christ ressuscité.
Allez visiter le site Orthodoxologie de Mr Lopez-Ginisty et vous y lirez l'intervention d'un professeur de théologie grecque ( de l'église néo-celandariste d’État) qui explique clairement que les catholiques et les protestants sont des hérétiques, qu'il n'y a chez eux ni mystères, ni sacerdoce etc...
Après vous pouvez tranquillement rester chez vous et vous arracher les cheveux pour savoir qui pratique le double langage, et qui est orthodoxe et qui ne l'est pas. Le jour ou les évêques de l'AEOF diront publiquement ce le professeur de théologie ( que j'approuve ) explique : il n'y aura plus de résistants orthodoxes comme nous parce que les évêques au lieu d'être de misérables politiciens ecclésiastiques seront redevenus ce qu'ils doivent être les confesseurs et les gardiens de la foi orthodoxe. En attendant, au nom de l'orthodoxie nous avons le droit à la résistance pacifique et tenace comme l'ont fait en leur temps des grands saints tels Saint Maxime le Confesseur. Bien à vous. Pierre.
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Pierre



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Jeu 29 Mar - 17:08


Voilà un copier/coller du texte de référence. J'attends donc que l'AEOF le publie sur son site pour clarifier les relations avec nos amis catholiques....


Dr Demetrios Tselengidis, Professeur à l'Université Aristote de Thessalonique: Les hétérodoxes sont-ils membres de l'Eglise?



Tout d'abord, il est nécessaire de préciser qu'en tant que chrétiens orthodoxes, nous croyons, en accord avec le Symbole de la Foi (le Credo) de Nicée-Constantinople (381 après J.C.), "en l'Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique". Selon la conscience dogmatique ininterrompue de l'Eglise orthodoxe à travers les âges, c'est-à-dire, selon sa conscience de soi, cette Eglise UNE est l'Eglise orthodoxe.

La confession du symbole que l'Eglise est "Une" signifie que c'est l'attribut de base de sa propre identité. En termes pratiques, cela signifie que l'Église n'est pas en mesure de se diviser -pour être partagée- parce que c'est le Corps mystique du Christ. Le Christ comme Tête du Corps de l'Eglise n'est ni en mesure d'avoir de nombreux corps, ni de posséder un corps divisé.
Dans le Corps du Christ, la mort elle-même est vaincue. En tant que tel, celui qui est placé au sein de ce corps demeure aussi vivant en lui par le mystère divinement accompli: la garde avec amour des commandements. Il passe de la mort biologique à la vie éternelle et impérissable du Dieu triadique. Tout comme les sarments de la vigne ne sont pas capables de vivre et de porter leurs fruits s'ils sont coupés de la vigne, de même aussi le croyant, ou même des communautés entières de croyants, quelle que soit leur nombre, qui sont coupées de l'Église, ne sont pas en mesure d'exister en Christ, ni de faire venir [à l'existence] une autre Église.

La foi de l'Eglise est inspirée par Dieu et non-négociable. En accord avec Sa foi claire, de nombreuses Eglises divisées ne sont pas en mesure d'exister puisque "une" et "beaucoup" ou "une" et "divisée", est une contradiction dans les termes. "Divisée" réfute, dans la pratique, la foi en la réalité de l'Eglise, qui reposant sur Sa propre conscience orthodoxe de soi est uniquement capable d'être comprise comme "une et indivisible".
Quand quelqu'un parle consciemment d'une Eglise divisée, cela constitue un déni de la Foi de l'Eglise, un déni de Sa propre identité et de Sa conscience de soi. En tant que tels, les chrétiens orthodoxes n'ont pas de complexe psychologique d'auto-identité en raison de la rupture des chrétiens d'Occident à partir du Corps de l'Eglise. Certes, pourtant, les orthodoxes pleurent, prient, et sont intéressés à leur repentance et à leur retour [vers l'Eglise Orthodoxe]



La Foi Apostolique

L'incorporation et le fait de demeurer dans le Corps mystique du Christ, l'Eglise, ne sont pas inconditionnels. Cela présuppose, en tout cas, l'acceptation - avec des conditions - et la confession de la foi apostolique, tout comme elle est définie et mise en place par les décisions des Conciles œcuméniques de l'Église.

Ainsi, quand un croyant (quelle que soit la position institutionnelle qu'il occupe dans le corps de l'Eglise), ou un groupe de croyants (quel que soit leur nombre) violent le principe de la foi constante de l'Église, ils sont coupés de Son Corps. Ils sont défroqués, quelle que soit la classe sacerdotale qu'ils possèdent, tandis que les laïcs sont excommuniés, comme cela ressort des décisions des Conciles œcuméniques. Cela signifie qu'ils ne sont pas en mesure à l'avenir de participer et de communier aux Mystères (sacrements) de l'Église.

