ORTHODOXIE LIBRE

Ce forum se veut un lieu de discussion sur l'orthodoxie spirituellement libre, à savoir celle qui demeure fidèle à la Tradition et aux dogmes.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Saint Alcuin d'York; 19 mai - 1 juin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Philippe Crévieaux



Nombre de messages : 404
Age : 52
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 08/06/2006

MessageSujet: Saint Alcuin d'York; 19 mai - 1 juin   Lun 1 Juin - 11:21

SAINT ALCUIN *(ALIAS FLACCUS ALBINUS) D'YORK, ABBE
Né à York, Angleterre, vers 735; endormi à Saint-Martin à Tours, France, le 19 mai 804. Alcuin étudia sous Saint Edbert à l'école cathédrale d'York, y fut ordonné Diacre, et en 767, en devint le directeur. Sous sa direction, elle devint un centre d'érudition fort connu.
* Alcuin : ce nom germanique signifie "rem augens", selon Bertius; vainqueur, selon Godescard; tout gain (all gwin), selon J. Froben. -- Comme les étrangers pouvaient difficilement prononcer le "W" de son nom, Alcwin y substitua un "B" et se fit appeler "Albin" (Albinus, Albuinus, Alboinus). Quand il vint à la cour de Charlemagne, il prit le surnom latin de "Flaccus", en l'honneur d'Horace, selon l'usage littéraire qui régnait de son temps. Il signait "Flacus Albinus". En Angleterre, il avait pris quelque temps le nom de "Publius".

Alcuin fit le voyage de Rome pour obtenir l’omophore pour son Evêque, et à Parme, il rencontra Charlemagne, qui fit aussitôt appel à ses services pour les besoins de l'enseignement. Il fut invité par Charlemagne pour fonder une école à sa cour, à Aachen, en Germanie, en 781, école dont Charlemagne lui-même deviendra l'élève. Alcuin devint aussi le conseiller de Charlemagne.

Alcuin fut nommé par Charlemagne Abbé de l'Abbaye Saint-Martin de Tours en 796. A Tours, il restaura l'observance monastique, avec l'aide de Saint Benoît d'Aniane. Par la suite, il sera aussi Abbé des Monastères de Ferrières, Troyes et Cormery. Il n'est pas certain qu'Alcuin a jamais été ordonné au-delà du diaconat, bien que certains érudits pensent qu'il serait devenu Prêtre dans ses dernières années.

Sous sa direction, l'école d'Aix-la-Chapelle devint un des plus grands centres d'érudition en Europe. Il fut la force motrice et l'esprit de la "renaissance carolingienne", et fit de la court franque le centre de la culture européenne occidentale et de l'érudition. Il combattit l'illettrisme à travers le royaume, instaura un système d'éducation élémentaire, et établit un système d'éducation supérieure basé sur l'étude de sept arts libéraux, le trivium et quadrivium, qui sera la base du curriculum de l'Europe médiévale occidentale.

Il encouragea l'utilisation des anciens textes, et fut un théologien et exégète remarquable. Utilisant ses talents, il combattit l'hérésie de l'adoptianisme, qui fut condamnée au Synode de Francfort de 794, et il exerça une influence sur la Liturgie romaine qui durera plusieurs siècles. Il écrivit des commentaires bibliques et des poèmes, et fut l'auteur de centaines de lettres, dont beaucoup existent encore, et d'un texte de rhétorique largement utilisé, le Compendia.

Il s’endormit dans le Seigneur à Saint-Martin à Tours, où il avait développé une de ses plus célèbres écoles. Bien que son culte n'aie jamais été formellement confirmé, nombre de martyrologes reprennent son nom.

ou

Alcuin naquit vers l'an 735, en Northumbrie, dans la ville archiépiscopale d'York. Sa famille, dont on ignore le nom, était de noble race et parente de Saint Willibrord. "Saint Willibrord, dit M. Ampère dans son 'Histoire de la littérature sous Charlermagne', descendait d'Hengist, le premier des chefs saxons qui conquirent la Grande-Bretagne, et Hengist prétendait descendre d'Odin. Le pacifique Alcuin ne se doutait pas de cette illustration mythologique. Satisfait d'être le parent d'un Saint Martyr, il ne connaissait pas le dieu guerrier, père de la race à laquelle il appartenait."

Alcuin reçut ses premières leçons d'un élève de Saint Bède, Egberct, frère du roi de Northumhrie et Archevêque d'York. Les études littéraires propagées en Angleterre par les Romains par les soins de Saint Augustin de Canterbury, là-bas envoyé par l'Evêque de Rome, Saint Grégoire le Grand, interrompues ensuite par les incursions des Saxons et des Danois, avaient refleuri depuis. Egberct, sacré Archevêque d'York en 734, était passionné pour les sciences : malgré son origine royale, il ne dédaignait point d'enseigner les éléments de la grammaire et des arts libéraux aux jeunes gens qui étaient élevés dans son monastère épiscopal. Il chérissait Alcuin, non seulement à cause de ses rapides progrès dans l'étude du grec, du latin, de l'hébreu et de toutes les sciences qu'on enseignait alors, mais surtout à cause de sa franchise et de sa confiante simplicité.

Egberct s'était associé Alcuin dans son enseignement, quand il reposa en 766, en léguant à son disciple chéri le soin de la bibliothèque dont il avait enrichi l'église d'York. Alcuin, dans un de ses poèmes, nous apprend que cette collection, outre les principaux écrits des Pères et des écrivains ecclésiastiques, contenait les oeuvres d'Aristote, de Pline, de Cicéron, de Virgile, de Lucain, de Stace, notamment.

Elbert, qui monta sur le siége d'York en 767, suivit l'exemple de son prédécesseur, en chargeant Alcuin de la direction de l'enseignement public. Un jour que le jeune professeur interprétait le passage de l'Evangile où il est raconté que Saint Jean reposa sa tête sur la poitrine du Sauveur, il tomba soudain en extase devant tout l'auditoire, et crut apercevoir l'univers entier baigné du sang divin qui jaillit au Golgotha. L'Evêque Elbert fit respecter le sommeil d'Alcuin; mais, plus tard, il le pressa de lui révéler la vision dont il avait été favorisé, tout en lui recommandant le silence pour les autres. Alcuin reçut le diaconat en 768, et administra dès lors un petit monastère du Yorskire, bâti par le bienheureux Wilgis, père de Saint Willibrord.

L'Archevêque Elbert s’endomit en 780, après avoir prédit au savant professeur ses glorieuses destinées et les triomphes qu'il remporterait sur l'hérésie. Son successeur, Eambald, le chargea d'aller à Rome pour lui obtenir l’omophore. C'est en revenant de cette mission, l'an 781, qu'il rencontra Charlemagne à Parme. Le puissant monarque, qui appréciait grandement les dons de l'intelligence et qui cherchait à s'entourer de savants d'élite, fit promettre à Alcuin de revenir auprès de lui, quand il aurait accompli son mandat. Celui-ci, muni d'une autorisation temporaire du roi de Northumbrie et de l'Archevêque d'York, vint se fixer à la cour de Charlemagne avec quelques-uns de ses disciples anglo-saxons, au commencement de l'année 782.* Il resta pendant huit années le précepteur littéraire de Charlemagne.
* et non pas en 780, comme le prétendent Dom Ceillier (Hist. des auteurs sacrés, t. 18, p. 278) et Dom Rivet (Hist. litt. de la France, t.4, p.275)