Les catholiques romains ont officiellement quitté l'Eglise au 11ème siècle. En 1014, ils ont introduit dans le Symbole de la Foi leur enseignement dogmatique erroné sur l'Esprit Saint: le Filioque bien connu. Selon cette doctrine de l'Esprit Saint comme Personne divine a sa procession à la fois du Père et du Fils. L'enseignement dogmatique des catholiques romains, cependant, renverse la foi apostolique de l'Eglise dans le Dieu triadique, puisque, selon l'évangéliste Jean l'Esprit de vérité "procède du Père" (Jean 15:26). Par ailleurs, le Troisième Concile œcuménique par son président saint Cyrille d'Alexandrie, sur le Symbole de Foi détermine que "οὐδενί ἐπιτρέπεται λέξιν ἀμεῖψαι τῶν ἐγκειμένων ἐκεῖσε ἤ μίαν γοῦν παραβῆναι συλλαβήν" ("Il n'est pas permis à quiconque d'ajouter ou de soustraire, même une syllabe "de celles qui ont été énoncées dans le Symbole de la Foi). Tous les Conciles œcuméniques ultérieurs ont accepté les décisions de ce Troisième Concile œcuménique.

Il est donc évident, que les catholiques romains - et par extension les protestants qui ont adopté le Filioque - ont quitté de la foi apostolique de l'Eglise. C'est à cause de cela, sans mentionner toutes les innovations ultérieures dans la foi de la part de la chrétienté occidentale (comme l'infaillibilité du pape, les dogmes mariaux, la primauté du Pape, la grâce créée, etc...) que ceux-ci l'ont quittée.



La succession apostolique

Avec la foi apostolique est également inséparablement jointe la succession apostolique. La succession apostolique seule possède la véritable substance dans le corps de l'Eglise, et elle présuppose d'ailleurs la foi apostolique.

Quand nous parlons de la succession apostolique, nous entendons la succession ininterrompue de la direction de l'Eglise depuis les Apôtres. Cette suite a un caractère charismatique [1] et est garantie par la transmission de l'autorité spirituelle des apôtres aux évêques de l'Eglise, et à travers eux aux prêtres.

Le mode de transmission de l'autorité spirituelle et apostolique aux évêques se fait par la consécration (xeirotonia). Si, ensuite, un évêque a reçu sa consécration de manière canonique et ecclésiastique et ensuite se trouve hors de l'Eglise à cause de sa croyance erronée, en substance il cesse de posséder la succession apostolique puisque cette succession n'a de sens que dans le Corps mystique du Christ, l'Église.

Par conséquent, si un évêque ou toute Eglise locale - peu importe le nombre de ses membres - se détache de la Foi de l'Église, ils cessent d'avoir la succession apostolique, comme elle a été exprimée infailliblement dans les Conciles œcuméniques, parce qu'ils se trouvent déjà en dehors des l'Église. Et puisque la succession apostolique est, par essence [2] brisée, il n'est pas possible de parler de la possession ou de la poursuite de cette succession pour ceux qui se sont retranchés de l'Eglise.

Sur la base de ce qui précède, le Pape lui-même - comme aussi l'ensemble des évêques catholiques romains - est dépourvu de la succession apostolique, puisque, étant dépourvus de la foi apostolique, ils se sont retranchés de l'Eglise. Parler de la succession apostolique en dehors de l'Église, par conséquent, est une discussion sans fondement scientifique, c'est-à-dire, une discussion qui ne repose pas sur la théologie.






De la prêtrise et des autres mystères

Le sacerdoce dans le contexte de l'Eglise est le sacerdoce du Christ, puisque le Christ accomplit les mystères de l'Eglise à travers Ses évêques et Ses prêtres.

La prêtrise présuppose une succession ininterrompue depuis les Apôtres. C'est-à-dire qu'elle suppose qu'existe la succession apostolique. Elle suppose principalement le Christ Dieu-Homme, comme officiant dans son Corps mystique, l'Eglise. En dernière analyse, le sacerdoce du Christ existe dans l'Eglise et est fourni par le Christ Lui-même par l'Eglise et pour l'Eglise. Un sacerdoce autonome et des mystères (sacrements) autonomes de l'Eglise ne sont pas en mesure d'exister.

Le sacerdoce - tout comme également d'ailleurs, tous les mystères - est une manifestation liturgique de l'Eglise (l'Eglise "est marquée par les mystères", selon saint Nicolas Cabasilas). Cela signifie que, pour que les Mystères existent, l'Eglise doit exister d'abord. Les Mystères sont comme les branches d'un arbre; des branches vivantes qui fleurissent et portent du fruit, ne sont capables d'exister que lorsque celles-ci sont des extensions organiques de l'arbre, c'est-à-dire, quand elles sont ontologiquement connectées avec le tronc de l'arbre.