L'école du palais, qui existait déjà au siècle précédent*, mais qui était à peu près dissoute, fut reconstituée par Alcuin. On y enseignait la lecture, l'écriture, le chant, la grammaire, l'arithmétique, la rhétorique, la dialectique et l'astronomie. On s'est demandé si cette école était fixe ou ambulante : il est probable que la bibliothèque qui était annexée restait à Aix-la-Chapelle, le séjour le plus ordinaire de Charlemagne; mais que les professeurs transportaient leur cours dans les résidences successives du monarque, à Thionville, à Worms, à Ratishonne, à Mayence, à Francfort, à Paris, etc. Personne ne seconda plus Charlemagne qu'Alcuin, pour réveiller le goût de l'étude, et il a mérité par là le titre qu'en lui donna de restaurateur des lettres dans les Gaules.**
* Dom Pitra (Histoire de saint Léger, ch. 2 & 3), et Ozanam (Civilisation chez les Francs, p. 463), ont parfaitement prouvé l'existence de l'école du palais sous les rois mérovingiens.
** Du Boulay, dans son "Histoire de l'université de Paris", t.1, p.91, s'est efforcé de montrer que cette institution devait son origine à Alcuin : cette opinion est à peu près abandonnée aujourd'hui; elle ne s'appuie sur aucune preuve valide. Tout ce qu'on peut dire en sa faveur, c'est que l'école du palais, qui séjournait parfois à Paris, a pu inspirer aux habitants de cette ville une salutaire émulation, et les engager dans la suite à fonder une école publique qui fut le germe de l'université. Sur cette question, voyez Mabille, Saec. 4 bened., part. 1, § 8; Launoy, de Scholis, t. 4, op. part. 1, ch. 1 & 2; Joly, de Scholis, part. 1, ch. 22; Hist. litt. de la France, 4, 10.


Ce fut sur l'avis d'Alcuin que Charlemagne fonda dans son palais une académie, qu'il ne faut point confondre avec l'école publique, et dont les membres se réunissaient à certains jours fixes pour causer de matières d'érudition. Ils prenaient tous un pseudonyme littéraire. Charlemagne s'appelait "David"; Alcuin, "Flaccus", du nom d'Horace; Angilbert, "Homère"; Adélard, "Augustin"; Théodulphe, "Pindare".
* M. Ampère (Hist. de la littérature franç. sous Charlemagne) ne nie pas seulement la connexion qui pourrait exister entre l'université de Paris et l'école du palais de Charlemagne; il n'admet même point l'existence d'une école proprement dite, distincte de l'académie dont nous allons parler.

Charlemagne aurait voulu faire éclore les gloires littéraires du même commandement dont il décrétait les victoires. Ecoutons à ce sujet le Moine de Saint-Gall : "Le grand roi s'affligeait de ne pas voir ceux qui l'entouraient atteindre à la sublimité de génie des anciens Pères de l'Eglise. Dans son chagrin, formant des voeux- au-dessus d'un simple mortel, il s'écriait : "Que n'ai-je onze clercs aussi instruits et aussi profondément versés dans les sciences que Jérôme et Augustin !" Le docte Alcuin, se regardant avec raison comme très ignorant en comparaison de ces Pères, fut soudain saisi d'indignation, ne put s'empêcher de la laisser éclater, et, osant plus qu'aucun mortel n'aurait osé en présence du terrible empereur, s'écria : "Le Créateur du ciel et de la terre n'a pas fait d'autres hommes semblables à ces deux-là, et vous, vous voudriez en avoir une douzaine!"

Au reste, l'illustre anglo-saxon ne partageait point les ardentes illusions du roi qui aurait voulu transformer en quelques années toute la civilisation de son temps. "Il ne dépend point de vous ni de moi", écrivait-il à Charles, "de faire de la France une Athènes chrétienne" (epist. 10). Il ne s'en efforça pas moins de stimuler partout le goût de l'étude et la propagation des livres.

Alcuin, qui avait prolongé son séjour en France, pendant huit ans, désirait revoir sa patrie. Charlemagne se vit bien obligé d'y consentir, mais à la condition que son protégé tâcherait d'obtenir du roi de Northumbrie un congé définitif. Il chargea Alcuin de nombreux présents pour les Eglises de la Grande-Bretagne.

Notre Bienheureux ne se pressa point de quitter ses compatriotes, et, quoiqu'il fût sans cesse importuné par les sollicitations de Charlemagne, trois ans s'écoulèrent avant qu'il se décidât à quitter sa patrie. Il avait employé ce temps à revoir ses amis, à poursuivre ses recherches philosophiques et à gouverner le Monastère de la Très-Sainte-Marie-Mère-de-Dieu et de Saint-Wilgis, situé près de l'Océan, à l'embouchure de l'Humber. C'était, comme nous l'avons dit, un héritage de famille. Peut-être fut-ce alors qu'il prit part à la construction de la cathédrale d'York, dont il a donné la description dans un de ses poèmes. Alcuin se sépara avec douleur de ses frères d'York. Quelques-unes des lettres qu'il leur écrivit, aussitôt après son débarquement en France, montrent combien il restait attaché à sa patrie. (Epist. 5, épist. 171)

C'est en 793 qu'Alcuin revint en France. Pour l'y fixer à tout jamais, Charlemagne lui donna l'administration et les revenus des Abbayes de Saint-Loup de Troyes, de Ferrières, dans le diocèse de Sens, et de Saint-Josse-sur-Mer, au diocèse d'Amiens. Charlemagne s'était imposé la loi de ne jamais donner plusieurs bénéfices à un même titulaire. L'exception qu'il fit alors prouve combien il désirait retenir en France le savant anglo-saxon. Alcuin voulait refuser ces bénéfices, en faisant remarquer qu'il tenait si peu aux biens de ce monde qu'il avait renoncé à son propre patrimoine. Le roi vainquit ces scrupules en lui répondant qu'il gérerait ces biens
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Philippe Crévieaux



Nombre de messages : 404
Age : 52
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 08/06/2006

MessageSujet: Re: Saint Alcuin d'York; 19 mai - 1 juin   Lun 1 Juin - 11:23

au profit des pauvres et se constituerait aussi l'aumônier du trésor royal.*
* C'est là sans doute ce qui a fait dire à plusieurs écrivains, à Feller entre autres, qu'Alcuin fut l'aumônier de Charlemagne. -- Parmi ses fondations charitables, il faut citer l'hospice de Douze-Ponts, érigé près de Troyes, sur les bords de la Seine. C'est là que plus tard les Moines de Cormery allèrent chercher un refuge contre les fureurs des Normands.

Le principal motif dont s'était servi Charlemagne pour rappeler Alcuin, ce fut la nécessité de combattre les hérésies de deux évêques espagnols, Elipand et Félix, qui renouvelaient, sous une forme mitigée, les erreurs de Nestorius. Elipand, évêque de Tolède, admettait que Jésus-Christ est le fils de Dieu, mais seulement par adoption et non point par nature; il entraîna dans son opinion Félix, évêque d'Urgel, qui avait tous les dehors de la sainteté; cette doctrine fit bientôt de menaçants ravages dans plusieurs provinces d'Espagne. Au Concile d'Aix-la-Chapelle tenu en 799, Alcuin remplit un rôle important. Chargé par le roi de soutenir la discussion contre l'Evêque d'Urgel, il déploya pendant six jours toutes les ressources de son éloquence. Félix, déposé de son siège, finit par se rétracter de la manière la plus formelle.

Alcuin, heureux de ce premier triomphe, essaya de ramener aussi Elipand. La lettre qu'il lui adressa dans ce but n'obtint qu'une réponse injurieuse : c'est alors qu'il composa un ouvrage en qutre livres, où il rectifie les falsifications qu'Elipand avait fait subir aux textes des Saints Pères, pour faire croire qu'ils étaient favorables à sa doctrine. Elipand avait reproché à Alcuin l'abondance de ses richesses et les vingt mille serfs qui dépendaient de ses abbayes. Celui-ci repoussa ainsi cette accusation, en écrivant à l'Archevêque de Lyon: " Ehipand ignore-t-il donc que la possession des richesses ne devient vicieuse que par l'attachement du coeur? Autre chose est de posséder le monde, autre chose d'être possédé par le monde. Il y en a qui gardent leurs richesses, quoiqu'ils en soient parfaitement détachés de coeur; d'autres, au contraire, qui en sont privés, les aiment et les désirent."