Il est théologiquement incompréhensible de maintenir que les catholiques romains et les protestants hétérodoxes ont même un mystère, par exemple, le baptême. La question fondamentale qui doit être posée ici est: Qui officie au mystère du Baptême? Où l'officiant trouve-t-il son sacerdoce? Qui lui a donné la prêtrise, car cela n'existe que dans l'Eglise? Et où les hétérodoxes trouvent-ils l'Eglise, puisque, à cause de leurs dogmes erronés de la foi, ils se sont détachés d'Elle?

















"Eglises soeurs"

Pour commencer, le terme d'églises sœurs [en tant que terme] peut être considéré comme indifférent ou tout à fait inacceptable. Il est théologiquement indifférent quand il est utilisé pour décrire la relation entre les Églises orthodoxes locales. Mais le terme est théologiquement inacceptable quand il est utilisé pour définir le caractère ontologique de l'Église orthodoxe et du Catholicisme romain.

Tout d'abord, le terme d'églises sœurs n'est pas bibliquement fondé, ni même justifié. Quand l'apôtre Paul mentionne les différentes Eglises locales, il ne les appelle pas "sœurs", il ne veut pas non plus dire dire qu'il existe une certaine Eglise comme "mère" de ces Eglises locales. Il possède une prise de conscience que l'Eglise est "Une" et qu'elle a un caractère universel avec la notion de la plénitude de sa vérité et de sa vie, à la tête de laquelle - comme nous l'avons dit -, il y a le Christ Lui-même. Alors, quand [saint- Paul] s'adresse à une Église locale, il a l'expression caractéristique: "Pour l'Eglise qui est à... (par exemple Corinthe)". Cela signifie que la manifestation de l'Eglise tout entière est en mesure de se produire dans chaque endroit où la communauté eucharistique des fidèles existe sous [la guidance de] son évêque. Il est certainement évident que l'unité de ces Eglises locales est maintenue par la communion entre elles dans cette foi, cette vie, et cet ordre ecclésiastique. Le synode de leurs évêques garantit dans la pratique, l'unité des Eglises locales.

De ce qui précède, il devient clair que, puisque même des Eglises locales aux vues similaires, dans les limites de l'Orthodoxie ne justifient pas théologiquement, qu'on les appelle "sœurs", d'autant plus n'y a-t-il aucune raison théologique et ecclésiologique pour appeler l'Église orthodoxe et le Catholicisme romain églises sœurs. En outre, le Catholicisme romain ne peut pas à proprement parler être appelé l'Eglise après l'année 1014 après J.-C., car à partir de là, les proscriptions disciplinaires [Epitimies, pénitences] des Conciles œcuméniques étaient spirituellement en vigueur pour les catholiques à la suite de leur chute du Corps Théanthropique [de l'Église ].

Ici, il est nécessaire de noter que la levée des interdictions disciplinaires ci-dessus n'est pas en mesure de prendre place simplement par [l'intervention de] tout personnage officiel de l'Église - aussi haut soit-il dans la hiérarchie ecclésiastique; celles-ci ne peuvent être levées que par un Concile œcuménique. Mais même cela ne peut arriver que dans le cas où, à l'avance, les enseignements dogmatiques qui ont entraîné la chute du catholicisme romain de l'Église sont rejetés [en premier lieu].

Et il est donc clair que, officiellement, depuis l'année 1014 J.-C., le Catholicisme romain n'est pas l'Église. Cela signifie en pratique qu'il ne dispose pas de la foi apostolique correcte ou de la succession apostolique. Il ne possède pas la grâce incréée, et par extension il ne dispose pas des Mystères divins qui font du Corps théanthropique de l'Eglise, la "communion de theosis [divinisation]" de l'humanité. Et ainsi, puisque l'Eglise n'est pas en mesure d'être et de rester "Une" et "Indivisible" jusques à la fin des temps, chaque communauté chrétienne en dehors de l'Eglise orthodoxe est simplement hérétique.
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Matthias



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Jeu 29 Mar - 20:54

Ok, merci de la réponse.
Le terme traditionaliste, je l'ai employé faute d'autres mots disponibles dans mon champ lexical. Il ne faut y voir aucun amalgame ni aucune malveillance. Cela dit, votre précision était clairement nécessaire.

Sur le calendrier si j'ai bien compris votre propos vous (et d'autres chrétiens de référence) lui reprochez d'avoir participé en quelque sorte a perdre du lien avec les générations qui nous on précédé dans l'Eglise sans nous apporter en contre partie quoi que ce soit d'utile ( voir même que des choses néfastes). Ai je bien compris votre position ?

A propos du texte du prof. de théologie merci, je vais le lire avec attention et vous dire ce qu'il m'inspire.
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Pierre



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Ven 30 Mar - 12:18

Le résultat du nouveau calendrier a été de contraindre une partie du peuple grec à entrer en dissidence vis à vis de l'Eglise d'Etat, ceci a entraîné des persécutions dont les néo calendaristes portent toujours la responsabilité directe ou indirecte. Résultat dans l'orthodoxie dite officielle coexistent deux calendriers liturgiques ( un comble !!! ) et dans la dissidence sont nés une série de Synodes concurrents et rivaux, qui certes ont conservé la calendrier traditionnel mais n'ont pas été capables d'offrir un front uni pour que la Résistance gagne.
L'Eglise depuis ses origines à organisé sa pratique pour qu'elle soit utile au salut : les chants, les gestes, les matières utilisées etc... tout ceci a été pensé et mis en place par les pères théophores pour permettre à l'homme de faire pénitence et d'être ensuite sanctifié selon la volonté du Saint Esprit. Le calendrier habituel a permis cela pendant des siècles, il a été le cadre de la prière de millions d'orthodoxes... Quelle est l’utilité salvifique du nouveau calendrier ? Elle est nulle. Soit l'église retranche de son corps ce qui est mauvais ou dangereux ( hérésies, schismes) soit elle l'incorpore et le sanctifie. Adopter un nouveau calendrier signifierait que l'ancien n'aurait pas bien rempli son rôle ? C'est absurde. Et quand on sait que ce nouveau calendrier a été imposé dans des conditions douteuses, par un individu douteux (Mélétios Metaxakis) et qu'il n'a produit que des douleurs, alors la réponse est lumineuse : ce nouveau calendrier est clairement une attaque contre l'unité et la foi de l'Eglise.
Pour l'anecdote, une de mes relations m'a dit ( mais je ne puis certifier que ce soit vrai ) que certains prêtres de l’archevêché Russe ( Daru ) célébraient selon les deux calendriers à la fois avec la bénédiction de l'évêque ! Voilà le niveau de crétinerie où l'on arrive avec ce genre de politique. Imaginez : le prêtre jeune jusqu'au 25 décembre, il fête la Nativité et après quoi il reprend le jeune jusqu'au 6 janvier, il re-fête la Nativité...
Je pense que je serai catholique ou protestant ou athée, j'en crèverai de rire si ce n'était pas d'un tristesse affligeante.
Amitiés. Pierre.
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Matthias



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Ven 6 Avr - 1:01

Merci de m'avoir éclairci au sujet du calendrier.

Suite a la lecture du texte du Dr Tselengidis plusieurs questions me taraudent.
Dans mon coeur je sais que l'Eglise Orthodoxe est vraiment l'Eglise de Christ. Ayant connu les milieux protestants et catholiques j'y ai pourtant vu Dieu y agir. J'y ai vu des personnes qui ressemblaient à Jesus. Elles semblaient greffées au Christ. De votre point de vu comment expliquez vous cela ?
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Pierre



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MessageSujet: Re: Une question bête. Qu'est ce que le modernisme ?   Ven 6 Avr - 10:35

Cher ami,
L'Eglise n'est pas propriétaire du Christ. Elle le confesse dans sa vérité. Elle donne les conditions de possibilité optimales pour le salut car ses membres font partie du Corps du Christ et reçoivent la grâce autant qu'ils peuvent la supporter dans les saints mystères.
Mais Dieu agit où il veut et comme il veut. Donc il peut attirer à Lui les hommes de toutes confessions et toutes origines et leur prodiguer les dons de son choix... seulement si les hommes veulent intégralement trouver le Christ ils doivent un jour où l'autre se poser la question de savoir où est l'Eglise et ne pas rester sur son parvis.... voilà pourquoi depuis des siècles des hommes sont venus librement au Christ dans l'Eglise par le baptême et la chrismation.
Enfin, il faut se méfier parce qu'il y a un cornu très habile qui est capable de fabriquer de puissantes illusions spirituelles et peut faire croire que le Christ se trouve ici ou là ! En confessant la plénitude de la Foi orthodoxe, en confessant nos péchés, en participant aux saints mystères tels qu'ils sont confirmés par les Saints et la Tradition nous sommes certains d'éviter ce genre de piège...enfin, pour les questions concrètes nos bons moines, pères spirituels, sages prêtres, évêques confesseurs de la Foi sont là pour guider les âmes avec sûreté loin des courants furieux qui agitent certaines communautés qui se réclament du Christ et n'en font qu'à leur tête. Le premier devoir du chrétien est l'obéissance aux commandements éternels et salutaires de l'Eglise. Amitiés et bonne fin de carême. Pierre.
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