En 796, Charlemagne voulut de nouveau récompenser Alcuin de ses services, en le nommant Abbé de Saint-Martin de Tours et prieur de Cormery en Touraine. L'Abbaye de Saint-Martin était une véritable communauté princière qui possédait des fermes et des hameaux non seulement en Touraine, mais en Normandie, en Bretagne, en Provence, en Bourgogne et en Austrasie. Le territoire qui en relevait était aussi grand qu'un de nos départements actuels et comprenait au moins soixante mille habitants.*
* Fr. Monnier, "Alcuin et Charlemagne", p. 336.

Cette même année, nous voyons l'illustre Abbé s'intéresser vivement à la conversion des Huns, qu'entreprenait son ami Arnon. Il l'engagea fortement à ne pas exiger la dîme des nouveaux convertis, et écrivit même deux lettres à ce sujet à Charlemagne (épist. 7 & 11). Sa douce tolérance se révèle également dans ses opinions sur la conversion des Saxons, où il ne nous paraît point partager les idées politiques et religieuses de Charlemagne : "On peut être attiré par la Foi", dit-il dans une de ses lettres, "mais non y être forcé. Etre contraint au Baptême ne profite pas à la Foi."

Alcuin, sentant s'appesantir le fardeau des ans et dès infirmités, voulant d'ailleurs consacrer à la retraite le reste de sa vie, demanda à Charlemagne l'autorisation d'aller embrasser la vie monastique à Fulda, dont son compatriote Saint Boniface était Abbé, et pria le roi de partager entre ses disciples les bénéfices qu'il devait à sa munificence. Le monarque ne voulut exaucer que le second de ces voeux ; et, transigeant sur la première demande, il lui permit de se retirer dans son Monastère de Saint-Martin de Tours. Alcuin y établit vers 796 une célèbre école dont il occupait tour à tour presque toutes les chaires.
* Alcuin eut pour successeurs : Signife à Ferrières, Fridugise à Saint-Martin de Tours, et Warembaud à Saint-Josse-sur-Mer.

L'école de Tours fut la dernière que fonda Alcuin. C'est à tort que divers historiens ont prétendu qu'il avait professé publiquement à Rome, à Fulda, à Saint-Gall, à Cambridge, à Soissons, à Saint-Riquier : des disciples d'Alcuin ont pu propager son enseignement dans ces diverses localités *; mais lui-même ne professa jamais qu'à York, à Tours, et dans les divers palais où résidait successivement Charlemagne.
* Ce furent aussi des élèves d'Alcuin qui fondèrent ou illustrèrent les écoles de Ferrières en Gâtinais, de Saint-Wandrille en Normandie, de Reichenau, dans le diocèse de Konstanz, etc.

Alcuin se retirait souvent au Monastère du Désert, c'est-à-dire- à Saint-Paul de Cormery, prieuré qui dépendait de l'Abbaye de Tours, et qu'il avait peuplé avec 22 Moines de la réforme de Saint Benoit d'Aniane. Pendant le séjour que Charlemagne fit en 800 à Tours, il prenait plaisir à converser avec Alcuin. Un jour, il lui demanda quel était celui de ses enfants qu'il pensait devoir lui succéder; Alcuin lui désigna Louis, roi d'Aquitaine, et, peu de temps après, il exprima encore la même prévision, alors que Louis lui avait baisé la main avant de recevoir l'ablution de la communion qu'il lui présentait: "Tout homme qui s'humilie", dit-il, "sera exalté : aussi ce jeune prince sera-t-il le maître de toute la France, après la mort du roi son père." Alcuin édifiait toute la communauté par ses vertus. Excepté les jours de fête, il prolongeait ses jeûnes jusque dans la soirée. Le dimanche, il remplissait humblement l'office de Diacre auprès de celui de ses disciples qui célébrait les Saints Mystères. Il se montrait
toujours charitable envers les pauvres et plein de dévouement pour ceux dont il dirigeait les progrès spirituels. Jamais il ne restait oisif : la lecture, la composition de ses écrits, la transcription des Livres saints dont il corrigeait les textes altérés, absorbaient tout son temps.

M. Guizot a fort bien mis en lumière l'importance des travaux d'Alcuin pour la correction des manuscrits de la littérature ancienne* : "Les historiens", dit-il, "ne parlent qu'en passant et sans y attacher aucune importance d'un fait qui a joué, dans la renaissance de l'activité intellectuelle à cette époque, un rôle considérable; je veux dire la révision et la correction des manuscrits sacrés ou profanes. Du sixième au huitième siècle, ils étaient tombés aux mains de possesseurs ou de copistes si ignorants que les textes étaient devenus méconnaissables. Une foule de passages avaient été confondus et mutilés; les feuillets étaient dans le plus grand désordre; toute exactitude d'orthographe et de grammaire avait disparu; il fallait déjà, pour lire et comprendre, une véritable science, et elle manquait davantage, de jour en jour. La réparation de ce mal, la restitution des manuscrits, surtout de la grammaire et de l'orthographe, fut un des travaux d'Alcuin, travail dont il s'occupa toute sa vie, qu'il recommanda constamment à ses élèves, et dans lequel Charlemagne lui prêta le secours de son autorité." Nous ajouterons qu'il est fort probable qu'Alcuin ne fut pas sans influence sur la modification qui s'accomplit alors dans la forme des lettres, et sur le retour à l'usage de l'ancienne écriture romaine minuscule **.
* Hist. de la civilisation en France, lec. 22.
** Mabillon, de Re diplomat.


Les plus savants critiques ont reconnu qu'on lui avait faussement attribué les "Livres Carolins" qui sont remplis d'injures envers le Pape de Rome, Adrien. Rien ne restait caché à Alcuin qui, dans diverses circonstances, parut doué du don de prophétie. Lorsque des envoyés de Charlemagne ou des amis devaient venir le voir à Tours, l'Abbé annonçait d'avance l'époque précise de leur arrivée et le but de leur visite, sans qu'il eût reçu aucune communication à cet égard. C'est ce qui arriva un jour pour Benoît d'Aniane. Cet illustre Abbé, qui venait visiter Alcuin sans avoir prévenu personne, fut fort surpris de voir une députation s'avancer sur la route au-devant de lui. Arrivé au Monastère de Tours, il demanda à l'Abbé si quelqu'un l'avait averti de son approche, de vive voix ou par message; celui-ci répondit que non et ne voulut point s'expliquer davantage à ce sujet. Saint Benoît d'Aniane, dans une de ses fréquentes visites, demanda un jour à son ami de quelle manière il avait coutume de prier : "Voici, lui répondit Alcuin, la prière que j'adresse à Dieu "Seigneur, faits-moi la grâce de connaître mes péchés, d'en faire une sincère confession et une digne pénitence, et accorde-m-en la rémission". Alcuin dit en outre que lorsqu'il s'inclinait devant la Croix, il prononçait ces paroles : "Seigneur, nous adorons Ta Croix, nous honorons Ta glorieuse passion. Ô Toi qui souffrit mort pour nous, aies pitié de nous."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Saint Alcuin d'York; 19 mai - 1 juin
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 10 juin : Fête du Saint-Sacrement
» 6 juin : Solennité du Saint-Sacrement ou Fête-Dieu
» Du 3 au 11 juin 2011 Neuvaine au Saint-Esprit
» FETE DE SAINT ANTOINE DE PADOUE LE 13 JUIN
» Saint Pierre et Saint Paul fete 29 juin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ORTHODOXIE LIBRE :: L'orthodoxie de toujours :: Les Saints-
Sauter vers: